L’été dernier, Gabby Williams et Dominique Malonga ont annoncé leur forfait pour l’Euro 2025 le même jour, depuis Seattle, où les deux joueuses évoluent au Storm. Quelques jours plus tard, Carla Leite emboîtait le pas, invoquant elle aussi ses « engagements avec [son] club en WNBA », sur Instagram. Puis Marine Johannès, après un « temps nécessaire de réflexion », renonçait à son tour. Quatre départs, un seul motif à chaque fois : la ligue américaine, son calendrier, ses enjeux de rotation, ses places de titulaire à défendre.
Les Bleues restantes ont fait ce qu’elles ont pu. Portées par Migna Touré, elles ont atteint les demi-finales, où elles n’ont perdu que d’un point face à l’Espagne (64-65), avant de s’incliner largement contre l’Italie en petite finale (54-69). Résultat : une 4e place, et la première participation à l’Euro sans médaille depuis 2007. Ce n’est pas un naufrage. C’est simplement l’addition, visible sur une feuille de match, de ce que coûte une absence.
Il ne s’agit pas de reprocher aux joueuses leur choix. On ne peut pas leur demander de sacrifier une place de titulaire dans une ligue qui grandit chaque année, où les contrats se jouent sur des détails, pour un maillot bleu qui ne paie pas le loyer. Le problème n’est pas individuel, il est structurel : plus la WNBA gagne en puissance et en visibilité, plus elle impose son calendrier au reste du monde — et les fédérations nationales, elles, s’adaptent en silence, en espérant que tout le monde revienne à temps pour l’échéance qui compte vraiment.
Alors les revoilà de nouveau soudées, à Berlin, pour un Mondial de basketball (Coupe Du Monde Fiba 2026) qui sert aussi de première marche vers Los Angeles 2028 : un quota olympique est en jeu pour la meilleure nation pas encore qualifiée. On ne saura jamais ce qu’aurait donné l’équipe au complet en Grèce l’été dernier. Mais on sait déjà ce que ça fait de jouer une échéance majeure amputée de son collectif et que ce sport-là a changé d’échelle au point que même l’équipe de France doit désormais composer sans certaines de ses meilleures joueuses, un match sur deux.
Les Bleues au complet, ce n’est plus un point de départ. C’est devenu un événement.