On n’avait jamais vraiment vu ça. Le samedi 12 septembre, à la même heure ou presque, deux Bleues s’affrontaient sur deux fronts. D’un côté, le rugby, avec le XV de France féminin recevait la Nouvelle-Zélande sur France 2 dans le cadre du tout nouveau WXV Global Series. De l’autre, le basket avec des joueuses françaises qui disputaient leur demi-finale de Coupe du monde face à l’Allemagne sur TMC. Résultat : 836 000 téléspectateurs pour le rugby, 424 000 pour le basket. Plus d’1,2 million de personnes devant du sport féminin, un samedi après-midi, en même temps.
Ce détail dit tout. Il y a quelques années, la question était de savoir si le sport féminin pouvait exister à la télévision. Aujourd’hui, il faut choisir lequel regarder.
Et ce n’était qu’un début. Au fil des semaines suivantes, les Bleues du rugby ont continué à progresser : 1,21 million de téléspectateurs face à l’Australie le 19 septembre, 1,18 million face au Canada le 26 septembre. Plus de 3,2 millions de téléspectateurs cumulés sur trois matchs, selon puremedias.com. Pendant ce temps, la finale de Coupe du monde de basket féminin atteignait un pic à 1,84 million de téléspectateurs sur TMC.
La recette n’a rien de magique. Pour la première fois cette saison, France Télévisions diffuse les 11 matchs internationaux des Bleues du rugby, un volume équivalent à celui du XV masculin. Même chaîne, même créneau, chaque semaine, en clair. De la régularité, de la visibilité, des résultats. C’est tout.
Ce que cet automne démontre, c’est que le problème n’a jamais été le public. Le public est là dès qu’on lui propose du beau spectacle sportif, et c’est souvent le cas quand il s’agit de sport féminin. Ce qui manquait, c’était la conviction que ça valait la peine d’essayer. Manifestement, ça valait.