Ekounou, quartier de Nkoldongo, à Yaoundé. Michaely Bihina a 4, 5 ou 6 ans – la mémoire est floue – et déjà elle joue au football avec les garçons, faute d’équipe de filles à sa portée. « Je savais que je voulais être joueuse de foot », confiera-t-elle plus tard sur CRTVweb. Ses parents, eux, voient d’abord les choses autrement : l’école avant tout. Jusqu’à ce que des recruteurs viennent les convaincre de la laisser tenter sa chance. Et les voilà qui acceptent qu’elle troque les bancs scolaires contre les terrains de foot.
Commence alors un parcours de formation en trois étapes : Social FC du Mbam, puis le Canon de Yaoundé, puis l’Éclair FC de Sa’a où elle croise, lors de ses passages au club, André Onana, venu coacher les gardiennes sur la relance et la lecture du jeu.
Car gardienne, elle ne l’était pas au départ : jugée trop grande pour jouer devant, elle est repositionnée dans les buts par un entraîneur. Six mois plus tard, première sélection nationale. Le vrai bouleversement arrive avec le départ pour le Portugal. « C’était la première fois que je quittais ma famille », raconte-t-elle. Le climat, la langue, l’éloignement : l’adaptation est rude, adoucie par la présence de deux coéquipières, une Camerounaise et une Cap-Verdienne. Elle-même avoue ne pas avoir cru, longtemps, à une place en équipe nationale A. « Avec le travail, la volonté et l’encadrement, j’y suis arrivée. »
Cet été, à Casablanca puis à Rabat, cette même volonté a écarté le Nigeria et le Maroc de la route camerounaise vers la finale. « Nous sommes des guerrières, nous sommes un collectif », résume-t-elle, avant de fixer l’objectif suivant : la première étoile pour le Cameroun. Elle jouait avec les garçons du quartier. Aujourd’hui, c’est tout un pays qui joue derrière elle.
Rendez-vous dimanche 16 août, à 21h (heure française), pour la finale face au Malawi, à suivre sur beIN Sports.