
En 2023, le rugby nous invite au coeur de la mêlée !
Plaquez tout ! Le premier festival mondial du rugby amateur se déroulera du 22 au 30 septembre 2023 en région Sud, en parallèle de la Coupe du monde pro. Ça va dépoter !
Publié le 12 octobre 2026 à 11h37, mis à jour le 12 octobre 2026 à 11h38
Tu es athlète, tu es également professeure de capoeira, un art martial brésilien qui t’a consacrée championne du monde en février dernier. Est-ce que ce titre a eu un impact sur ta vie ?
Est-ce que la compétition a changé ma vie ? Je dirais qu’elle m’a ouvert beaucoup de portes. Grâce à elle, j’ai réussi à partager la capoeira au-delà du réseau consacré. En revanche, la compétition n’est pas fondamentale dans mon parcours parce que la capoeira est intimement liée à la culture afro-brésilienne, il y a un côté artistique très important dans sa pratique. La compétition est une donne qui arrive après, elle n’est pas une fin en soi, en somme. Seuls ceux qui ont envie de participer à des compétitions, qui aiment ça, empruntent ce chemin, mais ce n’est pas la majorité.
Toi, tu as décidé de t’y aventurer
Oui, c’est un chemin que j’ai emprunté un peu par hasard parce que je n’avais pas d’exemple autour de moi. Je me suis lancée. J’ai fait une compétition en Europe, puis deux, trois, quatre, cinq, six et puis, j’ai décidé de me tester au Brésil où il y a plus de compétiteurs et où le circuit est plus développé. Je n’étais pas du tout destinée à ça. La compétition est un challenge que je me suis lancé et il se trouve que ça a super bien fonctionné.
Tu es devenue championne du monde dans la catégorie Professeur. À quel grade est-ce que ça correspond ?
La capoeira n’est pas régie par le poids, le sexe… On pratique tous ensemble, sans distinction d’âge ou de quoi que ce soit d’autre. On peut rencontrer un enfant de 3 ans comme une personne âgée de 90 ans exactement au même endroit et ça fonctionne très bien. Il y a quand même des grades, que l’on appelle la hiérarchie. Au début, ils reflètent notre niveau et, plus on avance dans notre parcours, plus il y a de critères qui entrent en jeu : savoir donner des cours, parler portugais, être allé une fois au Brésil… Pour accéder au grade de Professeur, on dit qu’il faut être reconnu comme tel. C’est une décision qui émane plus de la communauté que du niveau en lui-même.
La capoeira ne se résume pas à une activité physique, c’est une culture en soi qui véhicule l’idée de partage.
Exactement, il y a ce côté partage, ce côté communauté qui est hyper pertinent parce qu’on ne peut pas pratiquer la capoeira tout seul. On a besoin des uns et des autres pour fonctionner. Il y a un aspect très inclusif : on peut facilement s’adapter aux capacités et aux possibilités de chacun.
Tu es venue à la capoeira par hasard. Petite, tu pratiquais des sports de combat comme la lutte, la boxe.
Dans ma famille, je suis la dernière de quatre enfants. J’ai une grande sœur et deux grands frères. Petite, j’avais envie de faire comme eux. L’un de mes grands-frères pratiquait la lutte alors j’ai eu envie de m’y mettre aussi. Mon père, lui, faisait de la boxe, j’ai eu envie de faire comme lui. J’étais attirée par ça, mais pas que. Ma sœur a fait de la Gymnastique rythmique, la GRS, j’en ai fait un an, mais ça ne m’a pas du tout plu, contrairement à la lutte et à la boxe.
Tu avais besoin d’un sport qui te permette de te défouler ?
J’aimais bien l’aspect combat et l’aspect masculin de ces sports, ça me parlait un peu plus que la danse, même si, depuis, j’ai expérimenté la danse brésilienne, la samba.
Tu avais 8 ans alors, quand tu as commencé la capoeira. Comment ça s’est passé ?
Mon professeur de boxe n’était pas du tout assidu, les cours étaient fréquemment annulés. Avec mes parents, on a décidé de passer à autre chose tout en essayant de ne pas changer de lieu, car la salle où je pratiquais la boxe était assez proche de notre maison. Il se trouve qu’il y avait des cours de capoeira, j’ai essayé et… je n’ai pas aimé du tout !
Pourquoi ?
Je n’avais pas du tout de coordination. Droite-gauche, c’était déjà beaucoup d’infos alors, devant-derrière, tourner… Je ne savais pas faire la roue, je n’avais pas de rythme, la musique c’était compliqué, j’étais incapable de chanter devant les autres… C’était trop de difficultés d’un coup.
Qu’est-ce qui fait que tu as continué malgré tout ?
La pédagogie de mon professeur, sa manière de rendre les choses ludiques. Quand il donne des cours, il rentre dans la peau d’un personnage, c’est à ce personnage que j’ai accroché en premier lieu, plus qu’à la pratique en elle-même. En grandissant, les choses se sont inversées.
Elle a lieu quand, cette bascule et cette appétence pour la pratique en elle-même ?
J’avais 8 ans, je ne m’en rappelle plus très bien, mais j’avoue que le premier mois, je n’avais pas du tout envie d’y aller. Dès le deuxième, troisième mois, c’était parti.
Tu évoquais le chant. Dès les premières heures de cours, la capoeira offre un panel de pratiques plus large que la seule activité physique ?
Exactement. Aujourd’hui, je suis professeure et quand j’ai une heure de cours par exemple, je la découpe en différents quarts d’heure : lors du premier, on va faire du chant, de la musique ; ensuite, on va faire un échauffement ; puis, on repart sur la technique pour terminer par les acrobaties. Ça permet de toucher à tout. J’apprends également à mes élèves à compter et à dire bonjour en portugais…
C’est un peu intimidant de devoir chanter.
L’idée n’est pas de chanter juste ou de bien savoir chanter, mais de transmettre ce qu’on appelle une énergie. Le chant, c’est un moment que l’on partage ensemble comme le reste. Nous avons un chanteur que l’on appelle le lead. Il est celui qui va gérer le chant. Il y a également le chœur. Le chant, c’est une sorte de questions-réponses entre les deux. Cela signifie qu’il y a une personne qui choisit le chant, la musique et les dix, cinquante ou cent autres qui répondent en chœur. On ajoute à cela l’énergie des percussions…
Il faut apprendre à en jouer également ?
Tout le monde apprend à tout faire. Même adulte, on commence le cours avec des instruments, de la musique et après, on passe au physique. Le capoeiriste est à la fois percussionniste, chanteur, danseur, acrobate et, au fur et à mesure, on découvre dans quel domaine on est le plus à l’aise.
Est-ce que c’est cette polyvalence, cette multi-pratique qui fait que tu es assidue depuis seize ans maintenant ?
Oui, mais c’est aussi le fait d’être tous ensemble, d’être mélangés, sans distinction de sexe. Tu es capoeriste, pas une fille ou un garçon et tout le monde est au même niveau. Il y a également cette idée qu’avec la capoeira, il n’y a jamais de fin : on ne peut pas être et le meilleur percussionniste, et le meilleur acrobate, et le meilleur chanteur… Il y a tellement de choses que l’on peut travailler, on peut passer notre vie à apprendre et ça, ça me motive.
Est-ce que la part physique de la capoeira a pesé un peu plus dans ta passion pour la capoeira ?
Je profite d’être jeune, je vais avoir 24 ans au mois de novembre. Pour me donner à fond sur la partie physique, la partie performance, c’est maintenant et il faut que je le vive à fond. En ce moment, malheureusement, je suis blessée au genou, mais ce n’est pas grave, je travaille autre chose. En capoeira, ce qui est génial, c’est qu’il n’y a jamais de limite, qu’il n’y a jamais d’obstacles, il y a toujours des solutions.
Est-ce que le fait que la capoeira soit plus qu’un sport permet de mieux vivre les périodes de blessure ou pas du tout ?
Ça reste très, très difficile, mais je pense que le temps de la blessure passe quand même plus vite que dans les autres sports.
Quel regard a-t-on porté sur toi lorsque tu as fait part de ton envie d’expérimenter la compétition ?
C’était un peu mitigé. Je dirais que la majeure partie du groupe m’a soutenue. D’autres, un peu moins parce que la capoeira est une culture et que, parfois, vouloir l’orienter vers quelque chose de très sportif peut donner la sensation de la dénaturer. L’image que la performance sportive donne à la capoeira est incomplète. Il y a des côtés négatifs à la compétition, mais il y a aussi des côtés positifs, notamment le fait que ça permet de mettre en lumière la capoeira, par exemple.
Malgré la blessure, est-ce que ces expériences t’ont donné envie d’aller plus loin ?
Je vais continuer encore, autant que possible. Courir après un objectif permet de progresser en discipline, en gestion du stress, en connaissance de soi. Moi, je n’avais jamais fait de compétition avant ça et c’est hyper stressant. Se gérer soi-même, réussir à croire en ses capacités, tout ça m’a fait évoluer sur le plan mental également.
Ton surnom est Matadora, ça signifie quoi ?
Ça veut dire la tueuse. C’est venu un jour où je donnais un cours de musique pour remplacer mon professeur qui était un peu en retard. Avec le premier groupe, ça se passe bien. Avec le deuxième aussi. Lors du troisième, j’ai affaire à un adulte qui met gentiment le bazar. Je me suis arrêtée, j’ai croisé les bras et je l’ai regardé avec un regard qui, a priori, n’était pas très sympa. C’est à ce moment-là que quelqu’un a dit : « Elle va te tuer si tu n’arrêtes pas », ce qui a fini par lui faire peur.
La capoeira fait également partie de ton cursus étudiant.
J’ai fait un DUT Carrières sociales, option animation sociale et socio-culturelle et je me suis spécialisée en animation, santé et éducation. Dans tous mes projets de stage, j’ai étudié en priorité les personnes en situation de handicap et les personnes âgées et j’ai mis en place des projets et des ateliers autour de la capoeira adaptée.
Tu vis capoeira, tu manges capoeira, tu dors capoeira ?
Exactement. On dit du capoeriste qu’il l’est 24 heures par jour et c’est un peu le fil conducteur de ma vie, elle me guide et je vais là où elle me mène. Elle m’a permis de voyager notamment.
Est-ce que ta pratique a eu des répercussions sur ta famille ?
Dans ma famille, personne ne pratique, mais j’ai quand même réussi à embarquer ma mère dans la culture brésilienne, elle fait avec moi ce que l’on appelle la batucada, qui est un orchestre de percussions comme au carnaval. J’ai également emmené mes parents au Brésil. J’étais tout juste majeure, j’avais travaillé pour acheter mon billet et finalement, j’ai pu acheter les trois. Ils ont découvert le monde de la capoeira là-bas. Toute ma famille m’a toujours beaucoup encouragée et m’épaule dans mes aventures sans pour autant pratiquer, si ce n’est ma nièce qui a 2 ans.
Est-ce que tu arrives à vivre de la capoeira ?
Pour l’instant, je vis des cours que je donne. J’y consacre les mardis, mercredis, jeudis et, pour ce qui est des autres jours, je suis dans les EHPAD, les crèches le matin et dans les écoles entre midi et deux. Je fais également des spectacles, des démonstrations. Les week-ends, je suis souvent amenée à donner des cours soit en France, dans d’autres villes que la mienne, soit à l’étranger et à faire passer des grades. Je travaille du lundi au dimanche et je m’entraîne entre deux à trois fois par jour.
Ce quotidien, tu le partages dans un court documentaire intitulé « La passion a toujours raison », réalisé par Alexis Gautier.
Oui, sa vidéo est magnifique. Il a été d’un professionnalisme incroyable. On a d’abord discuté, il voulait tout connaître de mon parcours dans le détail, comprendre la capoeira… On a tourné en plusieurs fois et vraiment le rendu est juste incroyable, autant pour la qualité des images, du montage que pour le fond. La capoeira est à la fois très simple, mais elle peut également être très complexe, c’est assez difficile d’en rendre compte pour quelqu’un qui n’est pas dans la pratique. Alexis ne s’est pas contenté d’un travail en surface.
Comment envisages-tu la suite ? Devenir le fer de lance de la capoeira en France ?
Ce serait très arrogant de ma part de dire ça car la capoeira est avant tout une pratique culturelle. En revanche, si à travers mon parcours, j’arrive à inspirer d’autres personnes, à donner plus confiance, aux filles notamment, qui parfois doutent un peu, ce serait vraiment chouette. Et puis, pourquoi ne pas essayer d’ouvrir un peu plus les portes, que la capoeira soit reconnue, que l’on puisse avoir une fédération.
Toutes nos rencontres
Vous aimerez aussi…

Plaquez tout ! Le premier festival mondial du rugby amateur se déroulera du 22 au 30 septembre 2023 en région Sud, en parallèle de la Coupe du monde pro. Ça va dépoter !

Les « vieux » loups de mer qui ont marqué l’histoire du nautisme ne manquent pas. Et les louves dans tout ça ? Comme le prouve l’histoire de la voile, le langage des mers se conjugue bien à tous les genres. On vous embarque dans un petit tour d’horizon de ces filles qui font des vagues.

À l’instar des dernières éditions, les Françaises ne sont pas attendues bien loin pour ce Roland-Garros 2025. Elles sont 9 au premier tour, mais difficile de les imaginer en deuxième semaine. Pourtant, n’allons pas trop vite, la terre battue parisienne et son public chaud bouillant ont souvent été témoins d’exploits soi-disant impossibles…

La fédé française de tennis de table vient de créer sa « Cellule 2024 », au sein de laquelle évolueront les meilleurs pongistes français.es. Objectif : mettre toutes les chances de son côté aux Jeux Olympiques de Paris 2024. L’occasion toute trouvée pour revenir sur les débuts féminins dans cette discipline plutôt égalitaire…

Avec ses deux camarades, elle est devenue la première Tunisienne à participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’Hiver. À Gangwon, Sophie Ghorbal, 15 ans, est allée chercher la douzième place en bobsleigh. Rencontre avec une jeunette qui était pourtant faite pour le handball…

Elles nous ont inspirés, nous ont émus, soufflés, amusés ou encore étonnés. Par leurs mots, leurs émotions si bien exprimées. Leurs confidences sont des cadeaux et nous sommes fiers de les accueillir toutes ces filles ÀBLOCK! Merci, girls, d’avoir fait de 2020, année troublée, une année de partage. Merci d’avoir accompagné notre nouveau média. Cela valait bien de réunir ici quelques pépites glanées au gré de nos rencontres. Le choix a été si difficile que nous reviendrons prochainement mettre en lumière d’autres championnes pour d’autres délicieuses petites phrases. Vive 2021 avec vous ! Savourez !

Ce n’est peut-être plus l’heure des résolutions de fin d’année, mais il n’est jamais trop tard pour se lancer dans une nouvelle aventure sportive. Et pour aider les jeunes à s’y mettre, le ministère des Sports a la solution pour en motiver plus d’un.

Pour l’e-sport féminin français, c’est une pionnière. Viki est aujourd’hui la capitaine des Rising Bees, une équipe 100 % féminine de la structure Vitality. Pour en arriver là, elle a dû sacrément faire bouger les lignes. Rencontre avec une gameuse pour qui les jeux ne sont jamais faits.

Une footeuse engagée (Laura Georges sur notre photo), une Question Qui Tue essentielle, une histoire du breakdance conjugué au féminin, des femmes musclées et fières de l’être ou encore un zoom sur du handball écolo, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK! Enjoy !

Elle a décroché la médaille d’argent au 100m haies de ces Jeux de Paris et c’est énorme ! La championne d’Europe de la spécialité, Cyréna Samba-Mayela, s’offre un titre de vice-championne olympique alors même que personne n’y croyait. L’occasion de confirmer son nouveau statut de star de la piste et d’écrire l’histoire pour cette nouvelle prodige de l’athlétisme français.

Elle est et restera l’un des visages des Jeux de Paris 2024. Althéa Laurin, 23 ans, est devenue la première taekwondoïste française, tous sexes confondus, à décrocher l’or olympique. Un magnifique pied de nez à ceux qui s’étaient autorisés à lui dire qu’elle n’arriverait jamais à rien.

Elle est journaliste, communicante, responsable d’association… mais surtout activiste. Pour Syra Sylla, le sport, et notamment le basket, est un outil d’émancipation qu’elle met, à travers ses différentes casquettes, au service des femmes en général et des femmes noires en particulier.
Abonnez-vous à la newsletter