Julia : « Le trail, c’est une école de la vie, qui apprend à ne rien lâcher. »Traileuse, 30 ans, Sales development analyst

trail
Elle a découvert la course (presque) par hasard. Devenue accro aux chemins escarpés, Julia est aujourd'hui une fan de trails que rien n'arrête. Elle raconte.

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 19 mars 2020 à 11h28, mis à jour le 09 janvier 2026 à 11h08

«  J’ai découvert le trail il y a six ans quand je vivais au Mexique. J’avais toujours fait beaucoup d’athlétisme mais c’était sur piste ou sur route.

Le jour où un ami mexicain m’a proposé de venir courir en montagne, ça a été une révélation.

Aujourd’hui, quand je vais courir, je pars m’éclater en montagne parce que j’ai un niveau qui me le permet et que je peux profiter de ce cadre magnifique. Autant allier l’utile à l’agréable.

Avec le trail, je vais au plus profond de moi. C’est un sport-passion, un challenge physique.

Je fais surtout des ultra-trails, c’est-à-dire des courses au-delà de quarante kilomètres avec des dénivelés positifs et négatifs qui peuvent donner lieu à six à quinze heures d’effort, mon max cette année.

C’était pour les 90 km du Mont-Blanc, sur six mille cinq cent mètres de dénivelés positifs, autour de Chamonix. Ça a été un tournant important pour moi parce que c’était une des premières fois que je faisais cette distance-là.

J’étais partie sans forcément avoir des objectifs bien ancrés et j’ai fait une super course, je me suis placée dixième féminine alors que c’était un plateau international. Quand tu franchis la ligne d’arrivée à Chamonix et que tu voies toutes ces personnes qui t’applaudissent, tu te dis : « C’est fou ! ».

trail

« Je cours souvent avec des hommes, ça entraîne une sorte de reconnaissance supplémentaire. »

Il y a beaucoup moins de femmes que d’hommes qui courent les grandes distances, mais de plus en plus de filles parviennent à un niveau équivalent à celui des garçons.

J’ai d’ailleurs lu récemment dans une étude que la femme est vraisemblablement davantage faite pour effectuer de longues distances que l’homme.

De mon côté, comme j’ai de bons résultats, je cours souvent avec des hommes dans le peloton et je ne pense pas qu’ils en soient surpris mais ça entraîne une sorte de reconnaissance supplémentaire.

Sur une course, il y a environ 3000 hommes pour 200 femmes !

« Je veux finir la course ; ça c’est sûr, je n’abandonnerai pas. »

Ce sport, c’est vraiment une école de la vie, qui apprend à ne rien lâcher.

Souvent d’ailleurs, je préfère partir en me disant que je n’ai pas vraiment d’objectifs mais que je veux finir la course ; ça c’est sûr, je n’abandonnerai pas.

Si vous aimez être entouré de nature, c’est le sport le plus adéquat : il suffit de prendre une paire de baskets et d’aller courir dans des paysages grandioses.  »

Elles aussi sont inspirantes...

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »
Emelyne Heluin: « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Emelyne Heluin : « Je sais pourquoi je cours, pourquoi je lutte. »

Gymnaste jusqu’à son adolescence, Emelyne Heluin a dû raccrocher le justaucorps après une prise de poids inexpliquée et d’autres symptômes invalidants. Diagnostiquée d’une maladie endocrinienne chronique et évolutive, le SOPK, à l’âge de 17 ans, elle erre pendant des années entre perte de confiance en elle et détresse psychologique avant de retrouver le chemin du sport comme outil de santé. Ce sera la marche, puis la course à pied jusqu’à se lancer sur des marathons.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Jean Griffet : « Le corps féminin culturiste est une forme d’égalitarisme extrêmement puissant .» Bev Francis

Jean Griffet : « Le corps féminin culturiste est une forme d’égalitarisme extrêmement puissant .»

La culture du muscle chez la femme. C’est tout l’objet de l’étude de Jean Griffet qui s’est intéressé au corps féminin culturiste. Un corps, aujourd’hui disparu en France, dans lequel ce professeur émérite en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l’université d’Aix-Marseille II, voit un profond vecteur d’équité entre hommes et femmes.

Lire plus »
Marie-Antoinette Katoto, droit au but

Marie-Antoinette Katoto, droit au but

« Une tueuse devant les buts », selon ses coéquipières. Marie-Antoinette Katoto l’a prouvé à maintes reprises, et n’a pas l’intention de s’arrêter. Une serial buteuse de la sorte, ça pourrait bien mener les Bleues jusqu’au graal…

Lire plus »
Julie Pujols

ÀBLOCK! lance sa collection de livres !

L’année 2022 sera une année ÀBLOCK! Le média digital s’édite avec une collection de livres qui fait bouger les lignes, inspirante et différente. On commence avec la reine du fitness, la coach (pas en chocolat) Julie Pujols-Benoit (en photo) dès aujourd’hui. Puis, ce sera le tour de la danseuse rebelle et virevoltante Octavie Escure… Faisons les présentations !

Lire plus »
Noëlie : « Quand je roule, c’est un sentiment de liberté et de joie qui m’anime. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une fusée sous-marine, les filles au MIC dans l’univers du ballon ovale, des cyclistes insatiables (Noëlie et Elsa sur notre photo), un nouveau Carnet de route de notre ambassadrice, un Q&A en vidéo ou encore l’histoire de la boxe au féminin et notre spécial KIDS ? Soyez ÀBLOCK!

Lire plus »
Global 6K for Water

6 km pour de l’eau, c’est oui !

L’accès à l’eau potable, partout, tout le temps, c’est l’ambition de l’ONG World Vision. Pour ça, la Global 6K for Water, soit les 6 km pour l’eau, reprend sa course à partir du 20 mai afin de financer des projets répondants à cet enjeu. Sensibiliser, bouger et changer le monde. Courez, maintenant !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner