Justine Pedemonte : « Je me suis éclatée sur ma moto pour la dernière course de la saison ! »

Justine Pedemonte : « Je me suis éclatée sur ma moto pour la dernière course de la saison. »
Quand je suis arrivée au circuit du Castellet, je n'avais qu'une envie, c'était de m'amuser ! Mais il y a quand même eu des rebondissements et quelques doutes... Je vous raconte ?

Par Justine Pedemonte*, pilote moto, 17 ans au compteur

Publié le 22 octobre 2024 à 18h32

La dernière fois que je vous ai raconté ma vie de lycéenne et pilote, je vous disais que j’attendais l’aval des médecins pour participer à ma grande course du 29 septembre au Castellet suite à mon opération de l’appendicite et d’une hernie ombilicale. J’ai bien eu l’autorisation, mais il fallait reprendre mollo quand même, en écoutant au maximum mon corps. J’allais courir, mais si j’avais mal, je calmais la cadence, voire je m’arrêtais si nécessaire.

D’habitude, quand je fais du sport, mon esprit de compétition prend le dessus, je veux toujours aller le plus loin possible. Mais là, je me suis bien dit qu’il était préférable de ne pas prendre le risque de me faire mal et alors de ne pas pouvoir participer à la course. C’était tout de même un peu frustrant mentalement mais j’ai eu la chance heureusement d’être très bien accompagnée à ce moment-là par mon manager Florent Marino et mon coach Xavier Siméon. Ils m’ont beaucoup aidée à positiver. 

©️Justine Pedemonte

Quand je suis arrivée au circuit du Castellet, je n’avais qu’une envie, c’était de m’amuser ! Je l’ai vraiment pris sans pression. S’il fallait ralentir, j’écoutais mon corps, et je ne forçais pas, je roulais comme ça venait ! Et ça s’est bien passé. Je pense que si j’avais forcé davantage, j’aurais pu me faire mal. 

Mais il y a quand même eu un rebondissement : je me suis réveillée jeudi avec un gros rhume. J’ai dit à ma mère : « Ça ne va pas du tout, j’ai mal à la tête, mal à la gorge, mal partout ! »  Mais à aucun moment ça n’a remis en question ma participation à la course. J’ai pris un médicament, et même si j’avais mal à la tête, quand on roule, ça passe. Sur ma moto, franchement, je me suis éclatée. On a construit la première séance pour que je puisse me tester, tester mon corps sur la moto. On a pu faire quelques réglages.

Ensuite, j’ai vu une progression tout au long du week-end, c’était pas mal. Les essais libres ont permis de tester pleins de choses, les pneumatiques notamment, et c’était vraiment top !

Malheureusement, en qualification, j’ai eu un problème mécanique. Au moment où je voulais faire mon chrono, mon sélecteur de vitesse s’est pété. J’ai dû rentrer au stand, et même si les mécanos ont réparé le plus vite possible, quand je suis ressortie, je n’ai pas pu faire mon tour chrono. Ça m’a placée vingtième sur la grille de départ, quinzième de ma catégorie. C’était un peu frustrant, surtout pour la dernière course du championnat, à la maison… Mais après avoir parlé avec mon coach et mon manager, je me suis re-motivée comme jamais et j’étais fin prête à tout donner le lendemain !

Je vous raconte : lors de la première course, je fais un super départ et je me retrouve à la sixième place. On était vraiment un long groupe, j’étais bien dedans, sauf que dans le premier tour, j’ai eu un problème de frein et j’ai perdu le groupe. Je suis repartie dernière et je suis remontée à la douzième place de ma catégorie. J’ai dû rouler seule, alors qu’en course, je préfère être à la bagarre. Mais je me suis quand même amusée, être sur ma moto me fait toujours plaisir. 

Pour la deuxième course, j’ai fait un bon départ, pas de problème de frein, je suis à la bagarre avec un pilote tout le long de la course et je finis neuvième. Je m’étais bien dit avant le départ que c’était ma dernière course de la saison, j’avais envie de m’éclater, de m’amuser. Et c’est ce que j’ai fait, la bagarre était top.

©️Justine Pedemonte

Je ne suis finalement pas si frustrée que ça de ne pas avoir pu me préparer de manière optimale. On peut dire que ça a été un mal pour un bien, ça m’a permis de me reposer et j’en avais besoin. Ça m’a aussi permis mentalement de repartir à zéro pour la dernière course de la saison. Dans le sport, si on sait gagner, il faut aussi savoir perdre. J’ai quand même fait une neuvième place, ce n’est pas trop mal. Et surtout, j’ai des bons souvenirs de ce week-end. Pas mal de ma famille et des supporters étaient là pour m’encourager, j’ai fait un petit repas avec eux pour les remercier tous… C’est top, ça a fini sur une bonne note. 

Le lundi-mardi en revanche, ça a tiré énormément physiquement. Vu que j’étais sous médicament pour les courses, j’ai pu forcer sans avoir mal sur le moment. La semaine qui a suivi, j’ai un peu payé ça. Mais maintenant, j’ai pu reprendre le rythme sportif que j’avais avant mon opération, et je m’éclate ! En plus, je n’ai pas de pression, pas de compétition qui arrive. Je fais vraiment comme je le sens, et mon corps a très bien récupéré. 

La suite pour moi lors de cet entre-saison, c’est de rouler le plus possible. On va aller beaucoup en Espagne, avec de meilleures conditions météo. Ça va me permettre de refaire complètement mon physique, de continuer à travailler la maniabilité de ma moto… Je vais aussi revoir des médecins pour mon épaule. Ma vie tourne toujours autour de la moto. J’ai l’école aussi, mais la moto reste ma priorité !

Bon, on se retrouve d’ici quinze jours pour d’autres news ? En attendant, soyez ÀBLOCK!

*Justine Pedemonte a 17 ans et est pilote moto, engagée en championnat de France de Superbike (FSBK), Championnat de France SuperSport 300. Après avoir remporté plusieurs podiums, elle a terminé en octobre 2023, vice-championne de France. Vous pouvez la suivre sur son compte Instagram @justinepedemonte 

Ouverture ©️Justine Pedemonte

Vous aimerez aussi…

Jessy Trémoulière : « Je n’aurais jamais penser faire autant dans le rugby, j’ai juste envie de dire merci.  »

Jessy Trémoulière : « Je n’aurais jamais pensé faire autant dans le rugby, j’ai juste envie de dire merci.  »

Ça y est, c’est fini… Après des années à tout donner pour le maillot bleu, Jessy Trémoulière raccroche les crampons en équipe de France. Elle veut, désormais, se consacrer à sa ferme et retrouver le rugby sans la pression. Dernière chance d’admirer cette grande dame du XV : ce samedi pour la finale du Tournoi des Six Nations 2023, face aux Anglaises, sur la pelouse mythique de Twickenham. Il ne manque que la victoire pour partir en apothéose !

Lire plus »
La question qui tue

Une brassière, ça serre trop, j’peux pas juste mettre un sous-tif ?

Oh, ça va, avouons-le, on a toutes rêvé de faire du sport à poil sous le t-shirt ! Tellement plus confort de pas avoir un truc qui compresse la poitrine et vous scie la peau du dos ! Oui, mais non. La question qui tue, du coup, c’est : « Une brassière, c’est obligé ? Si je mettais plutôt un bon vieux soutien-gorge ? » Euh…la réponse de notre coach Nathalie Servais. Ça vaut mieux.

Lire plus »
Il était une fois le ski… féminin

Il était une fois le ski… féminin

À l’heure où les meilleures skieuses de la planète jouent des bâtons pour remporter une médaille aux JO de Pékin, faisons un petit saut dans le passé, histoire de saluer les premières dames à pouvoir fouler les pistes enneigées et les podiums olympiques.

Lire plus »
Le Q&A de Julie Iemmolo

Le Q&A de la triathlète Julie Iemmolo

Elle a des airs de jeune fille sage, tranquille, sereine. Mais ne vous y fiez pas, la demoiselle a du répondant ! Lorsqu’elle s’attaque à un Ironman, mieux vaut ne pas la sous-estimer. Place au petit questionnaire sportif de Julie Iemmolo !

Lire plus »
Marion Desquenne : « Dans le skate, tu rencontres des filles qui gomment leur féminité. C’est une sorte d’armure. »

Marion Desquenne : « Dans le skate, tu rencontres des filles qui gomment leur féminité. C’est une sorte d’armure. »

Elle est photographe et réalisatrice de documentaires. Son dernier film, « Bande de skateuses », est une épopée immersive sur l’explosion du skateboard féminin en France. Partie à la rencontre de plusieurs générations du milieu de la glisse sur bitume, Marion Desquenne en a rapporté un témoignage qui va au-delà de la simple pratique du skate et en dit long sur une société qui a encore du boulot en matière d’égalité des genres.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner