C’est le coup d’envoi qu’on attendait. Pas le Tour de France — ça, c’est pour l’été, et on va y venir. Mais avant le festin, il y a la Vuelta Femenina alias le Tour d’Espagne féminin, du 3 au 9 mai. Sept étapes dans le nord-ouest de l’Espagne, 815 kilomètres, et en ligne de mire : l’Angliru. Le monstre. Douze kilomètres à plus de 10 % de moyenne, des pourcentages atteignant les 27 %, la montagne la plus cruelle d’Espagne. Ce n’est pas un col, c’est une mise à nu.
Le plateau est à la hauteur de notre faim. Pauline Ferrand-Prévot, tenante du Tour de France Femmes, débarque en grande favorite sur un tracé taillé pour ses qualités de grimpeuse. Face à elle, Kasia Niewiadoma, la Polonaise au couteau entre les dents, qui a mis tout le monde d’accord sur les classiques ce printemps. Et quelques outsiders — Juliette Berthet, Urška Žigart — qui n’ont pas dit leur dernier mot. La tenante du titre Demi Vollering est absente. La succession est ouverte. Tout le monde peut rêver, et nous avec.
Dès la première étape dimanche, le ton était donné : nerveux, accidenté, deux chutes dans le peloton, une Française au maillot de grimpeuse — Maëva Squiban — et une Suissesse, Noemi Rüegg, qui a fait craquer les jambes dans le final pentu pour s’offrir le maillot rouge. Pas de cadeau, même avant les vraies montagnes.
C’est ça qui est beau. La Vuelta ne fait pas semblant. Elle ouvre la saison des grands tours féminins à fond de braquet, et nous rappelle pourquoi on est là : parce que ces courses-là, on ne les regarde plus en attendant autre chose. On les regarde pour elles. Le Tour de France viendra en son temps. Pour l’instant, l’Espagne suffit à notre bonheur.