
Sandra Pétrus
Du haut de son 1,50m, Sandra Pétrus se présente comme « une femme accomplie, professionnellement et personnellement ».
Publié le 18 novembre 2021 à 16h40, mis à jour le 18 janvier 2022 à 18h47
C’est ce que l’on appelle un finish d’anthologie. Le 25 février 2018, Marit Bjørgen franchit l’arrivée du 30 kilomètres classique en tête, au terme d’un rodéo quasi solitaire, reléguant la Finlandaise Krista Pärmäkoski et la Suédoise Stina Nilsson, ses principales rivales, à presque deux minutes.
Un temps d’avance et une classe d’écart pour la fondeuse norvégienne qui décroche, à presque 38 ans, le huitième et dernier or d’un marathon olympique débuté seize ans plus tôt à Salt Lake City aux États-Unis.
À l’époque, la native de Rognes, fourbit ses armes sur le circuit Coupe du monde. Les débuts sont discrets mais Marit Bjørgen progresse et s’invite de plus en plus régulièrement dans le Top20.
Retenue pour participer aux Jeux américains avec l’équipe de Norvège, elle tente sa chance sur le 15km libre mass start, le 30km classique et le 4x5km. Trois occasions de briller pour la jeune athlète qui va mettre à profit cette virée dans l’Utah pour décrocher sa première médaille internationale, l’argent du relais.
Quatre ans plus tard, lorsqu’elle se présente à Turin, Marit Bjørgen a changé de stature. Victorieuse du gros globe l’hiver précédent, elle fait désormais figure de femme à battre.
Annoncée comme la grande favorite du rendez-vous italien, tout ne va cependant pas se passer comme elle l’aurait souhaité. Diminuée par des douleurs à l’estomac qui la handicaperont durant toute la quinzaine, la championne du monde de sprint 2003 est contrainte, d’emblée, de renoncer à ses ambitions en poursuite.
©Instagram/Marit Bjørgen
Une déception immense pour la Scandinave qui va malgré tout tenter, vaille que vaille, de mener à bien son programme olympique. Au pied du podium dans le sprint par équipe (4e), elle parvient à se remobiliser pour le 10km classique.
Battue par l’Estonienne Kristina Šmigun, elle réussit néanmoins à tenir à distance sa compatriote Hilde G Pedersen pour s’offrir son deuxième argent olympique, le premier en individuel.
Trop juste pour réitérer la performance en relais (5e), elle referme sa chaotique parenthèse piémontaise sur une décevante 18e place en sprint libre.
La revanche aura lieu à Vancouver. Marit Bjørgen a décidé de faire de ces Jeux son objectif numéro 1 et le prouve d’entrée en s’adjugeant le bronze du 10 kilomètres.
Deux jours plus tard, c’est la consécration. Engagée sur le sprint individuel, elle passe la ligne en tête et remporte le premier titre olympique de sa riche carrière. Un carton plein pour la Norvégienne qui continue sa razzia avec l’or du skiathlon et du relais 4×5 kilomètres.
Reste le 30 kilomètres classique. Après un début de course sans faute, Marit Bjørgen s’échappe en compagnie de Justyna Kowalczyk. Seules au monde durant les 5 derniers kilomètres, la championne du monde 2007 de la spécialité et la tenante du gros globe vont alors se livrer une bataille épique.
Un duel au sommet qui va finalement tourner à l’avantage de la Polonaise au terme d’un finish haletant. Privée d’or pour seulement 8 centièmes de secondes, “Gull Marit“ – “Marit en or“ comme la surnomme la presse norvégienne – se console avec un ultime titre, honorifique celui-ci, d’athlète la plus médaillée des 21e Jeux Olympiques d’hiver.
©CIO
Sotchi va lui permettre de marquer, plus encore, l’histoire de sa discipline. Revenue au premier plan en Coupe du monde avec notamment un troisième gros globe décroché en 2012, Marit Bjørgen entame sa campagne russe de la plus belle des manières avec une victoire en skiathlon.
L’or du sprint par équipe en poche, elle tente une fois de plus sa chance sur le 30 kilomètres classique. Après l’échec de Salt Lake City et la frustration de Vancouver, ce troisième essai va se révéler être le bon.
Enfin sacrée dans l’épreuve reine, la fondeuse de Rognes, désormais dix médailles olympiques à son actif, rejoint la Soviétique Raisa Smetanina et l’Italienne Stefania Belmondo au panthéon des athlètes féminines les plus récompensées des Jeux Olympiques.
©CIO/J.Huet
Il faudra attendre 2018 et les Jeux de PyeongChang pour qu’elle y règne en solitaire. Marit Bjørgen a alors 37 ans et participe à ses cinquièmes Jeux Olympiques.
Elle sait, avant même qu’ils ne débutent, qu’ils seront ses derniers. Après plus de quinze années passées à arpenter les pistes du monde entier, “Gull Marit“ a envie d’autre chose.
Reste à finir en beauté afin de pouvoir tourner sereinement la page. Et ne rien regretter.
Première épreuve, première médaille avec l’argent du skiathlon. Cinq jours plus tard, c’est le bronze du 10 kilomètres qui tombe dans son escarcelle.
©CIO
Victorieuse du relais 4×5 kilomètres devant la Suède et la Fédération de Russie, elle s’empare, dans la foulée, du bronze du sprint par équipes en style libre.
Il faudra patienter encore quatre jours pour assister à son triomphe dans le 30 kilomètres classique.
Huit ans après Vancouver, la Scandinave réalise un carton plein en bouclant, pour la deuxième fois de sa carrière, sa campagne olympique par un insolent 5/5 : cinq épreuves disputées, cinq médailles récoltées !
Des adieux tout en maîtrise pour Marit Bjørgen qui prend, enfin, le temps de faire les comptes. Avec quinze médailles dont huit en or, la Norvégienne devient l’athlète la plus titrée des Jeux d’hiver et ce, tous sexes confondus.
©Twitter/Marit Bjørgen
Non contente de devancer de deux unités son illustre compatriote, Ole Einar Bjørndalen, légende du biathlon, la future retraitée s’invite également dans le trio de tête des athlètes les plus récompensés de l’histoire des Jeux, éditions hivernales et estivales confondues, aux côtés du nageur américain Michael Phelps -28 médailles- et de la gymnaste soviétique Larisa Latynina –18 médailles-.
Marit Bjørgen est définitivement et sans contestation la queen norvégienne du ski de fond.
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