On s’en souvient encore. Clermont-Ferrand, le 25 avril au soir. Le Marcel-Michelin à guichets fermés, les larmes dans la voix de Mathilde Lazarko, et ce sentiment rare que quelque chose était en train de basculer dans le rugby féminin. On vous avait dit : ne ratez pas la suite.
La suite, elle a eu lieu samedi à Édimbourg. Et elle était flamboyante. Essai de la capitaine Manae Feleu à la première minute, bonus offensif décroché avant la mi-temps, Écosse renvoyée à 69-28. Ce groupe n’est pas là pour participer. Il est là pour tout gagner.
Alors voilà où on en est. Ce dimanche 17 mai, à Bordeaux, France contre Angleterre. Titre et Grand Chelem au bout. D’un côté, les Red Roses — sept tournois consécutifs, tenantes de tout, invaincues face aux Bleues depuis 2018. De l’autre, un XV de France en feu, quatre victoires en quatre matchs, et une génération qui a compris qu’elle pouvait briser quelque chose.
Depuis 2018, les scénarios changent mais la conclusion restait la même. 43-42 l’an dernier à Twickenham — on avait failli. En demi-finale de Coupe du monde de rugby en septembre — on avait tenu 60 minutes avant de craquer. La frontière entre l’exploit et la frustration n’a jamais été aussi fine.
Ce dimanche, elle peut tomber pour de bon.
On ne sait pas ce qui va se passer. C’est exactement pour ça qu’on sera là.