Fatma Samoura La Madame FIFA qui pourrait changer le destin du football féminin...

Fatma Samoura
Première femme à accéder aux instances dirigeantes de la FIFA depuis sa création en 1904, Fatma Samoura est de ces personnalités féminines qui font avancer le monde (sportif). Désignée « femme la plus puissante du sport mondial » par le magazine Forbes, elle s’engage avec force pour la parité dans le football.

Par Claire Bonnot

Publié le 03 juillet 2020 à 16h33, mis à jour le 12 mars 2022 à 17h08

La plus puissante du sport mondial…c’est elle !

Désignée ainsi par le magazine de référence Forbes en 2018, la Sénégalaise Fatma Samoura est en effet la secrétaire générale de la Fédération Internationale de Football (FIFA) depuis 2016, soit la plus grande organisation sportive au monde, jusque-là terrain de jeu des hommes européens (et elle a été fondée en 1904 !).

Fatma Samoura est considérée comme étant la numéro 2 de la FIFA et donc du football mondial, derrière son président, Gianni Infantino.

«  Ma nomination en 2016 a été un signal fort que la FIFA, une organisation dominée par les hommes, s’ouvre à la diversité. Nous avons désormais une représentativité des femmes à tous les niveaux de l’administration de la FIFA. Une division dédiée au football féminin a même été créée. »

Fatma Samoura

De l’ONU à la FIFA

C’est la surprise qui avait suivi la nomination de cette diplomate, responsable de programmes humanitaires à l’ONU à travers le monde pendant vingt-et-un ans et sans aucune expérience du monde du sport.

Le président de l’organisation mondiale louait son «  expérience et (sa) vision internationales » et le fait qu’elle ait «  travaillé sur certaines des questions les plus difficiles de notre temps ».

Fatma Samoura a en effet à son actif des années de gouvernance et de compétences stratégiques au sein d’environnements multi-culturels  : elle a débuté sa carrière à l’ONU comme responsable de la logistique au sein du Programme alimentaire mondial à Rome en 1995 et aura ensuite des responsabilités dans six pays : République de Djibouti, Cameroun, Tchad, Guinée, Madagascar et le Nigéria où elle prend part au programme de développement.

Fatma Samoura

L’humain au centre de ses préoccupations

Fatma Samoura, qui aimait déjà le sport car mariée à un ancien footballeur du Sénégal, y voyait elle-aussi une continuité dans sa carrière centrée autour de l’humain :

« Si je dois faire le bilan de mes trois années à la FIFA par rapport aux vingt-et-une années passées aux Nations Unies, je dirais que c’est un continuum, assure-t-elle. Est-ce que c’est différent de ce que je faisais là-bas ? Pas tellement. Aux Nations Unies, mon rôle consistait à mettre l’humain au centre des préoccupations du monde. Avec le football et ses 450 millions de personnes qui le pratiquent […] mon travail est également de placer l’humain au centre des préoccupations ».

Fatma Samoura

Symbole d’un football ouvert aux femmes

Si certains commentateurs aimaient voir dans sa nomination une «  dimension purement symbolique » pour la FIFA alors plongée dans des affaires de corruption, Fatma Samoura rétorquait simplement que le but était de «  casser cette image de cercle fermé, ce cliché d’un foot dominé par un monde d’hommes, d’Européens » et d’avoir «  quelqu’un qui pouvait apporter la diversité et mettre l’aspect humain au centre des décisions de la FIFA. Qu’on parle moins d’argent, qu’on parle moins de scandale, qu’on parle de meilleure gouvernance, de plus grande transparence. »

Fatma Samoura

Bienveillante et chaleureuse, l’ancienne diplomate prône un milieu du foot plus ouvert, à son image. Et en matière de sport féminin, la secrétaire générale de la FIFA s’engage.

Juste avant la Coupe du Monde féminine de 2019, elle s’exprimait sur le problème numéro 1 entre foot masculin et foot féminin : « Aujourd’hui, le foot masculin ça paie, le foot féminin ça coûte. Ça devrait payer et ça va payer. Je n’ai qu’un regret, c’est que les dirigeants hommes ne se rendent pas compte de cette manne qui est devant eux et qui ne demande qu’à être exploitée. »

Fatma Samoura

Elle rappelait que la marche vers l’égalité était enclenchée, un vœu qu’elle se charge de faire exaucer grâce aux actions de son organisation :

« Sur les 700 employés de la FIFA, plus de 320 sont des femmes aujourd’hui. (…) En octobre dernier, nous avons lancé pour la première fois une stratégie pour le foot féminin. C’est une marche que nous devrons forcer à tous les niveaux. »

Son objectif à la FIFA ? Avoir 60 millions de femmes qui pratiquent le football d’ici 2026. L’investissement se fait sur le développement des infrastructures, sur la promotion des compétitions et sur la mise en place d’un nouveau programme pour le développement du football dans les écoles.

Aux yeux de cette leader, le football est un vivier d’humanité, parfait terrain pour faire bouger les lignes  : «  Le football transcende les barrières religieuses et raciales ainsi que le genre. »

ÀBLOCK! va suivre de près le jeu tactique de cette personnalité, parfait artisan du «  monde sportif d’après »….

Vous aimerez aussi…

Louise Lenoble

2020 : Le best-of ÀBLOCK!

9 mois. 9 mois à donner la parole aux championnes et aux sports peu médiatisés, aux pratiquantes enthousiasmantes, aux acteurs et actrices de la sphère sportive. 9 mois à écrire sur des sportives étonnantes, qui nous boostent et nous inspirent, aux quatre coins du monde. Notre nouveau média digital est encore jeune, mais il collectionne déjà une foule de pépites. Confidences, témoignages, tranches de vie… nous plongeons jour après jour dans l’univers des sportives avec gourmandise. Et cela va bien au-delà du sport : dans leur intimité, au cœur de leurs émotions et de leurs ressentis. Petit florilège de ces filles qui ont définitivement marqué ÀBLOCK!

Lire plus »
JO 2021

JO de Tokyo, la course au drapeau

Pour la première fois, aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo, la France aura deux représentants pour un seul drapeau : une femme et un homme. Un binôme égalitaire pour jouer les porte-drapeaux. Ils sont dix-neuf athlètes à s’être proposés pour porter haut les couleurs françaises. Il faudra attendre début juillet pour savoir qui est sorti du chapeau. Pour l’heure, si on faisait les présentations ?

Lire plus »
Jessy Trémoulière : « Je n’aurais jamais penser faire autant dans le rugby, j’ai juste envie de dire merci.  »

Jessy Trémoulière : « Je n’aurais jamais pensé faire autant dans le rugby, j’ai juste envie de dire merci.  »

Ça y est, c’est fini… Après des années à tout donner pour le maillot bleu, Jessy Trémoulière raccroche les crampons en équipe de France. Elle veut, désormais, se consacrer à sa ferme et retrouver le rugby sans la pression. Dernière chance d’admirer cette grande dame du XV : ce samedi pour la finale du Tournoi des Six Nations 2023, face aux Anglaises, sur la pelouse mythique de Twickenham. Il ne manque que la victoire pour partir en apothéose !

Lire plus »
Bgirl Kimie : « La breakdance, c’est de l’énergie pure ! »

Bgirl Kimie : « La breakdance, c’est de l’énergie pure ! »

Elle est l’une des étoiles montantes de la piste de breakdance, cette danse acrobatique urbaine issue de la culture hip-hop qui fera son entrée dans l’arène olympique en 2024. Kimie Alvarez alias Bgirl Kimie, 15 ans, trimballe sous ses longues nattes de petite fille-modèle une dégaine ultra relax, celle d’une sportive heureuse et appliquée qui « kiffe » danser avant tout. Championne de France et du monde des moins de 16 ans, ce petit ange tournoyant pourrait bien faire un bond pour les JO de Paris.

Lire plus »
Euro féminin de handball 2022 Le récap'

Euro féminin de handball 2022, le récap’

Désillusion pour l’équipe de France. Pourtant en très grande forme lors des premiers matchs de cet Euro, les Bleues chutent par deux fois pour conclure la compétition. Pas de médaille et beaucoup de regrets, le bilan est dur malgré tout le talent du groupe tricolore. Le point sur la compet’.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner