JO 1960Carolyn Wood, la nageuse sauvée des eaux à Rome

Carolyn Wood
Elle était considérée comme la favorite du 100m papillon. Lorsque Carolyn Wood participe aux JO de Rome, en 1960, elle a tout juste 14 ans. Et rien ni personne n’aurait pu la battre si ce n’est un événement imprévisible…

Par Valérie Domain

Publié le 28 juillet 2021 à 6h30, mis à jour le 20 août 2021 à 23h44

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Elle a bu une tasse mémorable. Dans tous les sens du terme. En 1960, aux Jeux Olympiques de Rome, Carolyn Wood a manqué s’étouffer dans le couloir du bassin qui devait la mener à la victoire. Et s’est noyée dans les larmes.

Née à Portland, dans l’Oregon, en décembre 1945, Carolyn Wood a eu le plus grand mal du monde à apprendre à nager lorsqu’elle était enfant.

Jusqu’à ce qu’elle finisse par vaincre sa peur de l’eau et se fixe un objectif insolite et singulier : faire partie de l’équipe olympique américaine aux JO de Rome, en Italie.

Nous sommes en 1958 et la route sera longue pour celle qui se frotte à ses premières compétitions dans la douleur.

Turbulente, peu encline à accepter la discipline, elle doit également composer avec les attentes sociales liées au genre, elle qui se découvre lesbienne, ainsi qu’elle le racontera dans son autobiographie « Tough Girl » (« Une fille acharnée »).

Elle n’en devient que meilleure et lorsqu’elle arrive sous la canicule italienne, ce 25 août 1960, Carolyn Wood, considérée comme la spécialiste du papillon, grande favorite du 100m, compte bien remporter le titre olympique.

Sa rivale la plus coriace a pour nom Carolyn Schuler, sa compatriote. Mais elle l’a déjà battue plusieurs fois l’année précédente, ainsi qu’aux sélections pour les Jeux, et ne semble pas inquiète : l’or, elle le portera autour du cou en rentrant à la maison.

Mais si le départ se passe comme dans un rêve -Carolyn Wood est plus rapide que les autres concurrentes dont Carolyn Schuler, à 30 m du mur, alors qu’elles sont respectivement première et deuxième, la nageuse prend une vague et avale une grande gorgée d’eau.

Elle panique et s’arrête, sous le choc, s’agrippant à la corde qui délimite les couloirs. Et se met à sangloter. De colère, de déception, d’impuissance. « Tous mes espoirs s’étaient envolés, confiera-t-elle plus tard. J’étais disqualifiée. J’ai entendu les clameurs quand les autres nageuses sont arrivées et que Carolyn l’a emporté. »

Alors qu’elle relève la tête, l’adolescente désemparée aperçoit un homme dans le couloir d’à côté, venu la secourir.

Un membre du staff qui avait sauté dans la piscine olympique tout habillé pour lui venir en aide : « Mais, en fait, je n’avais pas besoin d’être secourue, expliquera Carolyn Wood, je pleurais ma désillusion, c’est tout. Et je n’avais qu’une envie, c’était de repartir et de terminer ma ligne. »

Ce qu’elle fera avant d’aller féliciter sa compatriote victorieuse.

Carolyn Wood avait déjà manqué de peu une médaille au 100m nage libre (à trois dixièmes de la médaillée de bronze, Natalie Steward), elle était favorite pour ce 100m papillon et ne put aller jusqu’au bout.

Mais l’adage « jamais deux sans trois », Carolyn Wood n’en a cure et elle mettra un point d’honneur à reprendre l’entraînement pour se préparer pour le relais 4x100m nage libre.

Et elle aura raison d’y croire : elle boucle le troisième relais où elle est à la lutte avec l’Australienne Lorraine Crapp qui compte plus de deux secondes d’avance.

Mais Carolyn Wood, déterminée, veut sa revanche et elle parvient à revenir en tête avant de transmettre le relais à Chris vonSaltza. Qui conclura en beauté. La médaille d’or, elle la recevra donc par équipe.

De retour chez elle, Carolyn Wood poursuit ses études. Mais les JO ne seront plus qu’un (bon ou mauvais) souvenir : ayant travaillé, un été, comme maître-nageur sauveteur, elle ne peut plus prétendre à une nouvelle participation.

En vertu des règles olympiques de l’époque, elle est considérée comme professionnelle et seuls les amateurs peuvent participer aux Jeux.

Carolyn Wood fera son entrée au Oregon Sports Hall of Fame, en 1992. Elle est aujourd’hui professeur d’anglais à l’université de Portland.

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