Jasmine PaoliniL'Italienne qui veut Roland-Garros sous sa coupe

Jasmine Paolini, la révélation italienne
Fin 2023, seuls les aficionados du tennis connaissaient Jasmine Paolini. Une année 2024 hors du commun et un doublé historique à Rome en ce début 2025 propulseront l’Italienne sur le devant du court ! Place maintenant à Roland-Garros. Et ses intentions sont claires : gagner.

Par Alexandre Hozé

Publié le 23 mai 2025 à 17h06

Passer en un peu plus d’un an d’une trentième mondiale à une double finaliste de tournois du Grand Chelem, championne olympique et dans le top 5 mondiale, ça vous semble réaliste ? On serait tenté de dire non. À raison. Mais force est de constater que Jasmine Paolini aime surprendre son monde.

À 29 ans, l’Italienne est aujourd’hui installée parmi les toutes meilleures joueuses de tennis de la planète. Si vous aviez affirmé cela en 2023, peu de personnes vous auraient pris au sérieux… À tort.

La native de Castelnuovo di Garfagnana, dans la région de Toscane, n’était déjà pas une joueuse parmi tant d’autres avant la saison 2024, mais elle passait sous les radars. Lors des quatre tournois du Grand Chelem, Jasmine Paolini n’avait jamais goûté au parfum d’un troisième tour, c’est vrai, mais ses performances témoignaient d’une progression régulière : elle a remporté son premier tournoi WTA 250 en 2021 ; elle a battu quelques joueuses du top 20 mondial et une fois la saison 2023 bouclée, elle a atteint la trentième place mondiale, alors son meilleur classement en carrière.

©️Facebook/Jasmine Paolini

L’année 2024 fut une année sportive avec son lot de succès et de déceptions, et pour Jasmine Paolini, ce fut surtout de succès.

Dès le début, l’Italienne amorce sa montée en puissance. Elle se hisse jusqu’aux huitièmes de finale de l’Open de Melbourne, son meilleur résultat lors d’un tournoi du Grand Chelem. Prometteur, mais il faut confirmer !

Est-ce qu’une victoire au tournoi WTA 1000 de Dubaï suffit comme confirmation ? Alors qu’elle n’avait jamais encore atteint les demi-finales d’une compétition d’une telle envergure, Jasmine Paolini rafle son deuxième trophée en carrière.

Dans sa lancée, elle confirme du côté de la Porte d’Auteuil : sur les terrains de Roland-Garros, la joueuse fait plus qu’assumer son nouveau statut. Jusqu’en finale, elle domine ses adversaires, peu importe leur classement. Ce n’est que lors de l’ultime épreuve face à la Queen polonaise de la terre battue, Iga Swiatek, que son rêve de sommets prend fin. Son aventure en double avec sa compatriote Sara Errani s’est également arrêtée en finale lors de ce Roland-Garros. Une escapade parisienne quasi-parfaite donc, à laquelle il aura manqué une conclusion explosive.

Avec sa compatriote Sara Errani, Jasmine Paolini n’est pas passée loin d’un doublé historique à Roland-Garros…©️Facebook/Jasmine Paolini

À Wimbledon, terre du gazon londonien, la toute nouvelle numéro 7 mondiale remet ça ! En simple, elle se hisse jusqu’en finale. Cette fois, l’Italienne passe toute proche de la victoire finale, mais la Tchèque Barbora Krejcikova lui arrache finalement le trophée au bout d’une âpre bataille en trois sets. Désillusion et frustration pour Miss Paolini.

©️Facebook/Jasmine Paolini

Mais elle en a sous les baskets et elle n’a pas dit son dernier mot. Après Wimbledon, l’Italienne est de retour à Roland-Garros, pour les Jeux Olympiques de Paris. Et si, en simple, l’aventure tourne court en huitième de final, en double, avec sa coéquipière Sara Errani, elle va chercher le graal. Une médaille d’or olympique ! Well done.

En moins de quatre mois, Jasmine Paolini a enchaîné deux finales de tournois du Grand Chelem en simple, une en double, et un titre olympique en double également. Pas mal comme série !

©️Facebook/Jasmine Paolini

Vous pouvez y ajouter une victoire à la Coupe Billie Jean King avec l’Italie en fin de saison pour conclure tout ça sur une belle note. Quand on vous parlait d’une année fructueuse…

Mais désormais, place à 2025 ! La nouvelle numéro 4 mondiale ne peut plus compter sur l’effet de surprise. D’ailleurs, c’est elle qui se fait surprendre dès le troisième tour lors de l’Open de Melbourne. Un faux pas qui fait tache, d’autant plus que la suite n’est pas évidente pour l’Italienne. Plusieurs contre-performances et un changement de coach plus tard, Jasmine Paolini débarque à Rome pour enfin lancer sa saison sur de bons rails. Et elle n’aurait pas pu mieux faire…

©️Facebook/Jasmine Paolini

En simple comme en double (toujours avec Sara Errani), elle s’impose devant son public. En battant Coco Gauff en finale du simple, s’il vous plaît ! Jasmine Paolini devient ainsi la première italienne à gagner Rome depuis 1985.

Quoi de mieux avant de retourner à Roland-Garros, terre de son explosion lors d’un tournoi du Grand Chelem ? En 2024, elle était partie de Paris en tant que double finaliste. Va-t-elle faire mieux ? Elle y compte bien. Jasmine Paolini ne vient pas ici pour mordre la poussière.

Après un incroyable doublé à Rome, Jasmine Paolini débarque à Roland-Garros comme une des prétendantes à la victoire finale en simple comme en double.

Ouverture ©️Facebook/Jasmine Paolini

D'autres épisodes de "Tennis : femmes sur court"

Vous aimerez aussi…

Passer'Elles, manettes en main, les filles sont toujours ÀBLOCK!

Passer’Elles, manettes en main, les filles sont toujours ÀBLOCK!

Quand, dans l’ensemble, le monde sportif s’efforce à promouvoir la mixité, le e-sport lui, se lance tout juste dans la partie. Reste la question : l’e-sport est-il vraiment…du sport ? Oui, si l’on en croit Les Rising Bees de Vitality et la team féminine de Solary qui s’imposent comme pionnières dans le e-sport féminin.

Lire plus »
Emmanuelle Bonnet-Oulaldj

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj : « Faire du sport n’est pas juste une finalité pour être en bonne santé, mais un processus d’émancipation… »

Il y a des décisions qu’on ne prend pas à la légère. Ce fut mon cas, soutenu par la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), dont je suis la co-présidente, concernant ma candidature à la présidence du CNOSF. Femme, quadragénaire, représentante d’une fédération multisports, n’ayant jamais été sportive de haut-niveau, cette démarche inédite a surpris. Tant mieux !

Lire plus »
Didier Drogba

#WhiteCard ou le sport comme arme de paix

Elle invite le monde à soutenir le mouvement de la paix par le sport. Et avec elle, champions et championnes s’engagent, de Didier Drogba (notre photo) à Tony Estanguet, en passant par Laurence Fisher, Marlène Harnois, Siya Kolisi, Paula Radcliff, ou encore Sarah Ourahmoune. L’organisation internationale Peace and Sport lance aujourd’hui sa campagne digitale mondiale #WhiteCard visant à promouvoir les valeurs positives et structurantes du sport.

Lire plus »
K-Méléon

K-Méléon

Très jeune, K-Méléon développe une sensibilité aigüe pour la musique tous styles confondus. Ses premières influences

Lire plus »
Camille Grassineau, « Le tout, c'est de faire ce dont on a envie. »

Camille Grassineau : « Il y aura toujours des critiques sur une fille qui joue au rugby, moi je fais ce que je veux. »

Avec ses coéquipières de l’équipe de France de rugby à 7, elle vient de décrocher une médaille de bronze au mondial, en Afrique du Sud. Pour Camille Grassineau, c’est le signe de la grande forme d’un rugby féminin qui poursuit son développement discrètement mais sûrement. De bon augure à moins de deux ans de Paris 2024. Rencontre avec une rugbywoman dans une forme olympique.

Lire plus »
Cheerleading

Alexandrine : « Je suis une cheerleader, pas une pompom girl, et c’est du sport ! »

Elle a trouvé son sport, son club, et quand elle en parle, elle donnerait envie aux plus récalcitrantes d’enfiler la tenue pour aller goûter au « cheer spirit ». Alexandrine pratique le cheerleading à travers ses casquettes d’athlète et de coach, en parallèle de ses études. Mais ne vous y trompez pas, elle est une cheerleader et pas une pompom girl ! Pour elle, la nuance est d’importance. Témoignage d’une jeune femme à la passion communicative.

Lire plus »
8 aout pekin

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Hey, Psssst, Les JO commencent, non ? Retrouvez une semaine complète sur les Jeux Olympiques avec ÀBLOCK!. À la clé, une demi-fondeuse qui veut sa revanche à Tokyo, de nouveaux sports qui vont twister les Jeux, la petite histoire des symboles olympiques en sept chapitres. Mais aussi, la désormais célèbre question qui tue et une initiative féminine aussi sportive que dilettante. De la (bonne) lecture, messieurs dames !

Lire plus »
Maddie Hinch, le hockey n’aura pas eu sa peau

Maddie Hinch, le hockey n’aura pas eu sa peau

Gardienne star du hockey sur gazon, la british Maddie Hinch aurait pu abandonner les terrains aussi vite qu’elle y a été célébrée. Héroïne des Jeux Olympiques de Rio en 2016 après avoir stoppé quatre penaltys sur cinq, ouvrant la voie à la médaille d’or pour son équipe nationale, elle n’a pas su résister à la pression. Mais c’était mal connaître cette wondersportive qui a fini par se relever pour mieux remporter, cet été, la médaille de bronze aux Jeux de Tokyo. La numéro un mondial de la cage est toujours dans la place !

Lire plus »
David Maginot : « Dans mes photos de championnes, j’essaye de retranscrire à la fois la réalité et l’émotion du moment. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un photographe olympique, une nouvelle venue sur la piste du sprint, une reine du quad, des plongeuses pionnières et un rallye on ne peut plus ÀBLOCK!, c’est le meilleur de la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner