Mélanie Perez* : « Depuis mes 8 ans, j’ai le même rêve: devenir championne ! »Compétitrice de motocross , 30 ans, ostéopathe

motocross femme

Propos recueillis par Sandrine Mouchet

Publié le 10 janvier 2020 à 15h30, mis à jour le 29 juillet 2021 à 15h48

 « Le motocross, c’est un virus contracté dès l’enfance, et dont je ne guéris pas. J’aime la vitesse, j’ai ça dans les veines depuis toujours. Peut-être parce que mon grand-père était pilote de rallye, et que mon père s’est fait un nom dans l’enduro. Et puis j’aime aussi l’idée de prouver qu’on n’a pas besoin d’une paire de couilles pour piloter une moto !

En général les féminines qui gazent sur le circuit ont toutes débuté à l’âge de 3 ou 4 ans. Moi j’ai commencé à 14 ans quand j’ai pu m’acheter ma première bécane avec les 2 200 euros gagnés grâce à un job d’été.

Melanie Perez
©DR

Ma première compet’ date de 2007, j’avais 17 ans. Une course mixte : quatre filles sur quarante pilotes engagés. J’ai terminé dans les quinze premiers au classement général, et j’ai surtout battu celle qu’il fallait pour pouvoir monter sur le podium féminin !

Mon père qui m’accompagnait ce jour-là me dira pourtant que je n’ai pas l’étoffe d’une championne, que je ne serai jamais première. D’ailleurs, il n’a jamais cessé de me le répéter. Pas grave, au contraire, ça m’encourage à lui donner tort. Et puis, tant que j’ai une moto, tout va bien. Sans, je ne sais pas quoi faire de moi.

Quand j’ai dû arrêter en 2014 pour passer mon diplôme d’ostéopathe, j’ai fait une quasi-dépression. J’ai réussi à retrouver un équilibre en me mettant à la boxe anglaise. Grâce à ça, j’ai tenu cinq ans, le temps de monter mon cabinet et de me faire une clientèle.

Melanie Perez
©DR

Et puis enfin, à l’aube de mes 30 ans, j’ai remis le nez dans le guidon. J’avais annoncé autour de moi qu’en 2019, je reviendrais dans le top 10 du championnat féminin. J’ai fini neuvième… mais pas contente ! Parce que mon objectif était d’arriver cinquième. Mais ce sport est difficile. Il faut être musculairement balèze pour tenir toute une course sur une moto, notamment dans les virages où ça fight pour doubler.

En motocross, il y a un monde entre les hommes et les femmes. C’est une réalité. Quand en 2014, la meilleure Française se qualifie in extremis pour le Championnat du monde, les moins bons dans la catégorie hommes sont quand même dix secondes devant elle.

Melanie Perez
©DR

En ce qui concerne la vitesse, nous sommes clairement en-dessous. Là où nous, les femmes pilotes, allons être prudentes et réfléchies, les garçons vont eux très facilement poser leur cerveau. Ils foncent, sans peur. Question de testostérones j’imagine. Mais les filles ont leurs armes dont la stratégie et la subtilité. Mon arme à moi, c’est un rêve qui tourne en boucle depuis que j’ai 8 ans : devenir championne.  »

Elles aussi sont inspirantes...

Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c'est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Valérie Marqueton : « Ce défi de Mini Transat, c’est une façon de dire qu’on peut se réinventer à 50 ans. »

Il y a six ans, elle n’était jamais montée sur un bateau. Valérie Marqueton tente désormais de se qualifier pour la Mini Transat, une traversée de l’Atlantique en solitaire, sur un voilier de seulement 6,50 m, sans assistance ni communication extérieure. Son ambition : réaliser enfin son rêve d’enfant, l’année de ses 50 ans, et encourager les femmes à ne pas se mettre de limites.

Lire plus »
Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le marathon de Paris ! »

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le Marathon de Paris ! »

Elle s’est longtemps rêvée danseuse. Jusqu’à la blessure. Et puis il y a eu l’aventure Miss France, et une victoire à Pékin Express. Pour ses 23 ans, Marion Navarro avait envie d’une nouvelle aventure qui lui permettrait de repousser encore un peu plus ses limites. La Team Running Intersport lui en a apporté une sur un plateau : le Marathon de Paris qui s’élancera ce 12 avril et que la néo-runneuse envisage de boucler en 5 heures.

Lire plus »
Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Il était une fois la boxe... féminine

Il était une fois la boxe… féminine

Alors comme ça, la boxe serait une affaire d’hommes ? Que nenni, les gants vont aussi bien aux filles qu’aux garçons ! Et certaines n’ont pas attendu d’autorisation pour le faire savoir. Retour sur l’histoire de ces pionnières gantées.

Lire plus »
Celia Martinez : « Dès que je suis sur mes skis, j’ai l’impression de vivre vraiment. »

Célia Martinez : « Quand je suis sur des skis, j’ai l’impression de vivre vraiment. »

Elle aurait dû participer aux Championnats du monde de Kilomètre Lancé (KL) qui débutent à Vars dans les Hautes-Alpes. Mais, enceinte, Célia Martinez passera son tour cette saison. Avant de revenir en force dès 2023 avec, pour ambition, de battre le record de France de ski de vitesse et, pourquoi pas, le record du monde. Conversation avec l’une des filles les plus rapides de la planète qui, pour une fois, a décidé de prendre son temps.

Lire plus »
Hortense Dufour

« Sport Féminin Toujours » : illustrer les métiers du sport au féminin

Dix portraits de femmes pionnières dans les métiers du sport, illustrés par une dessinatrice de BD, accompagnés de fiches formation : la mission ÀBLOCK!Studio pour Femix’Sports transforme une opération de sensibilisation en série éditoriale inspirante. Reprise par le ministère des Sports et les fédérations sportives, cette collaboration illustre la puissance du storytelling pour faire évoluer les représentations.

Lire plus »
24 juillet 2004, la Britannique Alison Streeter traverse la Manche pour la 43e fois

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une escrimeuse qui tire vite, des jeunes pousses au sacré coup de pédale, nos dossiers spéciaux foot et cyclisme ou encore notre série Un jour un événement (avec Alison Streeter sur notre photo), c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Bonne lecture !

Lire plus »
Julia : « Faire le Tour de France un jour avant les hommes était l’occasion de vivre une aventure à la fois humaine et sportive. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Du foot, du vélo, des histoires de sportives qui ont eu lieu en juillet… ÀBLOCK! est en mode éditions spéciales avec ses grands dossiers à l’occasion de l’Euro Foot, du Tour de France et des grands événements qui se sont déroulés l’été. Bonne lecture !

Lire plus »
Wendie Renard, la capitaine qui ne perd pas le cap

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un retour sur les nombreuses sportives qui se sont illustrées en juillet, un regard « business » sur le football féminin, la découverte des Bleues de l’Euro Foot (dont Wendie Renard, la capitaine, sur notre photo), un trail pour la bonne cause, l’histoire des premières stars féminines du ballon rond, voilà le menu du Best-of ÀBLOCK! de la semaine.

Lire plus »
Manon Herbulot, les JO pour cible

Manon Herbulot, les JO pour cible

À seulement 17 ans, Manon Herbulot fait déjà ses armes aux Jeux Olympiques. Au tir à la carabine, elle affiche un parcours impressionnant et sa qualification aux JO de Paris se présente comme le couronnement d’un travail qui prouve sa maturité.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner