Caroline Garcia Une championne, une fille tout court

Caroline Garcia, le rêve est en marche…
Voilà, c'est fini. Caroline Garcia boucle la saison et puis s'en va. En 2025, Roland-Garros est son baroud d'honneur. Cette sportive-là n'a pas été épargnée par les désillusions et les frustrations, mais elle a nous a offert de sacrés bon moments.

Par Alexandre Hozé

Publié le 09 septembre 2022 à 11h53, mis à jour le 23 mai 2025 à 19h18

Elle vient d’annoncer qu’elle raccrochait la raquette. Juste avant l’ouverture du tournoi de la Porte d’Auteuil, Roland-Garros 2025, the last one…

Un petit rappel des faits s’impose : après des débuts sur les courts à l’âge de 10 ans, elle progresse à son rythme sous l’œil de son père. Tranquille, passionnée, performante. Une fois décroché un titre de championne de France des 17-18 ans, elle s’attaque au circuit WTA. Mais encore une fois, sans se presser.

©Caroline Garcia/Facebook

L’apprentissage du haut niveau est loin d’être chose aisée. Mais Caroline Garcia n’est pas du genre à baisser les bras. Coachée par son père, elle adapte petit à petit son jeu aux exigences du tennis pro. Quelques premiers tours réussis lors des tournois du Grand Chelem, une entrée dans le top 100 mondial… Les efforts paient, sa notoriété monte. Et les résultats vont rapidement suivre. 

En 2014, premier coup d’éclat pour la Française. Victoire sur le sol colombien lors du tournoi de Bogota. Ça y est, Caroline Garcia gagne. Et si la confirmation la saison suivante est plus délicate, qu’à cela ne tienne, la tricolore va assumer son nouveau statut : celui d’une joueuse qui regarde vers le haut et qui ne tremble devant personne.

©Caroline Garcia/Facebook

En 2016, ce sont deux titres qui tombent dans sa besace en simple. Mais la joueuse ne se cantonne pas à ça… Son style de jeu agressif est parfaitement adapté aux exigences du double. Son association avec Kristina Mladenovic va le confirmer. À domicile, devant un public parisien ravi d’avoir des Françaises à ce niveau, le duo remporte Roland-Garros. Ce n’est pas rien ! 

Et Caroline Garcia prend goût au succès. La saison suivante, toujours lors du tournoi de la Porte d’Auteuil, elle se hisse en quarts de finale en simple. Meilleur résultat pour elle dans une compétition de ce niveau. Ça se voit au classement : le top 10 WTA compte une nouvelle membre. Sa huitième place mondiale va même lui permettre de briller lors du Masters, échouant aux portes de la finale. 

©Caroline Garcia/Facebook

Fin 2017, tout le monde en est persuadé : la France tient une pépite. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Malgré un passage dans le top 5 mondial, Caroline Garcia perd de sa régularité. Et à ce niveau-là, ça ne pardonne pas. Dix-neuvième mondiale fin 2018, elle ne va pas arrêter de chuter au classement pendant plus de trois ans. Mais tout n’est pas à jeter dans cette période. Notamment sa victoire en Fed Cup avec l’équipe de France. Au bout du suspense lors du double décisif, accompagnée par Kristina Mladenovic, Caroline Garcia s’offre une parenthèse dorée. Mais ses contre-performances en simple vont vite la ramener sur terre. 

Quelque chose ne va pas, il faut du renouveau pour permettre à la jeune prodige de retrouver le chemin du succès. Caroline Garcia en est d’ailleurs la première consciente et va se donner les moyens de casser cette dynamique. 

©Caroline Garcia/Facebook

L’association avec son père, c’est fini. Si Louis-Paul Garcia reste le premier supporter de sa fille, c’est à Bertrand Perret qu’incombe le coaching, désormais. Choix audacieux de la part de la joueuse. Mais ça paye ! 

Début 2022, Caroline Garcia est soixante-quatorzième mondiale. Et après un début de saison poussif, tout s’accélère. Comme en 2016, elle s’impose Porte d’Auteuil en double avec sa pote Kristina Mladenovic. Puis, lors du tournoi de Bad Homburg et de Varsovie, elle retrouve le succès. Depuis quelques semaines, la Française a encore augmenté son niveau de jeu. Et ça fait mal. 

©Caroline Garcia/Facebook

A Cincinnati, compétition de haut vol, elle se sort des qualifs pour aller chercher dans la foulée la victoire finale. Une première dans l’histoire du tournoi canadien ! Trois membres du top 10 n’ont rien pu faire face à une Caroline Garcia en état de grâce. Cette victoire lui fait prendre une autre dimension. 

La tricolore fait partie des favorites pour l’US Open. Et elle assume ! Personne n’arrive à lui voler un set. Même la jeune prodige américaine Coco Gauff échoue devant son public. Pour la première fois de sa carrière, Caroline Garcia est en demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem. Hélas, le rêve se brise aux portes de la finale, balayée en deux sets, 6-3, 6-1.

Mais si elle n’a pas réussi à vaincre la cinquième joueuse mondiale, la Tunisienne Ons Jabeur, la Française peut se consoler avec une saison (déjà) historique : « C’est comme ça que je kiffe ma passion, a positivité Caroline Garcia lors de la conférence de presse qui a suivi la désillusion de cette demi-finale. Il y a encore plein de marge de progrès dans plein de domaines. C’est aussi beaucoup d’enthousiasme par rapport au futur. »

Toujours sur sa lancée, Caroline Garcia est allée chercher le plus beau succès de sa carrière quelques semaines plus tard. Elle a décroché, le 8 novembre 2022, le 11e titre de sa carrière en simple, en s’imposant au Masters WTA, au Texas. Elle devient, à 29 ans, la deuxième Française à remporter ce titre, dix-sept ans après la victoire d’Amélie Mauresmo.

©FFT

Cinquième mondiale à quelques semaines de Roland-Garros 2023, Caroline Garcia avait de très gros objectifs en tête. Depuis Marion Bartoli à Wimbledon en 2013, aucune Française n’était allée chercher un autre titre sur un tournoi du Grand Chelem. Et si c’était maintenant ? Ça commençait par le tournoi parisien sur terre battue puis ça se poursuivait par le gazon londonien quelques semaines plus tard. Et après une demi-finale la saison dernière, comment ne pas penser à l’US Open en fin de saison ? Sur et certain, Caroline Garcia pouvait se permettre de rêver au Graal… Mais avant de rêver, il allait falloir confirmer son retour au premier plan. Après un début d’année 2023 couci-couça, la tricolore était attendue au tournant.

Malheureusement, peine perdue, perte de foi, notre frenchy dégringole dans les méandres du Top. Les sommets côtoyés en 2022 auront été le Nirvana de Caroline Garcia. Sa fin de saison 2023 est décevante, et sa sortie du top 10 mondiale ne l’illustre que trop bien.

L’année 2024 ne sera pas meilleure. Elle ne parvient pas à dépasser le stade du second tour dans les tournois du Grand Chelem, elle est éliminée au premier tour des Jeux Olympiques de Paris. La voilà qui quitte le top 50 mondial.

Une chute vertigineuse… Et 2025 ne semble pas être consolatrice, tant et si bien que Caroline Garcia quitte le game. Alors qu’elle est au premier tour de Roland-Garros pour la quinzième fois, la Française pointe à la 145e place du classement WTA. Pour autant, peu importe son résultat à cette édition 2025 du tournoi de la Porte d’Auteuil, elle est là pour être encouragée une dernière fois par les spectateurs, cette quinzaine parisienne prend la forme d’un ultime adieu de la tenniswoman à un public qui l’a toujours soutenue.

Un soutien mérité : la carrière de cette joueuse, il est vrai à la carrière en dents de scie, aura créé tant d’émotions ! De la joie, de l’admiration, de la tristesse, de la colère… Avec elle, nous sommes passés par tous les stades. Et même si on aurait voulu l’applaudir davantage, il faut lui reconnaître un parcours hors du commun.

©Facebook Caroline Garcia

Ouverture : FFT

D'autres épisodes de "Tennis : femmes sur court"

Vous aimerez aussi…

Yvan Gastaut : « Pour les Jeux de Paris, on a beaucoup parlé de parité, mais l’accent mis sur le handicap me semble plus important encore. »

Yvan Gastaut : « Pour les Jeux de Paris, on a beaucoup parlé de parité, mais l’accent mis sur le handicap me semble plus important encore. »

Il est historien et maître de conférences à l’université Côte d’Azur, UFR Staps. Yvan Gastaut s’est penché sur les traces que laisseront les Jeux Olympiques de Paris sur notre mémoire collective. L’occasion d’évoquer, avec lui, les mécanismes à l’œuvre dans la construction d’un récit collectif et de parler handicap et parité.

Lire plus »
Senda Berenson, celle qui a conjugué le basket au féminin

Senda Berenson, celle qui a conjugué le basket au féminin

Longtemps réfractaire à l’éducation physique, Senda Berenson s’est servie du sport pour renforcer sa constitution fragile. Devenue professeure de sport à Boston, elle s’est mise en tête d’y convertir ses élèves en les initiant à une discipline toute jeune, le basketball. Retour sur le parcours d’une pionnière qui a su saisir la balle au bond.

Lire plus »
Karine Joly et Greg Crozier : « Arriver au sommet du freefly en couple, c'est juste une chance incroyable. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un couple qui s’envoie en l’air, une aventurière à découvrir sous plusieurs formats et une navigatrice qui se prépare à un tour du monde mythique, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK !. Bon rattrapage !

Lire plus »
Elina Giallurachis

Le Q&A de la sprinteuse Elina Giallurachis

Gym, saut à la perche et maintenant elle fonce sur la piste en s’entraînant au 400m qui lui redonne le plaisir du sport de haut-niveau. Sur ses crampons, Elina Giallurachis ne lâche rien. Elle répond à notre questionnaire de Proust à la sauce ÀBLOCK!

Lire plus »
Iga Swiatek, un air de déjà vu…

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une acrobate de rue, un événement vert et sportif, l’histoire des filles de l’aviron et les portraits des deux jeunes joueuses, finalistes de Roland-Garros (dont Iga Swiatek, deuxième fois victorieuse du tournoi), c’est le meilleur d’ÀBLOCK! cette semaine.

Lire plus »
Manon Genest

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une athlète d’exception et maman épanouie qui se confie sans langue de bois (Manon Genest sur notre photo), une cycliste qui se lance dans un défi fou, notre marathonienne préférée qui se frotte à la piste et notre rubrique Kids, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Bon rattrapage !

Lire plus »
Le Q&A de la cycliste Alice Puech

Le Q&A de la cycliste Alice Puech

Toujours prête à monter en selle ! À vélo, Alice Puech est une acharnée, une fille qui ne craint pas d’avaler les kilomètres. Également triathlète, elle est une sportive à l’énergie débordante. Petit Q&A express et en images d’une cycliste épanouie.

Lire plus »
Ladies System Defense, une asso de self-défense pour savoir dire non

Dans les coulisses de Ladies System Defense avec Aton

Depuis 2011, un ex-gendarme et son équipe d’experts apprennent aux femmes à réagir et résister dans le cadre d’un danger. Leur association, Ladies System Defense, propose des formations de self-défense dans lesquelles la pédagogie et le soutien psychologique ont toute leur place. Nous avons demandé à Aton, ex-membre du GIGN, de nous servir de guide au sein de l’un de ces stages.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner