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Amina Zidani « Quand j'ai débuté la boxe, j'ai décidé que les Jeux Olympiques seraient mon objectif. »

Amina Zidani : « Quand j'ai débuté la boxe, j'ai décidé que les Jeux Olympiques seraient mon objectif. »
Elle a un mental de battante, un caractère bien trempé et un objectif assumé : briller lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024. La boxeuse Amina Zidani, médaillée de bronze aux derniers Championnats du monde, championne d’Europe dans la foulée, a déjà validé son billet pour le rendez-vous parisien dans la catégorie des moins de 57 kilos. Rencontre avec une fille qui ne jette jamais les gants.

Par Sophie Danger

Publié le 30 octobre 2023 à 7h46, mis à jour le 30 octobre 2023 à 21h20

Tu es née à Villepinte en Seine-Saint-Denis et tu as grandi au Havre où ta famille s’installe lorsque tu as 4 ans. Petite, tu pratiques différentes disciplines. Le sport, c’était important dans ta famille ?

Le sport a toujours fait partie de moi et ce, dès petite, c’était quelque chose d’assez naturel. Dès que j’ai eu l’âge de faire du vélo, j’ai appris et je me suis lancée. Je voulais faire du roller, j’en ai fait, j’ai également fait du football. Mon père a pas mal pratiqué et c’est lui qui m’a inculqué ça.

Tu as également fait du basket et du karaté. Le basket, tu arrêtes parce que l’équipe ne te faisait pas participer aux matches et le karaté, après une coupure, tu as eu envie de reprendre mais il faut deux ans de licence pour prendre part aux compétitions. C’est ça le sport pour toi, la compétition avant tout ?

J’ai toujours été compétitrice. Pour moi, tout est forcément associé à la compétition, j’aime bien être en compétition pour tout et je crois que c’est là que je donne le meilleur de moi-même.

Qu’est-ce qui te séduit dans l’idée d’être en compétition ? Être en compétition avec toi-même, dominer les autres, les deux ?

 

Honnêtement, je dirais que c’est plus pour moi, mais on ne va pas se mentir, quand on sait qu’on est la meilleure dans un domaine, c’est d’autant plus gratifiant. Le sport sans compétition, j’ai l’impression que c’est inconcevable.

Il y a plein de sports que j’ai envie de pratiquer une fois ma carrière terminée et, même dans ces sports-là, j’ai envie d’essayer de faire de la compétition même si c’est juste pour le plaisir, juste pour le kiff. Si je n’ai pas le temps, si je ne peux pas, tant pis, mais ce serait malgré tout par dépit que je continuerais sans compétition.

Tu envisages déjà des sports que tu pratiquerais post-carrière ?

Oui, le tennis mais aussi le CrossFit. Je n’en ai jamais fait, mais j’en ai entendu parler et ça m’attire.

De toutes les disciplines que tu as pratiquées depuis que tu es enfant, laquelle te procurait le plus de plaisir ?

Le football, sans hésiter. J’ai 30 ans et, aujourd’hui encore, quand je vois un ballon, je ne peux pas m’empêcher de tirer dedans. Quand on va à la plage en famille, il y a ma mère, mes sœurs, toutes sont assises comme des adultes et moi, je joue avec mes neveux, mes beaux-frères et mon mari.

Je n’ai jamais pratiqué en club malheureusement, je n’en ai pas eu l’occasion. À l’époque, ce n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui, il y avait beaucoup moins de sections féminines et je n’avais pas de club proches de chez moi, mais j’aurais vraiment beaucoup aimé en faire en compétition et même à haut niveau.

La boxe arrive assez tard dans ton parcours. Tu as 18 ans, tu traverses une période compliquée, tu es en échec sur le plan scolaire et tu cherches un moyen d’évacuer, de te défouler. Tu tombes alors par hasard sur une vidéo de Laila Ali, la fille de Mohamed Ali, boxeuse et là, c’est le déclic, ça te donne envie de monter sur un ring. Qu’est-ce qui t’a touchée ou impressionnée chez elle pour te donner envie de boxer, un sport que tu n’avais jamais pratiqué et que tu ne connaissais pas ?

Je ne connaissais absolument pas la boxe, je n’en avais jamais fait et, qui plus est, c’est un sport que je n’aimais pas forcément. Je me disais que c’était uniquement avec les poings, que c’était nul, je préférais, et de loin, la boxe thaï où on tape avec les jambes. Laila Ali a chamboulé toutes mes idées. J’ai été attirée par son côté charismatique, c’était une Pretty woman sur le ring, elle était belle, elle dégageait vraiment quelque chose et ça m’a donné envie de lui ressembler.

©Département Seine Maritime/Julien Paquin

Ce qui te rebutait dans la boxe anglaise, c’était uniquement le fait que ça se joue avec les poings ?

Moi, je voulais faire du karaté mais comme ce n’était pas possible, j’ai cherché à faire de la boxe thaï. Je me suis mise en quête de clubs mais c’était compliqué. Aujourd’hui, on va sur Instagram, on tape un mot clé et ça nous sort tous les clubs à proximité de chez nous mais à l’époque, ce n’était pas aussi simple.

Quand j’ai vu Laila Ali, je me suis renseignée pour des clubs de boxe anglaise, on m’en a conseillé un, j’y suis allée et j’ai eu un coup de cœur.

Comment s’est passée cette première fois ?

Le premier club dans lequel je suis allée avant de rejoindre la Don’t Panik Team c’était particulier parce qu’il y avait un coach mais il ne venait que de temps en temps. La plupart du temps, les boxeurs venaient, faisaient leurs séances et rentraient chez eux.

Quand je suis venue la première fois, il se trouve qu’il était là. J’étais avec une amie, nous avons discuté avec lui, il nous a expliqué comment il fallait se tenir, comment il fallait mettre sa garde et, pour moi, il s’est avéré que c’était quelque chose d’assez naturel, d’inné.

Ce jour-là, le coach m’a demandé si j’avais déjà pratiqué et je lui ai dit que non, jamais. Il pensait que je mentais parce que ça avait l’air naturel pour moi. J’ai commencé comme ça et puis, un jour, il m’a parlé d’un club qui venait d’ouvrir, il y avait davantage de filles et l’entraînement était encadré par un coach à chaque séance, je suis allée essayer, c’était la Don’t Panik Team, mon club formateur. 

Amina Zidani dans son club formateur Don’t Panik Team, avec le coach Doudou Zaouiche

Tu as commencé là-bas en janvier 2012 ?

Oui, j’ai dû commencer fin décembre avec le club de l’Olympique Havrais. Je crois que j’y suis allée deux-trois fois avant que le coach ne me conseille d’aller à la Don’t Panik Team.

Quand on t’écoute, on a la sensation que, tout de suite, boxer a été quelque chose de très sérieux, un tremplin pour te mener quelque part. C’était ça ou c’est venu petit à petit ?

J’ai une qualité qui est aussi un défaut : dès que je commence quelque chose, je me donne corps et âme, j’y vais à 100 % et je me dis que je vais réussir. Quand ça ne se passe pas comme ça, c’est une grosse déception, mais quand ça marche, je me dis que c’est normal, que j’ai travaillé pour.

Le basket, par exemple, qui est un sport que j’aimais beaucoup, j’ai voulu en faire à haut niveau dès le début mais ça n’a pas tourné comme je le souhaitais parce que je suis arrivée dans une équipe déjà formée depuis des années, les filles se connaissaient, moi je débutais et il n’y avait pas le droit à l’erreur. C’est ça qui m’a déçue dans les sports d’équipe : quand vous ratez quelque chose, tout le monde vous le reproche. Quand je suis arrivée à la boxe, j’ai eu envie, là aussi, de viser le top niveau et d’être la meilleure.

©Wikipedia

Tu expliques pourtant que, même si tu as eu le coup de foudre pour cette discipline, que tu as été d’emblée bien orientée, entourée, tu as dû faire face aux idées reçues et aux préjugés : tu es une fille, ça va être trop dur pour toi, tu es trop âgée, tu ne fais pas le bon poids… Ça venait de qui ?

Au début, je n’ai pas du tout été confrontée à ça. Dans mon club, il n’y avait pas de questions d’être une fille ou un garçon, on était entre amis et le coach avait le même comportement avec tout le monde. Il nous considérait tous de la même façon, comme des athlètes et c’était la même séance pour tous. Ça, c’est venu un plus tard, quand j’ai fait la connaissance d’autres boxeuses et que j’ai commencé à connaître leurs histoires.

À ce moment-là, on se rend compte que, dans la boxe, il y avait avant énormément de discriminations, des coachs qui ne voulaient pas entraîner les filles, des soirées de gala de boxe où on ne voulait pas de filles parce qu’on trouvait que la boxe féminine était nulle. Moi, je n’ai pas été directement confrontée à ça, si ce n’est pour ce qui est de mon poids parce que, quand j’ai débuté, j’étais un peu enrobée mais en ce qui concerne la boxe proprement dite, une fois que j’ai commencé à faire des compétitions, j’ai fait changer d’avis la plupart de ceux qui avaient des idées reçues sur la boxe féminine.

Pour la petite histoire, un jour, il y a un champion français de boxe qui est venu me serrer la main à la fin de mon combat et m’a remerciée de l’avoir réconcilié avec la boxe féminine.

En 2016, quatre ans après tes débuts, tu décroches le premier de tes cinq titres de championne de France. Il signifie quoi, pour toi, ce sacre ? C’est une confirmation, une revanche, un horizon qui s’ouvre, tout à la fois ?

Ma première participation aux Championnats de France, c’était en 2015 et je passe totalement à côté de ma compétition. Je suis extrêmement déçue et, l’année d’après, je suis revenue motivée comme jamais et je décroche le titre. C’était très important parce que ce sacre, c’est celui qui allait me permettre d’intégrer l’équipe de France et d’être convoquée en stage.

Intégrer l’équipe de France était une priorité pour atteindre le haut niveau. Si on ne fait pas partie de l’équipe de France, on ne peut pas participer aux Championnats d’Europe ni aux Championnats du monde et encore moins aux Jeux Olympiques. Il y avait deux solutions possibles pour moi : passer professionnelle et faire mon petit bout de chemin avec ma team ou atteindre le très haut niveau en boxe olympique. Ce titre m’a ouvert les portes du haut niveau et, à partir de là, j’ai intégré l’équipe de France et j’ai été la numéro 1 chaque année, ce qui a fait que j’ai pu participer à tous ces grands rendez-vous.

2016, c’est l’année des Jeux Olympiques de Rio avec l’argent de Sarah Ourahmoune et l’or d’Estelle Mossely. Elles aussi t’ont ouvert d’autres perspectives, tout comme l’avait fait Laila Ali ?

Très honnêtement, non. Elles étaient inspirantes, mais ça ne m’a pas ouvert d’autres perspectives parce que, à partir du moment où j’ai commencé en 2012, j’ai demandé à mon coach quelle était la compétition la plus importante et qu’il m’a répondu que c’était les Jeux, j’ai donc décidé que c’était ça que je voulais viser.

À partir de cette seconde, ça a été marqué au fer rouge dans ma tête. Estelle et Sarah sont des personnes inspirantes que j’ai rencontrées mais, mon objectif, ça a toujours été les Jeux et ça n’a pas changé depuis.

©FFBoxe

Les quatre années qui suivent sont très riches pour toi, tu continues à briller sur la scène nationale, en 2018, tu deviens vice-Championne du monde Universitaire en moins de 60 et, en 2021, tu passes pro. Si la réglementation olympique n’avait pas permis aux boxeuses professionnelles de prendre part au tournoi olympique, tu aurais tenté l’aventure ou pas tout de suite ?

Pas du tout, je n’aurais absolument pas tenté l’aventure pro. Ça a été autorisé à partir de 2019, moi j’étais toujours amateur. C’est à cause des Jeux de Tokyo, de la déception qui a été la mienne de ne pas y participer, que je suis passée pro. Je voulais participer aux Jeux de Paris mais j’avais besoin de souffler, de voir autre chose.

Les années qui ont précédé, je n’avais plus de concurrence en France et ce, dans chaque catégorie dans laquelle j’ai boxé mais, à l’international, j’ai rencontré des moments très très difficiles. C’est de ma faute parce qu’il y a certaines choses sur lesquelles je devais travailler et que j’ai peut-être négligées, mais ça vient aussi du staff de l’époque, plus précisément de l’ancien coach de l’équipe de France avec lequel, je n’avais pas du tout de bonnes relations.

Avant que j’arrive en équipe de France, j’avais énormément confiance en moi : pour mon coach, j’étais la meilleure. Mais, à partir du moment où je suis arrivée en équipe nationale, je me suis retrouvée avec un entraîneur pour qui je n’étais pas du tout la priorité, à qui ma tête ne devait pas revenir tant que ça, ce qui a joué sur ma confiance et ça s’est vu sur la plupart de mes compétitions.

©Le retour de boxe anglaise News

C’est-à-dire ?

On fait un sport de combat, on prend des coups. Quand on monte sur le ring et que l’on n’a pas confiance en son entraîneur, que l’on n’a pas une vraie relation fusionnelle, c’est très compliqué. J’ai passé cinq-six ans difficiles en équipe de France.

Malgré ça, tu n’as jamais renoncé.

Parfois, quand je me dis que j’ai tenu de 2016 à 2021 avec un coach comme ça et l’ambiance qui allait avec au sein de l’équipe de France, je me demande comment j’ai fait. C’est l’entourage qui te fait tenir, ton objectif aussi, c’est pour ça que tu serres les dents.

Après Tokyo, les résultats catastrophiques des Jeux – zéro médaille et tout le monde qui a perdu au premier tour – ce coach a été viré et maintenant, notre staff, c’est presque comme mes entraîneurs de club, c’est la famille, ce sont des amis. On sent tout de suite la différence par rapport à l’ambiance qui règne au sein de l’équipe, par rapport aux résultats que l’on a pu faire cette dernière année et qui sont historiques : sur le dernier Championnat du monde en mars, on fait trois médailles, un résultat inédit, et on termine première nation des Jeux européens en boxe… Les résultats parlent d’eux-mêmes.

Avec le recul, tu as réussi à comprendre pourquoi tu n’avais pas été retenue pour Tokyo ?

Quand les professionnels ont été autorisés à prendre part aux Jeux à partir de 2019, il a été fait appel à une boxeuse professionnelle qui avait passé pas mal d’années au sein de l’équipe de France et avec laquelle j’étais censée être mise en concurrence. Jusque-là, tout allait bien, la concurrence est ce qui permet d’évoluer mais, à mesure que le temps a passé, on m’a fait comprendre qu’il n’y aurait pas de concurrence entre elle et moi.

À ce moment-là, je suis au fond du gouffre : j’ai une mauvaise relation avec le coach, on privilégie clairement et injustement ma concurrente alors, soit je craque et j’arrête, soit je serre les dents, je cherche une solution et je continue. C’est comme cela que j’ai décidé de descendre dans la catégorie en-dessous, en 57 kilos, en me disant que, là, j’aurais une chance.

©FFBoxe

Ta décision a été acceptée facilement par l’encadrement ?

On a fait une réunion avec l’ancien DTN qui nous a clairement confirmé que, pour les 60 kilos, c’était fini, ils prenaient la boxeuse professionnelle mais en 57, on était quatre et que celle qui décrocherait le titre de championne de France ferait le premier tournoi de qualification européen programmé en mars. Moi, ça m’a mis dans un état d’esprit de lionne, je me disais que la concurrence était équitable et que personne n’aurait ma place.

À une semaine du début des France, la numéro une de la catégorie se retire. Au début, je ne comprenais pas pourquoi, jusqu’à ce qu’il y ait des rumeurs disant que c’était certainement elle qui allait faire le tournoi de qualification.

Et qu’est-ce qui attendait la championne de France ?

Elle était censée faire le deuxième TQO (Tournoi de Qualification Olympique, Ndlr). J’étais déçue mais pas plus que ça, j’avais surtout l’impression d’être bête, de refaire confiance à chaque fois alors que l’on se foutait de moi mais bon, je passe.

Là-dessus, il y a le Covid, les tournois de qualification sont décalés d’un an. Le TQO de mars arrive finalement, la boxeuse retenue ne se qualifie pas, je me dis que le deuxième TQO est pour moi, même si je n’avais pas reçu de sélection officielle et là, je reçois un appel : le TQO est annulé à cause du Covid.

©Tapology

Comment est-ce que tu réagis ?

J’ai envie de tout casser. Ça fait quatre ans que je supporte le coach malveillant, je serre les dents pour ce moment et, là, ce n’est plus possible, je ne peux pas repartir pour trois ans comme ça jusqu’à Paris. Je suis à deux doigts de la dépression et mon coach de club vient à ma rescousse en me disant qu’on va passer pro et on verra comment ça se goupille pour Paris.

Je fais mon premier combat professionnel en avril 2021, j’en refais un en juillet. Les Jeux de Tokyo terminés, j’apprends que le coach de la fédé va être viré, qu’il allait y avoir un nouveau DTN et que tout allait être remis à plat.

Le nouveau DTN était, auparavant, le préparateur physique des filles, ce qui fait que je le connaissais très bien. On a échangé par rapport à la perspective des Jeux de Paris, je lui ai raconté tout mon mal-être, toutes mes déceptions parce que je suis en équipe de France depuis 2016, j’ai fait quelques petites médailles, certes, mais ce n’est pas ce que je vise et surtout, ça ne reflète pas mon niveau. Lui a compris à 100% et sa philosophie est juste magnifique, il a révolutionné le système de la fédération, un système avec de la transparence au niveau de la concurrence, ce qui permet de retrouver la confiance.

©Wikipedia

Ce renouveau se ressent très vite. Le 23 juin dernier, tu décroches le titre de championne d’Europe des moins de 57 lors des Jeux européen de Cracovie et tu valides ton billet pour les Jeux Olympiques de Paris…

Ça a commencé même plus tôt, en mars 2023 avec la médaille de bronze aux Championnats du monde. Pour moi, cette médaille, c’était normal, j’étais même déçue de ne faire que bronze. Ce résultat, j’aurais dû et j’aurais pu l’obtenir il y a bien des années. C’est le reflet d’une période où j’ai 100 % confiance en mon staff, où ma préparation a été bonne, mon régime aussi. Cracovie a été la suite logique de ça.

Quand on est rentrés des Jeux européens et que j’ai dit à mon coach et à mon mari que j’étais championne d’Europe et qualifiée pour les Jeux, je n’y croyais pas. J’étais en mode « c’est normal » alors qu’en réalité, c’est un truc de fou !

Il est souvent dit que le plus difficile, ce n’est pas forcément le tournoi olympique, mais la qualification pour ce tournoi, tu l’as vécu comme ça ?

Oui, c’est très difficile de se qualifier parce qu’en plus, tu n’as pas de têtes de série. Tu as trois combats à gagner pour arriver en demie et décrocher ta qualification sans compter qu’un TQO, ça n’a rien avoir avec des Monde ou des Europe : les gens sont dix fois plus déterminés, tout le monde veut son ticket pour Paris.

Il te reste environ neuf mois pour te préparer, comment tu les abordes ?

Parfois, j’ai envie que ces neuf mois passent vite pour arriver aux Jeux, parfois, j’ai envie de savourer chaque jour passé dans la peau d’une qualifiée olympique un an avant les Jeux.

Plus sérieusement, la difficulté quand on est qualifiée longtemps avant, c’est la stratégie que l’on met en place avec les coachs pour continuer à participer à des tournois, à faire des combats, mais sans trop en faire. Tous les qualifiés mettent des stratégies en place pour ne pas trop rencontrer de potentiels adversaires afin que plus personne ne sache quoi que ce soit sur les uns ou sur les autres.

Tout ça se fait au feeling, au fur-et-à-mesure des mois : est-ce qu’on part sur un combat le mois prochain parce que j’ai besoin de boxer ou est-ce que c’est inutile et on part sur autre chose…? Ce sont des discussions avec les coachs.

©Don’t Panic Team

Le début du tournoi olympique va se dérouler à Villepinte, ta ville natale, joli clin d’œil, ça signifie quelque chose pour toi, c’est une manière de prendre conscience du chemin parcouru, de la réussite qui est la tienne ?

Quand j’ai appris que c’était à Villepinte, j’ai été choquée : trente-et-un ans après ma naissance, je reviens sur mes terres pour la compétition la plus importante dans le monde du sport, et la compétition la plus importante de ma vie ! C’est impressionnant, il n’y a pas trop de mots pour décrire ce que je ressens.

Je ne te demande pas quelles sont tes ambitions pour les Jeux Olympiques, il semble que ça va de soi…

Ceux qui me demandent ce que je vise, je crois que je vais commencer à prendre ça pour une insulte !

Ouverture ©FFBoxe

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