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Fanny Gibert « Jeux olympiques ou autres, ce qui me fait vibrer en escalade, c’est la compet' »

Fanny Gibert : « Jeux olympiques ou autres, ce qui me fait vibrer en escalade, c’est la compet' »
Elle pourrait être, avec Oriane Bertone, la seconde grimpeuse retenue pour disputer les Jeux Olympiques de Paris. En lice pour Tokyo il y a trois ans, Fanny Gibert n’avait finalement pas été de la virée japonaise. La désillusion passée, la Montpelliéraine s’est remise en selle et entend bien saisir cette deuxième chance. Rencontre avec une fille… à bloc !

Par Sophie Danger

Publié le 21 février 2024 à 17h58

Tu es née à Montpellier et tu as grandi à La Réunion où tes parents se sont installés lorsque tu avais 4 ans. C’est là-bas que tu t’inities à l’escalade à l’âge de 10 ans. Comment ça s’est passé ? 

Mes parents ont fait de l’escalade quand ils étaient jeunes mais, dans les faits, c’est un prof de sport du collège qui nous a repérés et a proposé de nous inscrire au club de la ville de Saint-Leu. Nous l’avons fait en famille avec mes parents, mon frère et ma sœur. Mon frère et moi, nous étions à fond et nous avons intégré un petit groupe d’entraînement drivé par ce prof de sport, qui était également président du club. C‘est comme ça que ça a commencé

Tu dis que ce prof vous a repérés, il a repéré quoi ? Des prédispositions pour l’escalade ? 

Nous étions amis avec ses filles, nous avions le même âge et nous étions sportifs et motivés, c’est plus de cela qu’il s’agit que de détection.

©Fanny Gibert/Facebook

Ta sœur n’a pas accroché mais ton frère et toi, vous avez aimé. Qu’est-ce qui t’a séduite dans cette discipline ? 

Au début, je n‘étais pas du tout fan d’escalade, j’adorais simplement le sport, j’adorais jouer. Comme nous avons un peu tous adhéré dans la famille, petit à petit, on s’est retrouvés à ne plus faire que ça et je pense que mon amour pour l’escalade est venu vraiment progressivement.

Ce que j’aime dans ce sport, c’est la dimension gestuelle, ce contact avec le rocher, les prises, et puis la diversité : en escalade, on est tout le temps en train de découvrir quelque chose, de faire des mouvements qu’on n’a jamais fait, sans compter le côté convivial, le fait d’être plusieurs autour d’un problème pour essayer de le résoudre et accessoirement, de le résoudre avant les autres.

©Fanny Gibert/Facebook

Après ton bac, tu mets le cap sur Lyon pour poursuivre tes études à la rentrée 2011. Est-ce que tu as choisi la destination parce que tu savais pouvoir poursuivre l’escalade ?

Pas du tout. Je faisais du sport mais c’était un àcôté, la priorité a toujours été le cursus scolaire. En terminale, j’ai honoré mes premières sélections en équipe de France, je n‘avais pas envie d’arrêter mais mon choix était très raisonné et ma priorité allait à mes objectifs scolaires. J‘avais des résultats assez bons et je voulais faire soit une prépa en bio, soit une école dingé, c’est là que je suis tombée sur une école lyonnaise qui proposait un sport-études et me permettait de continuer les deux.

J‘ai postulé et j’ai été prise, c’est ça qui a fait que je suis allée à Lyon mais à peu de choses près, j’allais en prépa et je diminuais beaucoup l’intensité en escalade. Là, c’est l’inverse qui s’est passé. Je me suis plus professionnalisée avec une charge d’entraînement qui a évolué et un investissement encore plus fort.

©Fanny Gibert/Facebook

Toi qui avais déjà fait tes premiers pas en sélection, tu n’as pas été orientée vers une formation dédiée ?

À ce moment-là, j’étais en catégorie jeunes et j’étais suivie par mon entraineur de club. Dans mon souvenir, personne n’est venu me voir pour me dire de venir en Métropole m’entraîner. Je pense qu’à cette époque-là, c’était moins professionnel que maintenant, c’était normal de continuer ses études et de jongler entre parcours scolaire et sportif, il n’y avait pas tant de gens que ça en sport-études

2011, c’est l’année de ton arrivée à Lyon, c’est aussi l’année de ta première Coupe du monde 

Oui, mais cette première Coupe du monde était un plutôt un test. J’y suis un peu allée pour faire du tourisme parce que j’étais très loin du niveau requis pour avoir une expérience sur une Coupe du monde. J‘avais eu cette opportunité parce quelle se déroulait à Barcelone, que ce n‘était pas loin et qu’une copine de mon club y participait.

Pour moi, c’était de la découverte, je n’avais pas vraiment d’objectif, je n’étais pas préparée pour ça. Ma « vraie » première Coupe du monde, c’était en 2013. Cette fois, j’ai gagné ma sélection et j’avais de vrais objectifs.

©Fanny Gibert/Facebook

Est-ce que ce rendez-vous là, t’a néanmoins permis de mettre des mots sur des ambitions sportives que tu ne formulais pas encore clairement ?

En 2011, j’étais encore vraiment concentrée sur les catégories jeunes mais je n‘avais pas de doute sur le fait que je voulais m’investir à fond, progresser et aller plus loin. Ceci étant, je ne me projetais pas encore sur les catégories seniors et sur les Coupes du monde. Ça me faisait rêver de porter le maillot de l’équipe de France, mais mes objectifs étaient à une autre échelle, celle des jeunes.

Entre ces deux dates, 2011 et 2013, il va te falloir choisir entre la difficulté et les blocs, et tu vas t’orienter vers la seconde option.

En 2012, je commençais à avoir de vrais bons résultats en bloc, même si c’était encore en catégorie jeunes. J’ai alors eu l’opportunité soit de participer aux Championnats du monde à Bercy et faire du bloc, soit d’aller aux Championnats du monde jeune à Singapour pour de la difficulté. J’ai opté pour Singapour parce que j’avais vraiment quelque chose à jouer comparé à Bercy, un rendez-vous qui me faisait rêver mais pour lequel je n‘avais pas vraiment d’objectifs sportifs qui tenaient la route.

J‘ai profité de mes dernières années jeunes pour faire et bloc et difficulté et c’est à partir de là que j’ai commencé à m’entraîner avec Nicolas Januel, un entraîneur de la fédération. Après ça, on m’a demandé de me spécialiser soit dans l’un, soit dans l’autre dans le but d’obtenir de meilleurs résultats.

Ça a été un vrai choix. J’adorais les deux disciplines pour des raisons différentes et ce qui a fait pencher la balance vers le bloc c’est l’aspect convivial de l’entraînement : on est tous ensemble et il y a une émulation incroyable. Avec le recul, il me paraît évident que c’était le bon choix mais, sur l’instant, ça aurait pu être la difficulté. 

©Fanny Gibert/Facebook

Tu n’as donc aucun regret…

Non, je n’ai pas de regret. Comment est-ce que je pourrais en avoir en voyant ce que j’ai fait en blocet ce d’autant plus que j’ai pu renouer avec la difficulté plus tard. Redécouvrir cette discipline était encore plus savoureux.

En 2013, tu l’évoquais plus haut, ce sont tes « vrais » débuts en Coupe du monde avec un premier gros résultat à Vail dans le Colorado. Comment ça s’est passé ?

La saison 2013 a été difficile parce que mon objectif était de rentrer en demifinale, le top 20, et que je l‘avais raté. J‘avais été sélectionnée pour participer aux étapes de Coupe du monde en Europe, à chaque fois j’étais aux portes des demi-finales et c’était assez frustrant.

J’avais malgré tout des étoiles dans les yeux parce que j’avais pu voir des tours de finale avec des filles incroyables qui faisaient des perfs de folie. Cette année-là, c’est Anna Stöhr qui remporte le Général en gagnant toutes les étapes sauf une ou deux au terme desquelles elle termine deuxième et moi je m’étais dit : « Je veux faire ça, je veux être la meilleure du monde ! » C‘était hyper inspirant et après, je me suis investie à 200 % et, petit à petit, ça a payé.

©Fanny Gibert/Facebook

Tu grimpes sur ton premier podium

Oui. L‘année suivante, je fais ma première demi-finale et je me qualifie pour les étapes aux États-Unis. Je me souviens que mon entraîneur ne savait pas si c’était bien pour moi d’aller faire cette étape parce que, souvent, c’est très physique là-bas, ça penche beaucoup, le pan est très incliné ce qui fait que c’est propice à des blocs très physiques ce qui n’était pas vraiment ma qualité. Évidemment, moi, je voulais toutes les faire.

On a finalement décidé que j’irais et là-bas, je fais ma compet’, je suis à fond, tout ce que je peux faire, je le fais, il y a eu un bel alignement d’étoiles et ça débouche sur un podium. C’était surréaliste.

©Fanny Gibert/Facebook

Ça t’a confortée dans l’idée que tu voulais être la meilleure du monde et que tu allais tout faire pour ?

Oui, performer en compétition, c’est vraiment ce que j’adore ! J’aime être au pied des blocs et me demander : « Est-ce que je vais y arriver ? » et puis me surprendre soi-même à réussir à résoudre un problème, tout donner dans l’instant pour être hyper forte au moment présent et performer.

Réussir ça à Vail, c’était génial, mais quand j’ai fait ce premier podium, je ne me considérais pas comme la meilleure du monde. Je savais très bien que, dans une compétition et dans une performance, il y a beaucoup de choses. J’ai saisi ma chance mais j’étais encore très loin du niveau des meilleurs mondiales.  

C‘était une première étoile de décrochée mais j’étais encore loin de de ce que j’ambitionnais. Je ne voulais pas faire un coup d’éclat mais être régulière sur une saison et jouer des finales à chaque fois. Là, il y avait encore beaucoup de boulot mais c’est sûr que ça m’a ouvert une porte et fait comprendre que j’en étais capable.

Retour en 2014 avec Fanny Gibert sur sa terre natale, La Réunion

Lorsque tu évoques ta carrière, tu expliques qu’entre Vail et les saisons 2018 et 2019 qui vont te voir exploser au niveau mondial, il y a eu des moments plus ou moins compliqués, tu étais en quête de régularité, et tu as parfois senti que l‘on croyait moins en toi. L’escalade est malgré tout un sport à maturation lente 

L’escalade est un sport jeune, je ne sais pas si on peut dire qu’il y a vraiment des règles sur ce point précis mais, en bloc par exemple, l’aspect mental est très important et donc l’expérience. La particularité de l’escalade est que c’est un sport en constante évolution.

C‘est dur de continuer à être performant sur la durée parce que ça évolue énormément : entre 2012 et maintenant, ça n’a rien à voir. Si tu veux des résultats, tout dépend de ta capacité à te réadapter et à suivre le rythme.

C’est une question de technique avant tout ?  

Les moyens techniques ont changé, les prises d’escalade ont beaucoup évolué et elles permettent beaucoup plus de choses, beaucoup plus de complexité. Pour ce qui est du style des ouvertures qui sont proposées, ça dépend des ouvreurs, de ce qu’ils proposent, de ce qui plaît

Petit à petit, on est venu sur des choses dynamiques qui sont très spectaculaires. Je pense qu’il y a eu une influence du parkour, de disciplines très acrobatiques qui n’existaient pas trop dans l’escalade à l’ancienne. Il n’y a pas une seule explication, mais ce qui est sûr, c’est que ça évolue beaucoup et que ça continue d’évoluer en permanence.

C‘est un sport où l’expérience joue énormément, il faut du mental, de la technique et pour avoir plus de technique, rien de tel que l‘expérience qui permet d’emmagasiner un maximum de gestuelle.

Concernant l’aspect physique, même chose, on a beaucoup évolué sur la façon de s’entraîner et il faut pouvoir suivre.

©Fanny Gibert/Facebook

Il y a des moments où tu trouves que ça évolue trop vite ?

L’escalade a tendance à beaucoup rajeunir ces dernières années, mais je ne me sens pas limitée physiquement et je pense qu’il n’y a pas de problème à continuer à un très haut niveau assez longtemps, à condition d’être dans ds bonnes conditions et d’avoir un rythme sain

Ces deux années, 2018 et 2019, tu grimpes six fois sur le podium de Coupe du monde et tu occupes le 3e rang mondial. 2019, c’est aussi l’année où tu es diplômée, on a l’impression d’un déclic chez toi…

En 2018, je continuais mais études mais, en 2019, l’année où on commençait le système de qualification pour les Jeux, il a fallu faire les compétitions dans toutes les disciplines afin de se préparer pour du combiné et pas seulement du bloc. Par chance, j’avais fini mes études et j’ai pu me consacrer entièrement à ça.

Quoi qu’il arrive, je pense que j’aurais trouvé une solution pour mener de front études et sport, c’est un équilibre que j’ai toujours apprécié et, d’ailleurs, il n’y a eu que cette année où je n’avais rien à côté de l’escalade et je me suis rapidement rendu compte que j’avais envie de garder cet équilibre sport/vie active professionnelle. C‘est à cette époque que j’ai commencé mon contrat avec la RATP.

©Fanny Gibert/Facebook

Un équilibre payant au vu de tes résultats. Tu disais avoir allumé une petite étoile à Vail, ton ciel commence à être constellé.

Pendant quelques années, j’ai stagné même si on ne stagne pas vraiment en escalade parce que, rien que le fait de se maintenir au haut niveau signifie qu’on progresse comme le niveau général évolue très très vite.

Il reste qu’il y a eu un essoufflement, on a évoqué ma fin de carrière alors que, moi, je ne l’entendais pas du tout comme ça. C’est à cette époque que j’ai changé d’entraîneur et ça m’a un peu relancée : travailler différemment m’a reboostée et ça m’a permis de m’exprimer pleinement.

Je ne relie pas ce résultat au fait davoir plus de temps par rapport à mes études, ça c’est quelque chose qui m’a toujours portée même si, évidemment, en ayant plus de temps, c’est plus facile à gérer. C’est ce que j’ai changé qui a fini par payer, le fait également d’arriver à maturation dans l’expérience, mes capacités physiques, tout a fini par se coordonner.   

©Fanny Gibert/Facebook

Quelle a été ta réaction quand tu as appris que l’escalade serait au programme au Japon ?

Les Jeux olympiques, c’est une reconnaissance très différente et beaucoup plus large, ça fait rêver. Tout le monde a regardé les JO à la télé, petit, et se dire que ce sera peut-être moi qui représenterais la France, ça paraissait dingue.

Après, pour les sports comme nous, c’est un peu plus délicat parce qu’il y a un vrai circuit fédéral international en place, qui fonctionne bien, qui a de la visibilité et de la reconnaissance et, là, le format des JO est un truc inventé un peu de toute pièce, il faut essayer de rentrer dans les critères pour pouvoir être éligible.

Il y à la fois l’envie de participer à cet événement unique, de saisir sa chance parce qu’on vient de rentrer aux JO et quon ne sait pas si l’opportunité se représentera, tout en étant obligé de s’adapter à des disciplines un peu biscornues parce quon joue avec les règles des JO et qu’il a fallu adapter notre sport.

©Fanny Gibert/Facebook

Biscornue parce que l’épreuve mélangeait bloc, difficulté et vitesse en même temps ?

Oui, c’est ça. Sportivement, les Jeux c’est une compétition qui me faisait moins rêver que le bloc mais, en même temps, j’avais envie de vivre cette aventure très ambitieuse parce qu’il y avait beaucoup moins de places que pour une Coupe du monde. Sur une Coupe du monde, on pouvait être cent filles et là, il n’y en avait que vingt avec trois catégories confondues donc c’était très restrictif.

Pour ma part, en général, plus le challenge est difficile, plus ça me motive. Quand je vois que j’en suis capable, je fonce !

©Fanny Gibert/Facebook

Ça coïncidait également avec une période où tu as pu pleinement t’exprimer, c’était le timing idéal pour toi.  

Oui, c’était le timing parfait. En 2019, je fais une année exceptionnelle et les résultats de 2019 comptent pour tenter la sélection pour les JO. C‘était à la fois calculé, on s’est entraîné dur pour ça, et puis je sentais que j’étais très soutenue et qu’on me faisait confiance, qu’on croyait beaucoup en moi ce qui est porteur pour avoir beaucoup de réussite.

Avant 2019, quand je me suis lancée dans le combiné, je croyais à la sélection mais ça me paraissait quand même ambitieux et un peu lointain. Finalement, ça s’est super bien passé et j’étais favorite dans les personnes potentiellement qualifiables pour les JO. La désillusion a été très très dure quand j’ai raté l’occasion à une place.

©Fanny Gibert/Facebook

Ça s’est joué à rien pour toi et tu expliquais que c’était peut-être le moment le plus difficile de ta carrière

C‘était dur parce que ça n’est pas uniquement un échec sportif. Le système de qualification était compliqué et il y a eu des décisions prises pour reverser une place qui devait être donnée d’une certaine façon mais qui a finalement été attribuée avec un autre mode de sélection.

J’ai appris que je n’étais pas retenue pour les JO de Tokyo pendant le confinement et j’ai ressenti un sentiment d’injustice : la qualification ne s’est pas décidée seulement sur une compétition sportive. Pour moi, il aurait été beaucoup plus facile d’échouer sur une compétition en visualisant ce que j’avais fait de mal fait et en réfléchissant à ce qu’il aurait fallu faire pour y arriver alors que là, j’étais impuissante, toute seule, confinée, c’était assez horrible.

©Fanny Gibert/Facebook

Des doutes ont plané peu après sur la suite que tu voulais donner à ta carrière. Est-ce que ça avait un lien avec cette injustice ? 

Il y avait beaucoup de colère je pense, à ce moment-là, j’étais un peu perdue. Les JO étaient mon objectif depuis 2 ans, je ne pensais qu’à ça, j’étais à 100 % dedans et d’un seul coup, cet objectif disparaît. Il y avait un sentiment de colère, d’injustice mais aussi le fait de ne pas trop savoir vers où je voulais aller.

Je me suis posé la question de savoir ce que j’aimerais faire, de ce qui me faisait vibrer et j’ai réalisé tout de suite que ce que j’avais envie de faire, c’était de la compet’, que ce soit les JO ou pas, ça me plaisait. Mes doutes ont été vite levés sur le fait que je continue ou pas.

©Fanny Gibert/Facebook

Tu as pu évoquer cette situation avec l’encadrement ?

À chaque fois que j’ai trouvé une situation injuste, j’ai pu en discuter, mais je me suis retrouvée en face d’arguments avec lesquels je n‘étais pas d’accord et j’ai compris que le sport, c’était comme ça. Comme dans plein d’autres milieux, il y a des moments où il y a des injustices et quand on joue, on accepte les règles, c’est tout.

On sait quil peut y avoir des moments frustrants mais on ne peut pas mener le combat pour que les sélections soient plus justes en étant impliqués dans le système de sélection et en jouant sa qualif’. Il faut accepter les règles et savoir pourquoi on fait les choses.

La perspective de Paris trois ans plus tard t’a-t-elle aidée à te relancer ?

Je ne pensais pas à Paris à ce moment-là parce que je n‘ai pas l’habitude d’avoir des objectifs à très long terme. Les Jeux de Paris me paraissaient assez loin mais, en réalité, ils sont arrivés très vite. Ceci étant, ma démarche était simplement de continuer à faire ce que j’aime et ce que j’aime, ce sont les compétitions d’escalade. JO ou pas, je savais que j’avais encore des choses à jouer et que j’avais envie de m’investir pour des performances ambitieuses.

©Fanny Gibert/Facebook

À Paris, les règles changent, il y a un combiné avec deux épreuves et la vitesse en parallèle. Est-ce que la qualification reste malgré tout toujours aussi complexe à décrocher ?

Oui, la vitesse est séparée du combiné blocdifficulté mais le nombre de participants est toujours de vingt personnes avec deux disciplines confondues alors que sur les étapes de Coupe du monde, on est généralement une centaine en bloc et une centaine en difficulté. C‘est comme s’il y avait deux-cents participants et qu’on devait n’en choisir que vingt.

Comment tu abordes ces derniers mois ? Les JO sont un objectif parmi d’autres ou l’objectif prioritaire pour toi ?

C‘est mon objectif principal. Il a fallu se positionner, savoir si on était intéressé par les JO et réfléchir au fait de s‘investir dans cette qualif’ parce que ça a impactait beaucoup la préparation : ce n‘est pas du tout la même chose de se préparer uniquement pour du bloc ou pour du combiné blocdifficultés.

J‘ai fait le choix m’investir à fond là-dedans et dès 2023, il a fallu performer et en bloc, et en difficulté. J‘étais dans une présélection d’athlètes potentiellement investis dans ce combiné, je fais une bonne saison avec beaucoup de rebondissements mais l’essentiel, in fine, est que j’ai réussi à avoir ma qualif’ parce que, comme en 2019, il fallait faire des résultats sur les Coupes du monde dans les deux disciplines pour pouvoir prétendre à participer aux épreuves sélectives pour les JO.

J‘ai réussi à gagner ma place et, on est quatre Françaises à pouvoir participer à ces compétitions qui vont nous qualifier pour les JO. Il ne reste plus qu’une place pour la France parce qu’Oriane Bertone s’est déjà qualifiée.

©Fanny Gibert/Facebook

Comment tu envisages ces derniers mois avant l’échéance olympique ?

Il y a eu un gros rebondissement, je me suis blessée mi-décembre à la cheville durant un entraînement et je me suis fait opérer dans la foulée. J’ai été en rééducation et réadaptation avec l’ambition d’être complètement remise pour les premières étapes de Coupe du monde en avril et surtout être fin prête en maijuin pour les compétitions qualificatives pour les JO.

Mon défi, c’est de récupérer le plus vite possible, de contredire les stats sur la récup et d’essayer d’aller plus vite que la moyenne pour pouvoir reprendre le plus tôt possible, retrouver une grimpe normale et être top.

Le moral tient le coup et je suis plutôt agréablement surprise sur ma capacité à accepter cette situation et à la gérer, pour le moment ça va bien

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