Audrey Millet « Le maillot de bain est un objet de résistance, un cri »

Audrey Millet : « Le maillot de bain est un objet de résistance, un cri. »
C’est une pièce du vestiaire féminin dont on parle peu. Audrey Millet, docteure en histoire, spécialiste de la mode, s’est intéressée au maillot de bain, bout de tissu qui, par le biais du sport notamment, a grandement contribué à l’émancipation du corps féminin.

Par Sophie Danger

Publié le 15 mars 2022 à 17h08, mis à jour le 03 avril 2022 à 11h32

Comment vous est venue l’idée de vous intéresser au maillot de bain, un vêtement dont, finalement, on connaît peu, voire pas, l’histoire ?  

Cela faisait très longtemps que j’y pensais parce que c’est une pièce minuscule et que l’on porte très peu dans l’année. Et puis, en ce moment, nous assistons à un phénomène de re-couverture du corps des femmes et cette problématique du corps, du rapport au corps m’intéressait.

Il y aussi le fait que le maillot de bain est une liberté, pas seulement une liberté personnelle, mais une liberté qui relève des libertés civiles.

Il existe des pays dans lesquels nous avons le droit de montrer notre peau, d’autres non. Pour nous, occidentaux, cet état de fait peut paraître normal mais, au regard de l’Histoire, il ne l’est pas du tout

Dans votre ouvrage, « les dessous du maillot de bain »*, vous évoquez longuement les 19e et 20e siècles, date de l’avènement du sport, masculin dans un premier lieu, puis féminin. À cette époque, les femmes se baignent en pantalon et chemise pour protéger leur pudeur, il existe des guérites ou des machines à bain pour se changer et il y a séparation des sexes avec horaires différenciés pour se baigner. Est-ce que seul le costume de bain féminin était à ce point contraignant ou le costume masculin devait répondre, lui aussi, à certaines exigences ? 

Les hommes pouvaient se baigner en chemise et en pantalon mais, en fait, beaucoup se baignaient nus et puis, à la fin du 19e siècle, apparaissent ces maillots terribles, moulants, à rayures, qui ressemblent à des combi-shorts.

Quoi qu’il en soit, comme les hommes sont entre eux, nus ou pas, on ne les accuse pas de promiscuité. Pour les femmes, c’est différent. Des femmes qui se baignent, on en trouve trace dans les hammams durant l’époque médiévale, et d’emblée, la question de la prostitution se pose, il y a un soupçon d’infidélité automatique en ce qui les concerne. 

Scène de plage en 1883…©Wikipedia

À quoi ressemble le maillot de bain féminin au 19e siècle ? Est-il réellement possible de nager avec ?  

Le maillot est composé de manches longues, on trouve aussi des cols bateau et des pantalons en laine. Tout cela pèse une tonne et c’est pour cela que les femmes sont accompagnées dans l’eau car, avec ces vêtements, leur corps devient extrêmement lourd.

D’ailleurs, elles ne nagent pas, elles s’immergent. Elles sont encadrées par deux personnes qui les tiennent et, après, les sortent de l’eau. La finalité du bain, à cette époque, est médicale et c’est cette caution médicale qui va faire avancer le rapport au corps.  

En 1913 dans l’océan Pacifique…

Ça coïncide avec l’avènement du courant naturiste et l’idée de guérir grâce aux éléments, l’eau notamment… 

Oui, à cette époque, les villes grossissent, ce sont des villes champignons, industrielles, et les campagnes vont en ville. Il y a des miasmes partout, la tuberculose, le choléra, et des odeurs terribles.

On commence à changer notre regard sur l’eau car on se rend compte que, finalement, ce n’est peut-être pas là que se logent les microbes. C’est le début du naturisme qui est une vraie philosophie, plutôt à destination des aristocrates en France, des prolétaires en Allemagne.  

Cette pièce du vestiaire va évoluer en premier lieu vers plus de sophistication avec des accessoires (ceintures, cols…) puis on va trouver des costumes d’un seul tenant et, les années passant, bras et mollets vont se découvrir. Cette diminution progressive de la taille du maillot semble avoir été assez rapide.   

L’industrie de la mode est incroyable. Dès les années 1860, on trouve des costumes consacrés avec des chaussures incroyables agrémentées de lacets comme celles des danseuses.

Il faut sa domestique pour se faire habiller, prendre un bain de mer se prévoit, c’est la grande aventure. Mais cette évolution du maillot de bain est finalement très rapide.

Dès que l’on a accepté le fait que l’eau était bonne et que la pratique de la natation pouvait faire du bien, notamment aux femmes, tout s’est enchaîné très vite.  

©Le carton voyageur-Musee de la carte postale de Bretagne

De quelle façon ? 

Le 19e siècle est marqué par un grand mouvement féministe, il y a eu les suffragettes, bien entendu, mais c’est la même chose au Brésil, en Iran… Toutes les femmes se soulèvent en même temps et demandent les mêmes droits que les hommes, notamment le droit de se mouvoir comme eux.

Il faut alors montrer que l’on est forte, pas seulement une faible femme. Très rapidement, les femmes vont se rendre compte que les manches empêchent de nager et quelques-unes vont les enlever ce qui va faire scandale.

Ceci étant, quand on agresse ces femmes en costume de bain, ce n’est pas pour protester contre le maillot mais contre leur émancipation. Le maillot de bain n’est qu’une excuse, ça pourrait être autre chose.  

1920, les maillots de bain prennent le large…

Finalement cette évolution du maillot de bain, elle est le fait de qui ? Des créateurs qui donnent le ton ou des femmes elles-mêmes ?  

Ce sont les femmes qui permettent cette évolution, les couturiers récupèrent. En 1920, on voit déjà des femmes nombril à l’air sur la plage.

Il y a cette envie de bien être, de profiter du moment et de tout ce qui se passe sur le sable. Ces moments sont des moments déconnectés de la vie, des moments de vacances réservés à la bourgeoisie.

Avec le développement des transports, tout le monde – populations locales y compris va progressivement se diriger vers la plage. Or, quand on s’y rend avec mari et enfants, il devient de plus en plus difficile de respecter la séparation des sexes.

Fin 19e, lorsque la famille s’invite à la plage, la séparation des sexes explose.  

1930, les corps se découvrent…

Quelle incidence a eu le maillot de bain sur le rapport à l’autre sexe ?  

Le maillot de bain a permis de remettre des paupières sur les yeux des hommes. Depuis l’Antiquité, la femme est accusée d’être une séductrice. Face à elle, qu’elle le veuille ou non, l’homme craque.

Là, avec le maillot de bain, on lui explique qu’il va lui falloir bien se tenir. Avec le maillot de bain, les hommes ont été obligés d’accepter le corps d’une femme sans la violer.  

Il y a un autre facteur qui va grandement peser sur l’évolution du maillot de bain, c’est l’avènement du sport féminin. Pour autant, le costume sportif des femmes a souvent fait scandale mais il semble, néanmoins, que le maillot de bain ait été paradoxalement mieux accepté. Pourquoi ?  

Il y a toujours ce fait que l’eau soit devenue quelque chose de sain et que l’on accepte que la natation fasse du bien au corps. Cette période est également marquée par le développement de la gymnastique et ça joue aussi beaucoup.

Enfin, autre raison, les maîtresses d’école sont souvent des femmes et s’il faut apprendre la natation aux enfants, et bien ce sera avec elles.  

À la piscine, en 1938…

Il ressemblait à quoi le maillot des sportives  et quel regard portait-on sur elles à l’époque ?  

Le maillot des sportives est une combinaison. Dans le livre, j’évoque Adeline Trapp, une enseignante de 20 ans, employée comme sauveteuse à New York.

Elle s’était fait faire un maillot par une copine couturière et, quand elle va le porter, la police va débarquer. Après chaque baignade, quelqu’un devait être là pour la couvrir immédiatement.

Ce qui est intéressant, là, c’est le rôle qu’ont joué les médias. Ils ont immédiatement relayé l’information et ils ont beaucoup aidé à faire accepter le maillot de bain.

Quand vous voyez ces costumes dans la presse, il y a des conversations le soir à la maison et il y a sans doute plein de gens qui se sont dit que ce n’était pas si choquant.   

Adeline Trapp

Vous évoquez une autre figure marquante, Annette Kellermann, star de cinéma mais aussi athlète, qui va notamment traverser Paris à la nage. Par la suite, elle va se mettre en scène dans des spectacles aquatiques revêtue d’une combinaison qui dévoile bras et jambes et colle à la peau. Elle sera arrêtée à Boston en 1907 pour « indécence » et son procès va faire jurisprudence. Le juge devant lequel elle passe statue en faveur de l’argument sportif et ce verdict va permettre la popularisation du maillot de bain une pièce mais aussi légitimer la natation pour les femmes…

À cette époque, dans la vie de tous les jours, les vieilles dames sont encore engoncées dans des dentelles et les petites filles enlèvent le corset.

Il y a aussi ces jupes et ces carrés qui arrivent et puis les maillots de bain. Dans cette perspective, le maillot de bain est tout autant un objet de résistance que la robe plus courte qui montre les chevilles et les mollets.

On le remarque moins parce qu’on ne l’avait pas encore étudié et parce qu’on ne le met pas souvent mais, à chaque fois que l’on enfile un maillot, c’est comme si on avait un drapeau, une pancarte. Le maillot de bain est un cri.

Ce qui est très intéressant avec Annette Kellermann, c’est que l’acte de naissance de la popularisation du maillot de bain, c’est effectivement son procès. On peut, de fait, dire que le maillot de bain est né dans un palais de justice.   

Annette Kellermann, championne de natation, inspiration féministe, qui a délivré le corps des femmes en popularisant le maillot de bain moderne.

Est-ce que des Françaises ont, elles aussi, contribué à cette révolution des mœurs ?  

J’ai surtout croisé la route d’Américaines car les Américains étaient très pudiques. En revanche, dès qu’ils ont compris que le maillot de bain était un nouveau marché, qu’ils allaient pouvoir habiller toutes les côtes et permettre, en cela, de développer les villes, le tourisme, ils l’ont accepté.

Au nom du business, les Américains ont complètement retourné leur veste par rapport au maillot de bain, ça leur permettait de paraître modernes. C’est aussi la période où la piscine se développe. Il y en a de plus en plus, privées et publiques, et ça concerne tous les sexes et tous les âges.

Suite à cela, les Américains vont développer divers types de maillots de bain, certains dorés avec des bijoux, d’autres plus sportifs, à destination de la famille, l’industrie va s’adapter.

Il va devenir de moins en moins couvrant car on accepte également que la peau puisse prendre le soleil, c’est bon pour le moral et être bronzé prouve que vous êtes toujours en vacances, donc que vous êtes riches.  

En 1944, sur les côtes méditerranéennes…©Wikipedia

Où peut-on se fournir en maillots de bain au début du 20e siècle ? Dans les grands magasins parisiens, par exemple ?  

En France, on assiste au développement du prêt-à-porter. Peu à peu, des collections sportives se développent mais, à l’époque, l’usine du monde c’est les États-Unis. On reçoit les maillots de bain, il n’y a pas vraiment de fabriquant chez nous.

Parallèlement, les Américains développent des fibres élastiques, ce qui est pratique car ça permet de ne plus faire un maillot sur mesure… Ils ont dix-huit trains d’avance sur nous dans ce domaine !

Finalement, le sport, la natation, va permettre de démocratiser le maillot de bain et le rapport au corps ? 

Le sport démocratise par le biais de la natation, parce que l’on se retrouve tous avec la même tenue… si on ne regarde pas dans le détail.

C’est aussi une philosophie de la santé du corps, il faut prendre soin de soi car être trop gros est dangereux, il faut être dynamique pour entretenir ses muscles. Il y a une forme de démocratisation, de popularisation qui va faire du bien.  

JO 1948, quand les nageuses danoises décrochent l’or…

Le corolaire avec la généralisation du maillot de bain, c’est l’injonction au corps parfait, notamment pour les femmes. L’égalité face à la nudité reste un fantasme ?  

Après la seconde guerre mondiale, il y a eu les 30 glorieuses. On a vu l’apparition des seins nus, du monokini. C’était la fête et, pendant cette période, on a pu se découvrir.

Depuis vingt ans, on traverse une crise économique et sociale, ce n’est plus la fête et il y a des reculs concernant le corps. Ce contexte là joue beaucoup, mais c’est aussi aux filles de dire non. Parfois les filles se mettent la pression toutes seules même si c’est difficile à accepter.  

Design original du monokini…©Wikipedia

En retraçant l’histoire de ce petit bout de tissu, par quoi avez-vous été la plus surprise  

Je suis remontée à l’Antiquité et, à cette époque, dès qu’une femme approchait l’eau, il y avait un viol. C’est ce rapport au corps féminin, véritablement traumatisé et oppressé pour que les hommes rangent leurs attributs qui m’a surprise. Et évidemment, tout cela est de la faute des femmes !

Et puis, ensuite, il y a ce mouvement de body positivisme. La société n’est pas la seule responsable du rapport que nous entretenons à notre corps, à notre nudité, les femmes se mettent la pression elles-mêmes en oubliant que les hommes ne sont pas parfaits non plus, qu’ils ont des complexes comme nous, qu’eux aussi vieillissent… 

Le body positivisme est un mouvement social d’acceptation de son corps tel qu’il est…

*Audrey Millet, « Les dessous du maillot de bain, une autre histoire du corps », Éditions Les Pérégrines 

D'autres épisodes de "Dans les coulisses du sport au féminin"

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