
Aurélie Mourier alias Ally
« Photographe amateur, j’exerce depuis six ans cette passion qui a toujours fait partie de moi. Ce
Publié le 28 juillet 2023 à 17h00, mis à jour le 16 août 2024 à 14h25
La Bretagne a vu naître bon nombre de cyclistes, masculins comme féminins. Cette année plusieurs Bretonnes arpentent les routes de la Grande Boucle, parmi elles, Coralie Demay.
Le 10 octobre 1992, elle pointe le bout de son nez à Nogent-sur-Marne dans le 94 mais c’est dans le Morbihan qu’elle grandit, à Elven. Haute comme trois pommes, la petite Coralie découvre le vélo grâce à ses frères. Son père est militaire et par essence nomade. Lorsque la famille déménage au Togo, en Afrique, la Morbihannaise délaisse quelques temps le vélo pour mieux pratiquer d’autres sports comme le judo, la gymnastique et surtout l’équitation.
Mais Coralie rêve de remonter en selle et, adolescente, lorsqu’elle revient dans l’Hexagone, elle ressort ce bon vieux vélo du placard pour prendre sa première licence au Véloce Vannetais. Pour l’Elvinoise, le cyclisme n’était alors qu’un passe-temps, elle est loin de s’imaginer y faire carrière. Pourtant, à 18 ans, elle intègre le pôle espoir de Lorient. Dans ce milieu exclusivement masculin, Coralie Demay doit se dépasser pour « survivre ».
©A.S.O. Thomas Maheux
Cette expérience lorientaise lui apprend à se concentrer sur ses performances et à exceller en selle. Un apprentissage qui lui est bien utile dès l’année suivante, en 2011, lorsqu’elle commence les compétitions. Un début de carrière classique sur route, mais la Française se spécialise dans un tout autre domaine, le cyclisme sur piste.
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va très rapidement s’exprimer dans cette discipline. En 2012, Coralie Demay est championne de France par équipe accompagnée d’une certaine Aude Biannic, de Laudine Génée et de Coralie Sero. Puis, en 2013, elle décroche le titre de championne de France de la course aux points, son premier succès individuel.
L’apothéose survient quelques années plus tard, en 2017, dans ces mêmes championnats de France, lorsque sur six épreuves disputées, elle en remporte cinq : la poursuite, la poursuite par équipe, la course aux points, le scratch et l’omnium. Seule épreuve qui lui échappe, l’américaine, et de peu puisqu’elle finit deuxième. Un braquage à la française. Au total, sur toute sa carrière, Coralie Demay comptabilise treize titres de championne de France.
©ASO
Là où la coureuse se démarque, c’est assurément dans sa polyvalence. Entre piste et route, elle a toujours tenu à pratiquer les deux pour son équilibre personnel, comme elle le dit à Velo101 : « Je ne me vois pas faire l’un sans l’autre, ces deux disciplines m’apportent beaucoup et sont complémentaires dans ma progression ».
Mais alors sur route, qu’est-ce qu’elle donne la Bretonne ? Son parcours est moins victorieux que sur piste mais semble prendre un tournant intéressant ces dernières années. En 2022, elle participe à son premier grand Tour, qui plus est à domicile puisqu’elle est alignée avec son équipe St Michel-Mavic-Auber 93 sur le Tour de France qu’elle finit à la vingt-quatrième position, mais elle se fait remarquer lors de la quatrième étape entre Troyes et Bar-sur-Aube, où elle s’offre une longue échappée (belle). Une performance solide qui pousse sa formation à lui faire confiance et à la sélectionner pour la Vuelta de cette même année où elle décroche la trente-et-unième place.
Mais l’évènement 2023 pour Coralie Demaye, c’est bien le Tour de France 2e édition où elle espère faire mieux que lors de sa première fois et sur lequel elle est alignée en tant que leader de son équipe, ce qui la galvanise : « J’ai envie de leur montrer qu’ils ont eu raison de me faire confiance […] Je suis prête à me battre », confiait-elle à DirectVelo.
Coralie Demay avant le Tour de France Femmes 2022
Mais Coralie Demay ne prendra pas sa revanche, elle pointera à la vingt-septième place. Loin de ses objectifs, mais l’espoir est permis, elle est acharnée et ne laisse pas facilement tomber l’affaire. Cette saison, elle signe pour deux ans avec la formation FDJ-Suez qu’elle avait quitté cinq ans plus tôt. Là, elle est sélectionnée pour la troisième édition du Tour de France Femmes. Et c’est avec de bonnes sensations qu’elle prend le départ, dans un esprit de combattante.
Un combat contre elle-même pour espérer marquer les esprits et continuer sur sa belle lancée.
©A.S.O. Thomas Maheux
D'autres épisodes de "Cyclisme, dans la roue des sportives"
Cédrine Kerbaol : « Gagner le Tour de France Femmes, c’est un de mes gros objectifs. »
Chiara Consonni, la tornade italienne qui dynamite les codes dans le cyclisme
Marion Rousse : en live avec la directrice du Tour de France Femmes 2024
Isabeau Courdurier : « Retrouver du plaisir en VTT m’a permis de sortir de mes comportements destructeurs. »
Voir tous les épisodes
Vous aimerez aussi…

« Photographe amateur, j’exerce depuis six ans cette passion qui a toujours fait partie de moi. Ce

Les sports motorisés et les femmes, ça a toujours été compliqué. Mais aujourd’hui, certaines se frottent à l’asphalte et n’hésitent plus à rouler sur les préjugés. En pôle position, l’Allemande Sophia Flörsch, une prodige du volant pour qui la ligne d’arrivée n’est rien moins que la Formule 1.

C’est une pièce du vestiaire féminin dont on parle peu. Audrey Millet, docteure en histoire, spécialiste de la mode, s’est intéressée au maillot de bain, bout de tissu qui, par le biais du sport notamment, a grandement contribué à l’émancipation du corps féminin.

C’est la queen de la descente en kayak. Quadruple championne du monde cette année, Manon Hostens manie la pagaie comme personne, mais n’en a pas moins les pieds sur terre. À 27 ans, elle a à cœur de faire connaître son sport et sait que, pour ça, il faut de belles victoires . Cette fille ÀBLOCK! compte bien poursuivre sur son élan et a déjà les yeux tournés vers les Jeux de Paris 2024.

Gymnaste au parcours atypique, qui privilégie le collectif à l’individuel, Célia Joseph-Noël étonne et détonne dans le monde de la gymnastique française. Petit questionnaire sportif pour mieux connaître cette jeunette qui monte.

Sauter, elle aime ça. En hauteur, encore plus. Et l’année 1983 sera sienne. Après avoir remporté les premiers championnats du monde d’athlétisme, en Finlande, Tamara Bykova bat le record du monde féminin du saut en hauteur à Pise, en Italie. C’était un 25 août…

Ce week-end, départ annoncé d’une Odyssée des neiges ébourriffante ! Une aventure réunissant les meilleurs mushers de la planète (dont notre Française Aurélie Delattre) et leurs chiens-athlètes. Une course de traîneaux qui va durer onze jours dans les hauteurs alpines, ça vous chauffe ?

Elle était considérée comme la favorite du 100m papillon. Lorsque Carolyn Wood participe aux JO de Rome, en 1960, elle a tout juste 14 ans. Et rien ni personne n’aurait pu la battre si ce n’est un événement imprévisible…

Riche, pleine de promesses, l’histoire du cyclisme français féminin est pourtant assez peu connue. Pourtant, de nombreuses coureuses se sont illustrées tout au long du XXe siècle et continuent d’inspirer la nouvelle génération qui tente aujourd’hui d’entretenir cet héritage. Revenons sur l’histoire de cinq championnes du passé au présent, au parcours différent, mais toujours lumineux.

Elle se destinait à une carrière dans la pub, elle est devenue accro à la photo. Catherine Steenkeste, notamment photographe de la NBA, trace son parcours en solo avec toujours la même passion, la même exigence. Pour ÀBLOCK!, elle a accepté de partager cinq clichés qui lui ressemblent. Comme ce portrait gourmand de la basketteuse Sandrine Gruda…

L’eau, c’est son élément ! Navigatrice aux multiples exploits, Maud Fontenoy est presque née en mer. Battante dans l’âme, elle est l’une des « premières ». Première femme à traverser l’Atlantique Nord et le Pacifique à la rame. Première Française à réaliser le tour du monde à contre-courant.
À travers sa fondation, elle se bat désormais pour la protection des eaux : sauver l’océan, c’est sauver l’homme.

Le moment est venu. Le sport féminin n’est plus un pari, c’est une évidence économique, sociale et stratégique. Pourquoi investir dans le sport féminin n’est plus une option mais une nécessité stratégique ? On vous dit tout.
Abonnez-vous à la newsletter