Amélie : « Quand je vole, j’aime cette sensation de liberté et d’adrénaline. »Adepte de vol en planeur, 21 ans, en formation de pilote de ligne

IMG_1565gimpgimp2

Propos recueillis par Faustine Magnetto

Publié le 08 juillet 2020 à 20h24, mis à jour le 29 juillet 2021 à 15h15

« J’ai toujours été sportive, ça va faire plus de douze ans que je pratique l’athlétisme et surtout le sprint.

 Petite j’habitais à côté de l’aérodrome de Fayence, je voyais tous les jours les planeurs voler au-dessus de chez moi. Un jour, ma mère m’a proposé d’entrer à l’école départementale de vol à voile pour essayer. Je me suis dit  : « Pourquoi pas ? »

Après avoir passé les épreuves théoriques, je réalisais à 15 ans mon premier vol en solo et depuis je n’ai pas arrêté. Les membres de l’école départementale sont toujours très contents de former des femmes et de voir la pratique du planeur se féminiser.

IMG_1555

Au départ, c’était plus une découverte, puis ça a pris une place importante dans ma vie. J’aimais de plus en plus être dans les airs et je me suis rendu compte que je voulais en faire mon métier. Travailler dans l’aéronautique n’était pas un rêve de petite fille, cela s’est fait progressivement. 

Mon premier vol je m’en souviens, c’était un gros coup de stress ! Mais c’était surtout l’excitation de se retrouver toute seule en l’air. Un pur bonheur ! Tu décolles et tu te dis qu’il va falloir poser toute seule ce planeur. C’est un peu stressant mais la fierté ressentie à l’arrivée est incroyable.

IMG_1557

Quand je vole, j’aime cette sensation de liberté et d’adrénaline. Être seule avec les éléments de la nature, c’est accéder à un autre monde. J’aime être livrée à moi-même face aux éléments et devoir m’adapter sans cesse pour rester le plus longtemps en l’air. Chaque vol est unique. Les conditions météorologiques changent constamment, c’est toujours intéressant de les analyser.

 Il m’est arrivé d’avoir peur, mais très souvent après coup. Je me souviens d’une fois ou j’étais en stage à Saint-Auban, au Centre National de vol à voile. Il s’agissait d’un lâché machine et la sonde Pitot s’est bouchée donc je n’avais plus de badin, le manomètre qui indique la pression. Le remorqueur m’a ramené en zone de perte d’altitude, mais je ne connaissais pas la machine, je n’avais aucune idée de la vitesse à laquelle je volais pour pouvoir me poser.

Heureusement, tout s’est bien passé, mais après coup je me suis dit qu’un accident aurait pu se produire. Pour gérer ce type de situation il faut garder son calme et être très rigoureux.

IMG_1556

Le planeur m’a beaucoup aidé pour le pilotage quand j’ai commencé l’avion. Ça m’a permis de mieux sentir la machine, même si les sensations n’étaient pas les mêmes. On les ressent beaucoup moins en avion, contrairement au planeur. En planeur, je suis obligée de me fier à mes sensations pour piloter.

Aujourd’hui, je veux faire de ma passion mon métier. Je suis en deuxième année de formation de pilote de ligne. Certains vivent du planeur, mais mon métier de rêve reste pilote de ligne. Une fois diplômée, je pense continuer à voler pour le plaisir dans les aéroclubs que ce soit en planeur ou en petit avion à moteur. Au-delà de la pratique sportive, faire du planeur m’a apporté de la maturité et m’a appris à prendre des décisions.

 Les portes des aéroclubs et des écoles de pilotage sont ouvertes et je conseille vivement aux femmes qui en ont envie de se lancer. Il faut sauter le pas !  »

Elles aussi sont inspirantes...

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le marathon de Paris ! »

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le Marathon de Paris ! »

Elle s’est longtemps rêvée danseuse. Jusqu’à la blessure. Et puis il y a eu l’aventure Miss France, et une victoire à Pékin Express. Pour ses 23 ans, Marion Navarro avait envie d’une nouvelle aventure qui lui permettrait de repousser encore un peu plus ses limites. La Team Running Intersport lui en a apporté une sur un plateau : le Marathon de Paris qui s’élancera ce 12 avril et que la néo-runneuse envisage de boucler en 5 heures.

Lire plus »
Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Marion Joffle

Marion Joffle : « Quand je nage dans l’eau glacée, je suis comme dans une bulle. »

Elle a goûté à l’eau froide, il y a quatre ans. Depuis, Marion Joffle enchaîne les défis, établit de nouveaux records mondiaux et rafle toutes les médailles sur son passage, avec comme unique objectif de se dépasser. La nageuse surnommée « Le Pingouin », le prouvera encore, en 2022, avec la traversée de la Manche. Nous l’avions suivie lors des Mondiaux en eau glacée, juste avant la pandémie, en Slovénie. Fraîche rencontre avec une fille joyeusement « givrée ».

Lire plus »
Eve Périsset, à force de détermination

Eve Périsset, à force de détermination

La constance paye. Grâce à ses années d’expérience dans différents clubs, Eve Périsset est toujours à la lutte pour une place de titulaire avec les Bleues. Sa polyvalence, ses ambitions et sa (déjà) grande connaissance du terrain ont fait la différence.

Lire plus »
Isabeau Courdurier : « Retrouver du plaisir en VTT m’a permis de sortir de mes comportements destructeurs. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Du ski, du rugby, du VTT (Isabeau Courdurier sur notre photo), de la breakdance… Des héroïnes, des légendes, des championnes, la semaine a été riche encore une fois sur ÀBLOCK! Séance de rattrapage pour ne rien manquer du sport féminin qui fait bouger les lignes. Bonne lecture !

Lire plus »
Jean Griffet : « Le corps féminin culturiste est une forme d’égalitarisme extrêmement puissant .» Bev Francis

Jean Griffet : « Le corps féminin culturiste est une forme d’égalitarisme extrêmement puissant .»

La culture du muscle chez la femme. C’est tout l’objet de l’étude de Jean Griffet qui s’est intéressé au corps féminin culturiste. Un corps, aujourd’hui disparu en France, dans lequel ce professeur émérite en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l’université d’Aix-Marseille II, voit un profond vecteur d’équité entre hommes et femmes.

Lire plus »
La question qui tue

En sport, la récup, c’est obligé ?

On les adore ces séances où on pète la forme, où tous les exercices nous semblent easy, où on se dépasse en mode “même pas mal“. Forcément, ça donne envie de recommencer. Vite, trop vite. Et c’est là que la récupération joue son rôle. Pas convaincu ? Lis plutôt la réponse de notre coach, Nathalie Servais !

Lire plus »
Il était une fois le squash… féminin Heather McKay

Il était une fois le squash… féminin

Sport longtemps méconnu dans l’Hexagone, le squash sera mis en la lumière aux JO 2028 de Los Angeles, l’occasion pour ABLOCK! de revenir sur l’histoire de ce sport qui n’a pas attendu pour mettre les femmes au centre des courts.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner