
Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine
Une génie tactique, une surfeuse en vogue (Sarah Baum sur notre photo), une pilote historique, une dame attachée au ballon rond ou encore notre ambassadrice qui parle cross, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Enjoy !
Publié le 09 juillet 2024 à 12h35
Qui que vous soyez, au cours de ces dernières années vous avez sûrement déjà entendu ce mot : CrossFit. Que ce soit à la télé, sur les réseaux sociaux, cette discipline a fait l’effet d’un raz-de-marée dans le paysage sportif. Mais, concrètement, qu’est-ce que c’est et d’où ça vient ? « Comme toutes les success stories à l’américaine, ça a commencé dans un garage », lance le docteur Ilan Klebaner, chirurgien orthopédiste et propriétaire d’une box de CrossFit à Caen, lors de sa conférence au 25e Congrès de Médecine du Sport des Hauts-de-France en 2021.
Tout part de Greg Glassman, un Américain qui, dans les années 80, cherchait de nouvelles méthodes pour améliorer sa condition physique. En 2002, il dépose la marque CrossFit qui va de fil en aiguille grandir en popularité. La pratique, comme l’explique le Dr Klebaner, consiste en « des mouvements fonctionnels qui vont être réalisés à haute intensité, et qui seront toujours variés, il n’y a pas de journée type, c’est toujours différent ».
Ajoutez à cela le fait que ce soit une discipline qui se pratique beaucoup en groupe et on obtient l’engouement qu’on lui connait.
©Carole Castellani
C’est, par exemple, cette méthode que vont utiliser, en 2006, les acteurs du péplum américain « 300 » avec Gérard Butler, histoire de se muscler rapidement et de paraître plus affûté que jamais à l’écran. Ceci nous mène à aujourd’hui où le CrossFit est répandu dans plus de cent-vingt pays, un vrai phénomène qui touche de plus en plus de monde… et même les enfants.
Oula, on vous sent déjà inquiet ! On vous comprend, la discipline possède son lot d’idées reçues et de controverses. Ainsi, l’accessibilité y semble restreinte, le CrossFit serait une discipline réservée à l’élite avec une intensité, un rythme beaucoup trop élevé pour les débutants.
En parlant d’intensité, cette dernière serait à la fois dangereuse pour le cœur, mais pourrait également être synonyme de blessures systématiques. Le tout saupoudré du fait que c’est un sport communautaire, que l’on peut pratiquer en toute autonomie, se faire ses propres programmes, sans l’appui d’un coach. Voilà donc le portrait que certains détracteurs aiment dresser du CrossFit.
©Sophie Blier
Seulement, ce serait oublier une des caractéristiques majeures de cette pratique comme le rappelle le Dr Klebaner : « Le CrossFit, c’est l’adaptabilité ». Finalement, en adaptant les mouvements, l’intensité et les charges, « le taux à heures pratiquées de traumatologie est équivalent à celui d’un autre sport de force », précisant que ces traumatologies touchent surtout ceux qui pratiquent le CrossFit à l’excès, qui ne jurent que par la performance.
Quand on approfondit un peu le sujet, on s’aperçoit qu’il existe des cours pour les seniors ou pour les personnes en situation de handicap, alors pourquoi pas les enfants ? « Pourquoi pas, en effet, car il faut tout simplement adapter les exercices, les mouvements, les charges, en axant sur le développement musculaire et osseux des enfant », nous explique Sophie Blier, institutrice, ancienne nageuse de haut-niveau et pionnière du CrossFit Kids en France, première Française dont l’école Hériot Centre Fonctionnel dans la Manche est devenue affiliée CrossFit en 2018 et qui a conçu la première programmation uniquement pensée et dédiée aux Kids.
Sophie Blier
Et de balayer d’un revers de main cette idée reçue qui veut que les enfants ne portent aucune charge : « C’est complètement faux. Les dernières recherches, notamment celles de l’université de Limerick en Irlande, disent que si on ne fait travailler les enfants qu’au poids de corps, ils auront alors un gros déficit dans leur développement et dans leur ostéogénèse, ce processus par lequel s’élabore le tissu osseux. Travailler avec des charges adaptées et d’impact type saut, burpees, etc. est un moyen de les aider à supporter un cartable qui fait la moitié de leur poids de corps ! Le judo est un sport hyper répandu en France qui consiste à porter son adversaire, ça ne choque personne, en revanche porter des haltères de 2kg à bout de bras, ça choque tout le monde, surtout quand c’est du CrossFit. »
Bien plus que simplement acceptable, le CrossFit pour les enfants est même bénéfique, déjà pour ce qui est le développement musculaire, physique et le renforcement osseux, mais aussi de l’aspect social et mental : « On leur transmet des valeurs qui sont l’entraide, le partage, le non-jugement, l’esprit de cohésion », confirme Sophie Blier.
Et de soulever le fait que, en France, le sport est souvent vu comme une matière accessoire à l’école : « Les dernières recherches en neurosciences prouvent que les jeunes qui sont sportifs en parallèle de leurs études réussissent mieux que ceux qui ne le sont pas. On sait aussi qu’ils seront plus efficaces pour faire leurs devoirs 30min après une séance de sport que s’ils ne se dépensent pas. En Allemagne, ils ont des salles dédiées pour ça. »
©Sophie Blier
Maintenant, les filles ! Ici, on adore mettre des uppercuts aux stéréotypes et aux malentendus. Voilà pourquoi, on est heureux de vous apprendre que, non seulement les jeunes filles occupent la place dans les box de CrossFit, mais qu’« en général, elles sont même plus nombreuses que les garçons », comme le précise Sophie Blier. Vous la sentez cette douce odeur de cliché qui part en fumée ?
Et c’est pas fini ! À la question : « Y a-t-il des différences entre les jeunes filles et les jeunes garçons dans la pratique ? », la coach française répond dare-dare : « Non, tout pareil ! À cet âge-là, il n’y en a aucune. J’ai organisé des compétitions pour des enfants de 7 à 14 ans et je n’ai pas vu de différences sur le podium jusqu’à la catégorie 13 ans. Ils étaient même paritaires. ». Chapeau les Girls !
La coach de CrossFit Jessica Vetter a elle aussi développé des programmes pour les kids
Mais ça ressemble à quoi, concrètement, une séance de CrossFit Kids ? La parole est au Coach Blier : « En fait, c’est comme une séance pour adulte. Ça dure entre 45min et 1h, en fonction de leurs nombres parce qu’il faut bien vérifier les mouvements de chaque enfant. On commence avec l’accueil, on discute, on s’intéresse à eux. Ensuite, je fais le briefing de la séance même si, entre chaque partie, on refait un brief au tableau, ça leur permet de s’hydrater. »
Première étape : l’échauffement type mobilité « Là, on est davantage sur des étirements. » Vient ensuite un échauffement plus cardiovasculaire, histoire de monter en température avant une partie qu’on appelle Skills et « dans laquelle on apprend un nouveau mouvement. Ici on est à intensité moyenne, le but c’est vraiment de bien faire le mouvement. »
Puis, c’est l’heure du WOD (workout of the day/entrainement du jour) : « C’est comme du vrai CrossFit, un mélange de cardio, d’haltérophilie, de gymnastique. Je ne mets jamais des entrainements de plus de 10min de suite, à cet âge-là ils ne peuvent pas faire un WOD de 20 minutes à haute intensité, ce n’est pas possible. Et pour finir on fait un grand jeu collectif, sans élimination, un jeu de cohésion avant de faire un débrief et de se dire à la prochaine ! »
Moralité : plus aucune excuse pour ne pas aller se défouler à la box du coin ! Les cours de CrossFit Kids sont souvent disponibles pour des enfants de 3 à 17 ans. Alors, taratata, y’a vraiment pas d’âge pour être ÀBLOCK!
D'autres épisodes de "Muscu, haltéro, CrossFit, ça envoie du lourd !"
Marie-Josèphe Fegue : « J’espère être la première Française à décrocher une médaille olympique en haltérophilie. »
Philippe Geiss : «En haltérophilie, entre les Jeux de Tokyo et ceux de Paris, la progression est folle chez les femmes ! »
Souhad Ghazouani, la para-haltérophile qui met la barre haut
Céline : « Grâce au CrossFit, j’ai appris à accepter mon corps. »
Voir tous les épisodesToutes nos enquêtes
Vous aimerez aussi…

Une génie tactique, une surfeuse en vogue (Sarah Baum sur notre photo), une pilote historique, une dame attachée au ballon rond ou encore notre ambassadrice qui parle cross, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Enjoy !

En 1917, la France compte de nombreux sportifs, mais elle compte aussi un paquet de sportives qui n’attendent que l’occasion de se mesurer les unes aux autres et de faire parler leur talent. Le moment arrive le 15 juillet avec l’organisation des premiers championnats de France d’athlétisme féminins porte de Brancion. Et qui dit première édition, dit premiers records. Découvrons ces pionnières !

Elle est la femme la plus forte de France. Les 12 travaux d’Hercule, c’est un peu la vie sportive d’Angeline Berva, 30 ans, strongwoman et fière de l’être. Son truc, c’est de soulever des poids mais pas seulement, les voitures aussi. Rencontre avec une force (tranquille) de la nature.

Les footeuses tricolores à la poursuite du Graal, le récap’ des mondiaux de para-athlétisme, deux podcasts ÀBLOCK!, un événement glaçant, le lancement de la Grande Boucle féminine (avec notre Juliette Labous nationale sur notre photo) ou une jeune triathlète inspirante, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Enjoy !

C’est l’heure de monter à cheval ! Alors que les Championnats du Monde de Saut d’Obstacles, dressage, para-dressage et voltige s’ouvrent à Herning, au Danemark, ÀBLOCK! vous invite à démonter les vieux clichés autour de l’équitation et des femmes via les cavalières qui ont marqué l’Histoire. Et au trot !

« Big shot Becky » est dans la place ! À 45 ans, Becky Hammon, après être devenue la première femme à coacher une équipe en NBA, marque un peu plus l’histoire du basket nord-américain en enchaînant les victoires en WNBA, la ligue féminine, et en étant élue entraîneure de l’année. Récit d’une fille qui sait prendre la balle au bond.

Médaillée de bronze en individuel à la carabine à air comprimé à 10 mètres aux Jeux Européens de 2023 et en équipe mixte aux Mondiaux 2023, Océanne Muller est une coriace. À 21 ans, elle est bien partie pour s’offrir l’or aux JO de Paris.

Un mix de course, natation et paysages, une flèche sur glace (Maame Biney sur notre photo), une artiste tatouée, une monumentale capitaine et une question qui tue, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK! Bon rattrapage !

Elle a su rider son snowboard jusqu’aux JO de Pékin. À tout juste 23 ans et après une foule de podiums en championnats de France, Coupes du monde et Jeux Olympiques de la jeunesse, la haute-savoyarde d’origine, Manon Petit-Lenoir, est une fonceuse qui glisse à l’adrénaline et a su se relever d’une (très) mauvaise chute pour reprendre le flambeau du sport de (très) haut niveau. Conversation avec une fille qui planche tous les jours pour gagner.

Elle a réalisé son rêve. Première joueuse transgenre à disputer un match du championnat de Première Division Féminine d’Argentine, Mara Gómez, 23 ans, prépare désormais le terrain pour les autres, celles et ceux qui veulent dégommer les barrières. Une belle histoire d’émancipation par le sport.

Elle a tout gagné. Ou presque. Multi-récompensée en club et en équipe de France de handball, Siraba Dembélé-Pavlović a brillé sur tous les fronts. À 36 ans, l’ancienne capitaine des Bleues qui vient tout juste de remporter le Championnat de Roumanie avec son équipe CSM Bucarest, s’apprête à tourner la page du haut niveau. Mais elle n’en a pas fini avec le sport.

L’été 1904 aura vu le lancement des Jeux Olympiques de Saint-Louis aux États-Unis, marqué par la confusion de quatre mois et demi de compétitions sportives mêlées à une Exposition Universelle. Plus vite, plus haut, plus fort… mais surtout plus chaotique.
Abonnez-vous à la newsletter