Fifty Fifty SailUne régate solidaire pour aider les femmes à larguer les amarres

Fifty Fifty Sail
Mettre les voiles pour prouver que la femme a toute sa place dans le sport. C'est tout l'enjeu de cette chouette initiative qui a surgi dans la longue vue d’ÀBLOCK!. Cette régate 100% mixte fait la course contre les clichés et s'engage contre les violences faites aux femmes. Car le sport est un formidable outil de reconstruction pour se réapproprier son cœur et son corps. Embarquement immédiat au sein d'un enthousiaste et généreux équipage…

Par Claire Bonnot

Publié le 15 octobre 2020 à 11h21, mis à jour le 29 juillet 2021 à 14h53

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« C’est un milieu qui est encore très machiste et dans lequel il y a des préjugés ancrés sur les compétences d’une femme à manœuvrer physiquement par exemple alors qu’elle peut développer bien d’autres domaines de compétences tels que la stratégie et l’analyse des conditions météo. Sur un bateau, on a notre place sans problème ! », s’anime Cyrille Cremades, co-organisatrice avec Nathalie Grubac de la régate Fifty Fifty Sail, fondée par l’association Fifty Fifty. 

Objectif : sensibiliser aux violences faites aux femmes et aux enfants à travers l’organisation d’événements.

Cyrille Cremades
Cyrille Cremades...©DR/Facebook

Prendre le large pour la mixité dans la voile

Le 19 septembre dernier, s’élançaient ainsi, à la Trinité-sur-Mer, des équipages 100% mixtes, soit 50% de femmes et 50% d’hommes à bord pour cette seconde édition de la « Fifty Fifty Sail ».

La règle est claire : « Les équipages ne peuvent pas s’inscrire s’ils ne sont pas en mixité totale et absolue sur le bateau ! », rappelle Nathalie Grubac.

De quoi permettre à toutes les femmes – même les novices, la régate est accessible à tous et à toutes – de se jeter à l’eau au cœur d’un milieu sportif plutôt fermé à la gent féminine : « Je pratique la voile en compétition, j’ai été entraîneur sportif, et je vois très peu de femmes qui concourent sur les bateaux », poursuit Cyrille.

Fifty fity Sail

Une sensibilisation doublée d’une promotion de l’égalité dans le sport qui promet, en prime, une aventure inoubliable.

S’ils prennent le large sur un bateau à voile, les participants ont également l’occasion de côtoyer sur le pont puis à terre, des skippeurs et skippeuses pros, ambassadeurs et parrains/marraines de la sortie en mer tels que les navigateurs d’exception que sont Isabelle Joschke, Yves le Blevec, Justine Mettraux ou Fabrice Amédéo.

Isabelle Joschke
Isabelle Joschke...©DR/ Facebook

L’athlète olympique et championne de ski Carole Montillet a embarqué sur l’un de ces bateaux dès la première édition. Elle avait beau s’y connaître en compétition, la montagnarde était une novice en sports nautiques.

Elle y a emmené sa fille pour transmettre à la jeune génération ce beau message autour de la mixité dans le sport.

Son témoignage ? « Rien n’est impossible à manipuler sur un bateau, il n’y a rien d’infaisable pour une femme et puis on est plusieurs à manœuvrer sur le pont ! »

Le but de la Fifty Fifty Sail ? « Créer un événement sportif et convivial avec des champions et amateurs impliqués. Un événement qui ait du sens et qui fasse sens », résume Nathalie Grubac.

Carole Montillet et sa fille Juliette
Carole Montillet et sa fille Juliette...©DR

Se reconstruire corps et âme grâce au sport

Car cet événement organisé annuellement et qui a pour objectif de faire changer les mentalités sur la place des femmes dans la société via le sport, offre une action bien concrète.

Comment ? En permettant le financement d’un programme de reconstruction par la voile de femmes victimes de violences. En effet, et c’est une première cette année, 50% des frais d’inscription de la régate ainsi qu’une collecte effectuée à terre, permettent de financer cette initiative.

« Cela donne une couleur particulière à la régate et, souvent, les femmes acceptent d’embarquer car elles savent qu’elles s’engagent ainsi pour d’autres femmes. En plus de la convivialité qu’offre cette balade en mer, il y a ce petit supplément d’âme qui bouleverse tout le monde », confie Nathalie Grubac.

Nathalie Grubac
Nathalie Grubac...©DR

L’association vise ainsi la construction et l’extension d’un réseau de solidarité autour de noms reconnus « accélérateurs de communication » dont l’ambassadrice officielle du premier programme de reconstruction par le sport, Carole Montillet : « J’ai été plus que partante, c’est un sujet qui ne doit pas être tabou. Plus on en parle, plus on fait face », nous livre-t-elle.

Concrètement, le programme de reconstruction par la voile prendra effet au printemps 2021 avec pour objectif de faire vivre à un groupe de 6 à 8 femmes l’expérience de la voile à travers trois demi-journées de navigation, sous l’œil aguerri, attentif et bienveillant de Yves le Blevec et d’Isabelle Joschke.

L’association précise que « ces journées se dérouleront selon un programme construit, adapté aux victimes, capable de répondre aux attentes évoquées plus haut et sous le contrôle du docteur Hardelin, spécialiste de la médecine du sport et du sport santé. »

Toutes dans le même bateau

Pourquoi la voile est un territoire propice à cette reconstruction ? « La voile est un excellent support pour des femmes qui ont subi des violences et qui souhaitent rebondir, explique Nathalie Grubac. J’aime beaucoup dire qu’il y a tout un vocabulaire très signifiant autour de la voile : ces femmes larguent enfin les amarres puis vont faire équipe et toutes être dans le même bateau.

À travers l’apprentissage de la voile, on travaille les notions de sensations ou d’équilibre instable pour qu’elles se réapproprient une enveloppe et un cœur qui ont été meurtris. Rien que le vent sur le visage ou la sensation d’une pluie fine sur le corps peut offrir cette réappropriation. »

Fifty fifty sail
Remise officielle du ti-shirt par l'association aux marraines et parrains Carole Montillet, Justine Mettraux, Yves le Blevec, Fabrice Amedeo...©DR

Ce volet « pied marin » thérapeutique est l’un des trois supports sportifs choisis pour le premier programme de reconstruction par le sport. Outre la régate, le ski avec le séjour à la montagne entre mamans et enfants organisé grâce au « Fifty Fifty Day » et le vélo avec « Le Vélo Vert Festival » sont les deux autres pratiques sportives qui offriront à ces femmes victimes de violences de se réparer au sein de « climats bienveillants où prendre du plaisir autant que possible », note Nathalie Grubac.

Un baume pour le corps

« Le sport permet vraiment d’être bien dans ses baskets et de se préparer solidement à la vie », témoigne la championne olympique Carole Montillet.

Et de citer les bienfaits de la reconstruction par le ski : « C’est à travers une activité physique douce – la glisse – et à laquelle on prend plaisir que ces femmes vont reprendre confiance en elles. Sur ce format de séjour partagé entre mères et enfants, le but est de créer une petite bulle pour redonner un peu gout à la vie. La pratique sportive permettra ainsi, dans cet environnement agréable et serein, de se réapproprier son corps, de retrouver ses repères. »

Le sport, un baume pour le corps et l’esprit. Le sport pour s’imposer, se réaliser, s’épanouir dans toutes les sphères de sa vie. ÀBLOCK! est à 100 % Fifty Fifty.

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