Ça n'engage que moi...

Marie Petitcuénot : « Sportive, sois belle… et joue ! »

marie petitcuenot

Par Marie Petitcuénot, fondatrice du Podcast des femmes libres, "Michelle"*

Publié le 26 février 2020 à 9h23, mis à jour le 19 mars 2021 à 15h30

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Pour une sportive, mieux vaut surveiller les courbes de ses hanches que de ses performances.

Dès 2016, Silvana Lima, la plus grande surfeuse brésilienne avait déjà dénoncé le peu d’appétence des sponsors pour son physique trop commun.

Eut-elle été mannequin, eut-elle choisi la chirurgie esthétique, elle n’aurait pas eu tant de difficultés à payer ses billets d’avion pour les compétitions… Son coup de gueule lui a permis d’être la première sportive sponsorisée par une crypto-monnaie.

Mais les marques de luxe ne l’ont toujours pas contactée.

La surfeuse française Tessa Thyssen, championne du monde junior, s’est séparée de son sponsor, trop friand de bikinis et de clichés sexy sur Instagram.

Si vous épluchez la presse, vous trouverez plus d’articles sur «  ces sportives qui auraient pu être mannequins » que d’analyses sur la supériorité technique d’une lutteuse gréco-romaine ou d’une épéiste.

Cela me rappelle lorsque, dans ma jeunesse, l’équipe de basketball d’Australie avait remisé short et tee-shirt larges pour adopter une combinaison entièrement moulante. Et la capitaine, penaude, d’expliquer qu’il fallait bien attirer les spectateurs pour que le basket féminin soit enfin reconnu.

Sur un terrain, dans la rue ou dans les foyers, seul le désir masculin aurait-il le pouvoir magique de faire exister les femmes ?

Féminine avant d’être talentueuse

Inutile de dire qu’en ce qui concerne les hommes, les sponsors se fient à leurs performances, à elles seules. Que ni la beauté ni la laideur ni même le niveau de nudité n’interviennent dans le nombre de spectateurs.

Mélissa Plaza résume, lors de la dernière Coupe du monde de football féminin : «  On nous demande d’être féminines avant d’être talentueuses ».

Je propose que l’on généralise très rapidement, et dans tous les sports, les équipes mixtes.

Pour que les femmes aient les mêmes moyens de s’entraîner. Pour qu’on les voit aussi s’imposer face à des hommes. Tout ne se règle pas à coup de masse musculaire pure.

Quand les femmes seront des compétiteurs comme les autres, on n’osera plus leur demander d’être décoratives.

*Marie Petitcuénot est la créatrice du podcast Michelle qui raconte des histoires de femmes libres. Pour ÀBLOCK!, elle donne la parole à des “sportives libres”…

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest
Partager sur email

Vous aimerez aussi…

Margaux Hubeny

Margaux Hubeny : « Sur ma moto, je n’ai pas peur, je me sens vivre ! »

Équipements et moto rose, comme un étendard, elle tient à démontrer que, sur la piste, les femmes aussi font surchauffer le moteur ! En 2019, cette douanière de 23 ans rafle le titre de Championne de France 600cc lors de la Women’s Cup. Surnommée « l’extraterrestre », Margaux Hubeny est une autodidacte du deux roues. Cette victoire est le premier titre d’une longue série pour une prodige de la piste qui n’est pas prête d’en sortir. Accrochez-vous, ça va secouer !

Lire plus »
bigorexie

Bigorexie : Enquête sur une maladie du sport tabou

Il n’existe pas de stats, très peu d’études sur le sujet. La bigorexie ou addiction au sport est pourtant une maladie reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2011. Mais dans une société où le sport se doit d’être synonyme de bien-être, les répercussions physiques et psychiques liées à une pratique excessive sont très souvent éludées. Enquête sur une pathologie tabou.

Lire plus »
Mélanie et Guillaume Touzot

Wasani, l’appli qui veut faire bouger le sport

Rassembler les amateurs et acteurs du sport, soutenir les fédérations, c’est l’ambition de Wasani. Cette application, lancée il y a trois ans, souhaite faciliter la pratique sportive et permettre à tous de partager des valeurs et des moments inoubliables. Tout simplement.

Lire plus »

JO 1928 : Lina Radke, l’athlète trop « disgracieuse » pour courir

Elle s’appelait Karoline Radke-Batschauer dite Lina Radke. Pionnière de l’athlétisme, cette Allemande qui courait comme un lièvre fut la première médaillée d’or olympique au 800m, mais aussi la dernière jusqu’en…1960. Après sa victoire, l’épreuve fut tout bonnement supprimée. Miss Radke avait manqué de grâce en franchissant la ligne d’arrivée…

Lire plus »
Camille Prigent

Camille Prigent : « Le kayak, ça t’apprend la résilience… »

Tombée dans la marmite tourbillonnante du kayak quand elle était petite, la kayakiste de 22 ans semble voler sur l’eau depuis son titre aux JO de la Jeunesse et ses victoires en championnats nationaux, européens et mondiaux. La tête sur les épaules et armée d’une motivation sans faille, Camille Prigent trace avec détermination son sillon pour Paris 2024.

Lire plus »
Cendrine Browne

Cendrine Browne, la skieuse qui respire à fond

Elle a la glisse dans le sang. La canadienne Cendrine Browne est une fondue de ski. C’est le cas de le dire car elle, son truc, c’est le ski de fond, un sport qui la fait vibrer. Venue tardivement à la compét’, elle a découvert un espace d’expression et de liberté inattendu. Aujourd’hui, elle s’engage pour que les filles aient toute leur place dans le monde enneigé des sportifs.

Lire plus »
Trophées FemixSports

Les Trophées Femix’Sports, 4e !

5 catégories pour 15 prix. L’asso Femix’Sports vient de lancer la quatrième édition de ses Trophées récompensant sportives, arbitres, bénévoles et fédés, autant de personnalités engagées dans le sport féminin. À vous de voter !

Lire plus »

Manon : « J’ai longtemps cru que certains sports étaient réservés aux mecs ! »

Sportive tous azimuts depuis toujours – de l’équitation au tennis en passant par la course à pied, Manon n’aurait cependant jamais pensé soulever de la fonte un jour. Dans son esprit, c’était du « sport de mecs ! ». La passion communicative de son copain lui a fait pousser la porte d’une salle de CrossFit et, depuis, elle se sent plus forte. Un joli parcours d’ouverture d’esprit et d’émancipation par le sport.

Lire plus »
Sophia Popov

Sophia Popov, la golfeuse qui rêve en green

Affaiblie par la maladie de Lyme et à deux doigts de ranger ses clubs à jamais, elle a finalement gagné son tout premier Grand Chelem cet été. La golfeuse américano-allemande est un exemple de persévérance. Son conte de fées ou plutôt de « tees » (puisqu’on parle de golf…) entre illico dans la belle histoire du sport !

Lire plus »
Clarisse Agbegnenou

Clarisse Agbegnenou : 5 infos pour briller en kimono

Désignée porte-drapeau de la délégation française aux JO de Tokyo 2021 au côté du gymnaste Samir Ait-Saïd, elle est multiple médaillée en trois couleurs, et surtout de la plus belle… l’or. La judokate a su s’imposer sur les tatamis et devenir l’une des meilleures combattantes mondiales. Retour sur 5 infos marquantes de la carrière de Clarisse Agbegnenou.

Lire plus »
Martina Hingis

Martina Hingis, la « Swiss Miss » qui jouait au tennis comme on joue aux échecs

Plus jeune N°1 mondiale de l’histoire du tennis, la Suissesse Martina Hingis est une championne qui marqua aussi les esprits par sa défaite tragique à Roland-Garros en 1999. Elle a remporté 25 tournois du Grand Chelem (en simple et en double) au cours de sa carrière mais seule la terre battue parisienne lui aura fait défaut, et par deux fois ! Retour sur une surdouée du tennis au jeu rare et au caractère bien trempé.

Lire plus »
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Retour en haut de page

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

GDPR cookie consents with Real Cookie Banner