Alice Lévêque : « Le handball féminin ne va certainement pas occuper le devant de la scène »

Alice Lévêque
L’ex-joueuse pro de la Ligue Féminine de Handball qui a dû annoncer sa retraite en plein confinement se dit pessimiste quant à l’avenir du sport féminin. Interview express.

Par Claire Bonnot

Publié le 26 juin 2020 à 19h34, mis à jour le 13 janvier 2025 à 17h53

Vous avez annoncé votre retraite sportive en pleine crise sanitaire avec donc l’impossibilité de quitter la partie sur un match, comment l’avez-vous vécu ? Vous parlez d’un « goût d’inachevé »…

Ça a été très frustrant parce que je n’avais pas mis le pied sur le terrain de toute la saison en raison d’une opération de la cheville en novembre. Je n’avais donc joué aucun match.

Mon objectif était de revenir pour la phase de play off qui allait se dérouler sur avril/mai. Quand le confinement a été annoncé, j’étais à Capbreton en rééducation de ma cheville. J’étais hyper motivée, et j’étais en pleine phase de ré-athlétisation. J’aurais dû reprendre les entraînements avec mon équipe. Ça n’a donc pas été un moment très facile à vivre, je n’avais pas forcément imaginé une fin comme ça…

Que s’est-il passé exactement quand vous avez réalisé que vous ne joueriez plus ?

Avec le confinement d’annoncé, je sentais que ça allait être compliqué. Je gardais tout de même l’espoir de pouvoir jouer sur les derniers matchs du mois de mai et donc je continuais à m’entraîner chez moi. Et puis, au fur et à mesure de l’annonce des arrêts des compétitions dans les différents sports, et quand ça a été vraiment officiel : ça a été un coup dur…

Êtes-vous inquiète pour l’avenir du sport féminin suite à la crise ?

Si on réfléchit un peu, on se dit bien que ce n’est pas le sport féminin qui va être privilégié. Ça sera d’abord le sport masculin, le foot et le reste suivra ou pas. Le handball féminin ne va certainement pas occuper le devant de la scène. Si des clubs en difficulté disparaissent suite à cette crise, ce sera catastrophique pour la discipline. Ça fait cinq, six ans, qu’il y a une mobilisation très forte autour du handball féminin. J’ai peur que ça fasse un coup d’arrêt et que cette émulation ait du mal à être relancée !

Lire aussi : L’interview de Valentine Lothoz, joueuse de l’équipe de France féminine de rugby à sept qui parie sur 2021 pour relancer le sport au féminin.

Vous aimerez aussi…

Clare Connor

Avec Clare Connor, le cricket féminin tient sa trajectoire

Figure féminine dirigeante rare dans le milieu du cricket, l’ancienne joueuse pro Clare Connor deviendra en 2021 la première femme présidente de l’histoire du Marylebone Cricket Club (MCC). Historique pour ce gardien des lois du cricket âgé de plus de 200 ans ! Portrait d’une cricket-girl qui n’hésite pas à lancer des balles fortes en faveur d’un milieu sportif plus inclusif.

Lire plus »
De la Régionale à la Division 1... Quand une petite équipe de foot devient grande Laurie Teinturier

De la Régionale à la Division 1 ou quand une petite équipe de foot devient grande…

En septembre, celles que l’on appelle les « Chouettes » vont s’envoler vers les sommets. Le petit club d’Issy-les-Moulineaux, GPSO 92 Issy, sera à l’affiche d’une rencontre de Division 1 Arkema de football féminin face à Le Havre AC. Une première depuis 2014 où après avoir concouru avec les meilleures équipes de France, le club avait été relégué jusqu’en division régionale. Récit d’une ascension compliquée, mais victorieuse, pour rejoindre l’élite.

Lire plus »
Morgane Riou : « Dans mes choix de vie, il y a toujours la question de savoir comment je vais pouvoir continuer à m'entraîner. »

Morgane Riou : « Dans mes choix de vie, il y a toujours la question de savoir comment je vais pouvoir continuer à m’entraîner. »

Le sport, pour elle, c’est vital. À 39 ans, la Nantaise Morgane Riou, responsable de la cellule finances de l’Agence du Numérique de Défense, a toujours réussi à concilier vie pro et pratique sportive de haut niveau. Après avoir brillé en triathlon, cross triathlon et cross duathlon, elle s’ouvre à de nouvelles perspectives en participant au semi du Ventoux, le 6 juillet. Rencontre avec une tête… aux jambes bien faites !

Lire plus »
diane mary hardy

Diane Marie-Hardy, l’athlétisme chevillé au cœur

Une tête bien faite dans un corps d’athlète. Diane Marie-Hardy, heptathlète de 24 ans, bientôt en possession d’un diplôme d’ingénieur, gravit, en parallèle, les marches du podium de l’athlétisme français et européen.

Une passion et une implication chevillées au corps (et au cœur) qu’elle a appris à gérer en se façonnant un mental d’acier. Rencontre inspirante.

Lire plus »
Valérie Domain

Pourquoi ÀBLOCK!Studio existe ?

Il y a 7 ans, j’ai changé de vie. C’est le sport qui m’a remise debout. Aujourd’hui, je veux passer le message : bouger son corps, c’est bouger sa vie. De cette conviction est né ÀBLOCK ! le média qui fait bouger les lignes. Le sport comme vecteur d’égalité. Le sport comme outil pour être soi. Puis est venue L’agence ÀBLOCK!Studio qui a pour but d’amplifier l’impact des acteurs du sport féminin grâce à mon expertise journalistique et stratégique.

Lire plus »
Alexia Cerenys : « Origine, sexualité, identité… en rugby on s’en fout ! »

Alexia Cerenys : « Origine, sexualité, identité… en rugby, on s’en fout ! »

Elle est née dans un corps d’homme et s’est longtemps servie du rugby comme d’un exutoire. Alexia Cerenys, 35 ans, est la première joueuse transgenre à évoluer dans l’élite féminine. La troisième ligne de Lons, dans les Pyrénées-Atlantiques, est une femme engagée qui veut désormais montrer à tous et toutes que sport et transexualité peuvent naturellement fonctionner de pair. Rencontre avec une militante qui a brillamment transformé l’essai.

Lire plus »
La question qui tue Si je fais trop de muscu, je vais ressembler à un mec, non ?

Si je fais trop de muscu, je vais ressembler à un mec, non ?

On a toutes cette copine (ou bien on est cette copine) qui a peur de la musculation. « J’ai pas envie d’avoir des gros bras ». Si t’es du genre à checker tes biceps après chaque séance pour vérifier qu’ils n’ont pas trop gonflé, cet article est fait pour toi. On t’explique pourquoi, muscu ÀBLOCK! ou pas, t’es pas prête d’avoir le physique de Schwarzy…

Lire plus »
Marie-Amélie Le Fur, une vie (sportive) à cent à l’heure

Marie Amélie Le Fur, une vie (sportive) à cent à l’heure

La présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) était très attendue pour ces Jeux Paralympiques de Tokyo, ses derniers. La reine française du saut en longueur et ambassadrice du handisport n’a pas démérité et a remporté sa neuvième médaille paralympique, venant couronner une carrière buffante.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner