
Quiz : Le volleyball féminin, tu connais ?
Technique, esprit d’équipe, compétitions internationales… Plongeons dans l’univers du volleyball féminin à travers 10 questions ludiques et instructives. Allez, on joue !
Publié le 03 mai 2021 à 11h45, mis à jour le 13 janvier 2025 à 16h58
Tu participes aux Championnats d’Europe de Vilamoura au Portugal jusqu’au 7 mai, juste avant les JO de Tokyo. Comment te sens-tu et quels sont tes objectifs avec Camille Lecointre, ta coéquipière en 470 ?
On se sent bien ! On a bien travaillé durant cette période entre les Championnats du monde à Vilamoura, en mars dernier, et ces Championnats d’Europe.
On a débriefé les Championnats du monde pour analyser ce qui avait pêché (Camille Lecointre et Aloïse Retornaz se sont placées 4e, ndlr). On a eu une coupure complète, du mois de mars dernier au mois de septembre, avec le groupe d’étrangers et ça a été plutôt long…
Mais on a eu la chance de pouvoir reprendre en septembre et partir s’entraîner en Espagne puis au Portugal.
Pour ces Championnats d’Europe qui débutent, on vise évidemment la médaille d’or puisque on a notre titre à défendre !
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©Bernard Le Bars
Comment te prépares-tu mentalement aux JO qui arrivent en juillet et qui seront tes premiers, au contraire de ta coéquipière Camille ?
C’est le produit d’un travail régulier. On a eu beaucoup d’épreuves pour s’y préparer, sur tous ses aspects. La voile est un sport assez complet : avec des aspects physique, matériel, intellectuel et mental.
Rien ne doit être laissé au hasard. On aborde donc tous les aspects de la performance pour être serein le Jour J.
Tu es aujourd’hui championne d’Europe de 470 en double avec Camille Lecointre ainsi que vainqueur de la Coupe du monde de voile et tu as été couronnée du titre de Marin de l’année 2019 avec Camille… La voile a-t-elle toujours été ton sport de prédilection ?
Oui, venant de Brest et étant la fille d’un marin, j’ai commencé très vite, à l’âge de 7 ans, en Optimist. Au début, mes premiers bords ont été un peu timides, mais ça s’est décrispé quand j’ai commencé la compétition, j’avais alors 9 ans. J’ai beaucoup aimé ça, je n’ai plus eu d’hésitations !
J’ai poursuivi en 420 et, à l’âge du Bac, j’ai pris la décision de continuer à haut niveau car j’avais de très bons résultats sportifs, et donc en 470, suite logique, pour aller vers les JO.
J’ai choisi de me professionnaliser tout en continuant mes études en école d’ingénieur pour avoir un métier.
C’est un dispositif spécifique, une convention d’insertion professionnelle qui me permet d’exercer au Crédit mutuel, à Brest, en tant qu’ingénieur dans l’informatique tout en ayant un certain nombre de jours par an de libres à consacrer à ma carrière sportive.
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Comment s’est formé ton duo avec Camille Lecointre ?
On a débuté en équipe, en 2018. Je faisais déjà du 470 depuis 2011 et je connaissais déjà Camille avec qui je m’étais entraînée plusieurs fois en tant qu’élève et coach. Camille rentrait de son congé maternité. On savait qu’elle allait reprendre et, moi, je savais qu’elle était la meilleure sur le circuit en France pour aller aux Jeux Olympiques de Tokyo.
On s’est contactées et la mayonnaise a pris assez vite entre nous et sur l’eau ! En quelques mois, on était déjà aux avant-postes sur les compétitions internationales.
Et puis, on avait le même projet, le même objectif, notre détermination à aller chercher l’or aux JO de Tokyo !
On partait donc sur une aventure de deux ans et demi qui s’est avérée s’allonger d’une année de plus…
©Bernard Le Bars
Comment s’opère la dynamique sur votre bateau ?
On a une répartition des rôles assez précise, dès le début, car on a commencé à naviguer ensemble assez tard par rapport à l’échéance des JO. Normalement, un équipage navigue quatre ans ensemble. On a donc tout fait pour perdre le moins de temps possible, en s’entourant des bonnes personnes, comme l’ancien entraîneur de Camille qui s’est embarqué dans l’aventure, Gildas Philippe. Je le connaissais bien quand je faisais du 420. On avait donc un sacré trio paré pour l’équipée !
On s’est aussi entourées très vite d’une préparatrice mentale qui nous a permis de mieux apprendre à nous connaître et de mieux réagir aux réactions de l’autre. Ça nous a fait gagner beaucoup de temps !
À bord, on s’est réparti les rôles pour ne pas se marcher dessus l’une l’autre ce qui veut dire : se partager rigoureusement les décisions tactiques à prendre à bord.
On essaye aussi de compenser les réactions de chacune vu qu’on ne réagit pas forcement de la même manière, quand on est en stress, par exemple !
Travailler en duo, avec une autre personne, c’est assez compliqué, c’est pour ça que c’est bien de se connaître et d’avoir la même envie !
On n’a pas besoin d’être meilleures amies même si, avec Camille, on peut dire qu’on passe notre vie ensemble !
On se voit plus qu’avec nos familles et amis. Le plus important, c’est d’être les meilleures collègues, d’arriver à travailler ensemble avec le même objectif.
Quel est ton point fort et ton poste sur le bateau ?
La tactique ! Je suis bonne sur la prise de décisions au près, c’est-à-dire quand on monte vers le vent, puis pour la gestion de la flotte des adversaires, la direction à prendre et comment gérer l’intensité du vent.
Moi, je suis équipière, à l’avant sur le bateau et Camille, la barreuse, est à l’arrière. On n’a donc pas les mêmes contraintes physiques. Je travaille beaucoup sur le cardio – séances en vélo, rameur et course à pied – et le renforcement musculaire du haut du corps (bras, épaules et trapèzes) sans oublier le gros travail sécuritaire car on fait des gestes traumatisants pour le corps et le dos.
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Qu’est-ce qui te plaît dans ce sport et dans ce bateau en particulier. Quels sont tes ressentis sur l’eau ?
Ce que j’aime dans le 470, c’est que c’est un bateau très complet, qui offre de bonnes sensations dès le moment où le vent commence à se lever. Il combine beaucoup de choses.
Contrairement aux nouveaux supports à foil qui entraînent la rapidité, le 470 permet de faire des manœuvres, il y a beaucoup de travail de tactique et de navigation très au contact des autres bateaux.
Il y a tout un jeu très intéressant – et très serré ! – avec la flotte, les adversaires. C’est ce qui me passionne !
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Tu te sens dans ton élément sur l’eau ?
D’une manière générale, j’ai beaucoup de mal à rester loin de la mer, loin de l’eau. Tous mes autres sports favoris tournent autour de ça, le surf, les supports à foil, j’adore ça !
La voile, c’est vraiment une passion, d’abord pour la mer et, après, parce que c’est un mix de beaucoup de compétences autour de la performance : physiques, matérielles, tactiques, intellectuelles.
J’aime ce challenge de réussir à gérer toutes ces composantes. Et puis, grâce au haut niveau, je suis amenée à beaucoup voyager, c’est le rêve !
Peux-tu me citer un moment de ta carrière où tu t’es sentie voler sur l’eau et, à l’inverse, un moment où tu t’es sentie submergée. Qu’as-tu retiré de ces deux expériences marquantes ?
Les mauvais moments aident souvent plus que les bons moments…
Le bon moment pour moi, c’était à la fin de l’été 2019 après une saison très chargée avec beaucoup d’épreuves. On est alors au Japon depuis cinq semaines, on a fait 3e aux Championnats du monde et on termine par le Test Event (la répétition générale des JO de Tokyo, ndlr) en gagnant !
C’était un super moment qui nous a permis de souffler et de terminer sur une belle note ce travail de toute une année. C’était une délivrance et une récompense par rapport aux mauvais moments passés en… 2018.
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C’est l’été 2018 qui a justement été source d’enseignements. Aux Championnats du monde, on termine 4e sur la dernière manche, sur la Medal Race. On navigue super mal, on perd nos moyens et c’était une des premières compétitions avec un gros enjeu où on était en duo avec Camille.
Ça a été très dur à encaisser parce que je n’avais pour ainsi dire jamais été confrontée à une telle perte de moyens dans mon parcours de voile.
Ça nous a fait beaucoup réfléchir, on a décidé de travailler sur la navigation sous pression ensemble, notamment avec l’aide de notre préparatrice mentale. Et ça a été une réussite parce que, d’un de nos points faibles, on a fait une vraie force : maintenant, on est reconnues sur les Medal race !
Ce qui nous a fait changer la donne ? L’acceptation de naviguer sous stress. On a tendance à dire que le stress n’est pas une bonne chose et qu’il faut l’éradiquer à tout prix. Mais, à la fois dans la vie de tous les jours et dans de telles compétitions à haut niveau, le stress est quelque chose de normal, il faut savoir garder la tête froide malgré tout, garder le cap !
©Sylvie Beekandt
Si tu pouvais nous emmener sur l’eau avec toi au cœur de la manœuvre dont tu es la plus fière…
C’est sur cette épreuve du Test Event au Japon, en 2019. Sur la ligne de départ de cette dernière manche, on est dans un match très serré au niveau des points.
La position avantageuse sur la ligne est de partir sur la gauche des autres bateaux. C’est un combat pour cette place-là que l’on arrive à piquer aux Anglaises au dernier moment. On parvient à partir le plus à gauche de la ligne dès le départ, à avoir la position avantageuse et on se livre à une belle bataille pendant toute la manche.
Au moment du départ, j’ai eu à faire beaucoup de petites manœuvres qui s’enchaînent. C’est la coordination avec Camille qui décide de l’angulation du bateau et, moi, je donne les infos tactiques.
L’arrivée triomphale après l’épreuve du Test Event au Japon, en 2019.
Quand tu embarques sur le 470, quel est ton état d’esprit général : la gagne ou le stress ?
Je suis compétitrice, ça me stimule vraiment les compétitions et d’avoir la concurrence tout autour. C’est comme un jeu pour moi.
Et je ne suis pas très souvent stressée, c’est pour ça que, lorsque c’est arrivé en 2018, ça a été surprenant et déstabilisant pour moi.
Je suis de nature assez exigeante envers moi-même et envers les autres donc, sur le moment, je n’ai pas très bien vécue cette perte de moyens.
Je me souviens toujours d’une phrase depuis cet épisode de 2018 : « L’échec est la source de tous les succès ». Et c’est vrai qu’on apprend plus de nos échecs que de ce qu’on gagne. Parce qu’on se dit que tout est rose, on ne voit pas les détails qui ont fait défaut…
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As-tu un porte-bonheur ou un rituel avant une compétition ou une course importante ?
Oui, parce que je suis un peu superstitieuse ! Avec Camille, on est du genre à remettre nos casquettes bleues si ça a bien marché pour nous la fois d’avant.
Et moi, j’ai toujours le même rituel avant chaque compétition : j’écoute de la musique le matin pour me booster !
Est-ce que le milieu de la voile de haut niveau est accueillant pour les athlètes féminines ?
Quand on commence, toutes jeunes, en tant que filles, c’est peut-être un peu moins dans nos gènes d’aller vers des sports en extérieur. Moi, je sais que j’avais peur quand il y avait du vent. À Brest, en automne, c’est pas drôle !
Mais je me suis très vite fait un groupe de copains et on a eu la chance de faire des petits déplacements au sein de la région et au plan national.
C’était super sympa ! Je me suis donc toujours entraînée avec des hommes ou au milieu des hommes et encore aujourd’hui.
Tu ne ressens donc aucune différence de traitement ?
Le milieu du 470, c’est une grande ouverture d’esprit et une ambiance très chaleureuse. Je me suis fait aussi beaucoup d’amis à l’étranger, sur le plateau international.
Et puis, la particularité du 470, c’est que c’est le même support pour les hommes et pour les femmes. On peut donc s’entraîner avec eux, il y a une vraie égalité.
Surtout que, selon les conditions météo, s’il y a moins de vent, les femmes, qui sont davantage dans la finesse et plus légères, sont avantagées. À l’inverse, quand il y a beaucoup de vent, les hommes, plus lourds et plus puissants, tiennent un peu mieux le bateau que les femmes.
La différence homme/femme dans la voile, c’est un non-sujet pour moi. Je ne me suis jamais sentie inférieure en tant que femme parce qu’en voile, on est dans le même bateau avec les hommes !
©Ewan Lebourdais
Qu’est-ce que la voile à haut niveau, les compétitions, les challenges, t’ont apporté dans ta vie quotidienne et ta vie de jeune femme ?
Plein de petites choses ! On travaille sur soi, on prend confiance, on apprend à se gérer avec un planning chargé, à mener plusieurs projets de front, à contrôler ses émotions… On apprend à être polyvalente pour mener de front vie perso, vie sportive, vie professionnelle.
L’expérience du haut niveau aide à affiner ses relations humaines, je le ressens au travail. Je sais travailler en équipe, être performante à des moments précis, à gérer le stress et à répondre à des exigences de résultats.
Le sport est une vraie école de la vie. Par exemple, on ne fait pas que naviguer avec Camille, on fait aussi des travaux manuels avec nos bateaux, on est multitâches !
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Tu mènes de front une carrière sportive et une carrière pro en tant qu’ingénieure, comment gères-tu ça ? Il n’est pas possible de gagner sa vie en tant que sportive de haut niveau dans la voile ?
Quand on est en équipe de France, il y a une sorte de salaire minimum, mais dont je ne bénéficie pas puisque j’ai choisi le système qui permet de conjuguer la double carrière professionnelle et sportive. S’il n’y avait pas ces systèmes en France, on ne vivrait pas correctement.
Et l’investissement sportif est énorme. Même si on connaît des moments extraordinaires, c’est aussi beaucoup de sacrifices. Les sponsors, eux, nous aident sur le côté défraiement de matériel plus que sur la rémunération.
Que dirais-tu aux femmes pour qu’elles n’hésitent pas à se jeter à l’eau ?
Je pense que la voile pour les femmes est une vraie chance car il n’y a pas de différenciation homme/femme.
Comme on le voit en 470, il y a une vraie mixité, on a accès à tous les supports olympiques, on peut naviguer avec un homme. Je trouve ça super enrichissant de pouvoir travailler en mixte.
Quel est ton plus grand rêve sportif ?
Décrocher la médaille d’or aux JO ! Le reste, à savoir mes objectifs de carrière, ce sera pour plus tard. Je pense tout de même que je vais continuer en olympisme.
Mais tout dépend de ce qui va se passer aux Jeux. De toute façon, je vais me battre pour que le rêve se réalise !
Aloïse Retornaz et Camille Lecointre, en route vers Tokyo !
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