Alors que la participation féminine explose en trail et en ultra-trail, la science, elle, reste à la traîne : on sait encore très peu de choses sur les besoins physiologiques et médicaux spécifiques des femmes dans ces disciplines extrêmes. C’est ce constat qui a poussé Ultra Sports Science, avec bloomUp et le soutien du groupe UTMB, à lancer The Ultra Sports Health Lab, un programme dédié à la santé des femmes en ultra-endurance, qui a franchi une nouvelle étape lors de l’édition 2026 de l’UTMB Mont-Blanc.
Le programme couvrira la santé menstruelle et l’aménorrhée, le déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S), la santé osseuse et hormonale, la grossesse et le post-partum, la ménopause, l’hydratation, les troubles digestifs et la santé mentale — via un suivi médical de terrain, des questionnaires cliniques et des études en laboratoire.
Le colloque qui a précédé son lancement a livré des constats marquants. Une étude menée en 2025 auprès de 601 coureurs et coureuses a montré que les femmes étaient deux fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression sévère, avec également davantage de troubles anxieux, de troubles du sommeil et de dépendance à l’exercice. Autre étude citée, réalisée sur la Western States 100 : le déficit énergétique touchait près d’une participante sur deux — un chiffre qui, selon les chercheurs, souligne surtout un manque de sensibilisation aux risques, notamment pour la santé osseuse des plus jeunes athlètes.
Le périnée, sollicité à chaque foulée par une force équivalente à deux à trois fois le poids du corps, a également fait l’objet d’une présentation dédiée : près d’une athlète sur deux rapportait des fuites urinaires liées à l’effort — un taux proche de celui observé dans la population générale, mais aggravé chez les femmes de plus de 40 ans ayant eu des enfants et s’entraînant plus de dix heures par semaine.
Au-delà des données scientifiques, le programme ambitionne aussi de transformer ces connaissances en outils concrets pour les athlètes : sessions de sensibilisation, accompagnement individualisé, développement de dispositifs médicaux mieux adaptés aux femmes. Un premier pas, avant d’étendre le programme à d’autres compétitions internationales : permettre à toujours plus de femmes de pratiquer l’ultra-endurance en sécurité, à chaque étape de leur vie.