Anne-Claire Le Berre « La Route du Rhum ? Je ne suis pas là pour faire de la figuration. »

Anne-Claire Le Berre : « La Route du Rhum ? Je ne suis pas là pour faire de la figuration. »
Il y a d’abord eu les Jeux Olympiques. Pendant longtemps, ils ont été le but ultime d’Anne-Claire Le Berre. La course au large, elle, s’est invitée bien plus tard, après une brillante carrière d’ingénieure et de directrice technique. Recrue de UpWind by MerConcept, la Brestoise, 44 ans, s’apprête à prendre le départ de la Route du Rhum dont le coup d’envoi sera donné de Saint-Malo le 1er novembre prochain.

Par Sophie Danger

Publié le 16 octobre 2026 à 17h38, mis à jour le 16 octobre 2026 à 17h42

Le 1er novembre, tu vas mettre le cap sur la Guadeloupe à bord d’UpWind by MerConcept, un trimaran de 15 mètres qui appartient à la classe des Ocean Fifty, pour la première Route du Rhum de ta carrière. Comment tu appréhendes cette course ?

Bien. À quelques jours du départ, c’est comme si le temps s’était accéléré depuis notre dernier événement de préparation. La prochaine échéance, désormais, c’est le Rhum et on change d’échelle : il faut être à Saint-Malo, il y a beaucoup de sollicitations, plus beaucoup de temps d’entraînement…

Tu vis comment ce temps qui t’échappe ?

Il faut le maîtriser un peu pour que le stress ne monte pas trop, mais c’est assez impressionnant, un peu vertigineux. Je sais que le bateau est prêt, que je suis prête, mais je suis dans cette phase de transition : la course arrive, elle a lieu demain et j’ai encore plein de choses à faire mais, en même temps, je suis prête, il me reste à faire mon sac et y aller.

©Guillaume Gatefait

Tu as 44 ans et trente-sept ans de mer derrière toi. Tu as débuté lorsque tu avais 7 ans, à Brest, pour faire comme tes deux grands frères. Sans être née dans une famille de marins, tu as attrapé le virus très tôt et la voile est devenue un pan très important de ta vie.

Mes parents ne font pas du tout de voile. Le lien qu’on a avec la mer dans la famille, c’est avant tout un lien géographique puisque nous avons grandi et passé notre enfance dans une petite commune du Nord Finistère. Mes frères ont commencé la voile avec la voile scolaire avant de s’inscrire en club. Lorsque je suis née, ils avaient déjà accroché. Mes parents, qui avaient la chance d’avoir du temps parce qu’ils étaient enseignants, nous ont trimballés tous les trois aux quatre coins de la France, de l’Europe, puis du monde dans un camping-car pour suivre l’un, puis l’autre.

L’idée de naviguer est venue assez naturellement alors ?

Du haut de mes quelques centimètres, j’ai sillonné tous les parkings de régates et j’ai commencé à me demander quand mon tour allait venir. Il était clair que j’allais aller sur l’eau. Je suis tombée dedans toute petite, assez miraculeusement grâce à mes frères, à des rencontres qu’ils ont pu faire et à cette passion familiale pour le voyage. Aujourd’hui encore, d’ailleurs, j’ai gardé beaucoup de ça dans ma manière de vivre la voile et de la partager avec mes enfants : la voile, c’est aussi le voyage.

©Guillaume Gatefait

Comment ça s’est passé pour toi ?

J’ai d’abord appris à nager, sur un site de régate, dans un club Mickey, au bord d’une plage en attendant mes frères qui étaient sur l’eau. J’ai fait mon premier stage de voile à 7 ans et j’ai accroché tout de suite. Comme mes frères étaient déjà dans la compétition, j’ai pu accéder au club facilement. Il y a eu un moment, je devais avoir 10 ans, où la voile m’a dégoûtée un peu. Il faisait froid, il fallait aller sur l’eau, c’était mouillé, donc j’ai arrêté pendant trois ou quatre mois jusqu’à ce qu’un matin je refasse mon sac pour partir avec mes frères à l’entraînement. Ma mère ne m’a pas posé de questions, elle m’a emmenée et depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais arrêté.

Tu as débuté par de l’Optimist puis il y aura l’équipe de France avec des débuts en 420.

Oui, j’ai commencé par la voile légère et j’ai fait trois préparations aux Jeux Olympiques, Jeux auxquels je n’ai finalement pas eu la chance de participer. En voile, les sélections sont rudes, notamment pour les Français, parce qu’il y a beaucoup de très bons candidats et une seule place par bateau et par nation. Ça a été non pas un échec dans ma vie sportive, mais une quête qui n’a pas abouti malgré des années et des années de travail.

©Guillaume Gatefait

Tu en as gardé quoi ?

Ça m’a formée à ce que je suis aujourd’hui. Ça m’a appris le goût du sport, du dépassement de soi, cette volonté d’aller jusqu’au bout parce que la culture olympique, c’est très, très pointu, ça demande beaucoup de travail, beaucoup d’heures sur l’eau, beaucoup d’investissement. Cette période de ma vie a duré jusqu’à mes 30 ans et, en parallèle, j’ai fait des études parce que je n’imaginais pas pouvoir vivre de la voile. J’ai fait une école d’ingénieur en sport à l’INSA de Rennes, qui était une des seules structures, à l’époque, à proposer un vrai cursus pour les sportifs de haut niveau. J’ai eu mon diplôme en neuf ans au lieu de cinq, avec les aménagements de temps qui m’ont permis d’évoluer au haut niveau, sur le plan sportif, mais aussi sur le plan des études.

©Guillaume Gatefait

Il paraît compliqué de mener de front un parcours de sportif de haut niveau et un cursus scolaire exigeant. Comment es-tu parvenue à ne renoncer ni à l’un ni à l’autre ?

Ça demande beaucoup, en effet, d’investissement personnel pour réussir à faire les deux. J’ai eu la chance d’avoir quelques facilités à l’école, ce qui m’a aidée pour mener à bien ce double parcours. Durant mon cursus, j’ai intégré l’Armée des champions, un dispositif mis en place par les armées pour les sportifs de haut niveau non professionnels. J’étais rattachée à la Marine et ça m’a permis d’avoir un statut social et de commencer à gagner ma vie parce qu’on ne peut pas vivre au crochet de ses parents en faisant des études et du sport toute sa vie.

Tu as 30 ans lorsque tu décides de donner une nouvelle orientation à ton parcours. À partir de ce moment-là, la voile olympique, c’est terminé pour toi.

J’avais mené trois campagnes olympiques, pas de sélection, ma discipline venait d’être rayée du programme olympique. Si je voulais continuer dans cette voie, cela signifiait qu’il fallait que je change de nouveau complètement de discipline. J’ai essayé un temps, j’ai fait un peu de catamaran de sport, l’actuel Nacra 17 qui est aux Jeux. Ça a duré un an, mais je me suis dit que, vu le plateau français, je ne serais pas à la hauteur pour décrocher ma sélection alors j’ai décidé d’arrêter. C’est aussi à cette période que j’ai eu mon premier enfant, ce qui a aussi pas mal joué dans la décision.

©Guillaume Gatefait

Tu fais donc une croix sur le haut niveau.

Oui, j’ai décidé de mettre à profit mon diplôme d’ingénieur pour commencer à bosser. Le problème, c’est que j’avais fait du génie civil, à savoir bâtiments et travaux publics, et ça m’intéressait finalement peu. Grâce à des rencontres, j’ai découvert le métier d’ingénieur dans la course au large, donc conception, design et suivi de chantier des bateaux de course. Je me suis dit que c’était ça qu’il fallait que je fasse. Comme je n’avais pas tout à fait la bonne ligne sur mon CV, l’armée m’a offert l’opportunité de suivre une formation d’architecte navale pendant un an à Paris. C’était vraiment la première fois où j’allais à l’école pour apprendre le métier que j’avais envie de faire. Mon diplôme en poche, j’ai trouvé un stage et, dans la foulée, on a décidé, avec le père de mes enfants, de quitter Brest pour déménager dans le cœur de la Cité de la Voile : Lorient.

Tu jongles entre vie professionnelle et vie de famille, un emploi du temps bien chargé auquel tu ajoutes… un peu de navigation.

J’ai continué le match racing pendant quelque temps, j’ai d’ailleurs obtenu mon plus beau résultat en 2016, un mois après avoir accouché de mon deuxième enfant, en devenant vice-championne du monde de la spécialité. Le sport, c’est ma raison de vivre, ça m’anime et j’ai eu la chance que le père de mes enfants ait beaucoup participé à la vie de famille. C’est drôle parce qu’on me demande souvent où sont mes enfants lorsque je suis en mer et je réponds très simplement qu’ils ont aussi un père et qu’il s’en occupe. Dans l’esprit des gens, ce n’est pas toujours évident, mais dans les faits, ça fonctionne très bien.

©Guillaume Gatefait

Il est vrai que l’on demande rarement des comptes à un homme au sujet de ses enfants lorsqu’il part en mer. Une femme, en revanche, doit se justifier…

Oui, c’est assez fou. Lors des Championnats du monde en 2016, la première question qui m’a été posée par un journaliste, c’était de savoir si ce n’était pas trop dur de laisser mon enfant. Je lui ai répondu : « Est-ce que si vous vous étiez adressé à un homme, vous lui auriez posé la même question ? » Il m’a répondu non et ça a été la fin de la discussion. Pour moi, ce qui était le plus compliqué à gérer, c’était le côté physique plus que le fait de laisser mon enfant à son père. De manière générale, j’exerce un métier chronophage, mais finalement pas beaucoup plus que ceux qui ne passent jamais de temps chez eux pour raisons professionnelles. Et même s’il m’arrive de ne pas être présente auprès de mes enfants pendant une durée déterminée, quand je rentre, je prends du temps avec eux et on partage plein de choses chouettes. Nous n’avons pas un rythme de vie traditionnel, mais c’est aussi ce qui fait la richesse de ce que nous vivons au quotidien quand nous sommes ensemble.

©Guillaume Gatefait

Le goût du grand large t’es venu sur le tard et par des chemins détournés, c’est ça ?

Complètement. La course au large et la voile olympique, c’est un peu comme l’ultra-trail et le 100 mètres en athlétisme. C’est de la course, mais les athlètes ne cherchent pas du tout la même chose dans l’une ou l’autre de ces disciplines. Pour nous, c’est pareil. Mis à part l’obligation de faire avancer un bateau avec du vent, ce ne sont pas les mêmes mondes. En ce qui me concerne, je n’étais pas attirée par le grand large, ce qui s’explique peut-être par le fait que ma famille n’ait pas une ultra-culture de la voile. Je n’ai pas été bercée dès toute petite par les courses comme la Route du Rhum et je ne me suis jamais dit, à 5 ans : « Quand je serai grande, je ferai le Vendée Globe. »

Et il y avait peu de femmes…

Quand j’ai arrêté la voile olympique, il y avait le Figaro qui était une passerelle simple entre la voile olympique et la course au large, mais ça ne m’attirait pas. En fait, je n’avais pas envie de faire du solo. Jusqu’alors, j’avais toujours fait de la course en équipage, j’aimais beaucoup les gens et j’avais peur de m’ennuyer toute seule en mer, sans compter le fait, effectivement, qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes qui faisaient de la course au large.

©Guillaume Gatefait

La voile olympique a toujours été plus ouverte aux femmes que la course au large ?

En voile olympique, il y a toujours eu de la place pour les filles. En ce qui me concerne, je n’ai jamais ressenti de traitement de faveur entre les équipes femmes et les équipes hommes. On s’entraînait ensemble, il y avait les mêmes aides fédérales… La différence de sexe n’était pas du tout un sujet et, de mon point de vue, ne l’a jamais été. En ce qui concerne le large, par contre, les courses en équipage étaient très peu ouvertes aux femmes. Elles n’avaient, disait-on, pas le bon gabarit, elles étaient trop petites, trop maigres… Et puis moi, j’étais barreuse, le poste que tout le monde avait envie d’occuper. Il était difficile pour un homme de décrocher le graal, alors pour moi… C’était mission impossible.

Tu goûtes un peu au large en participant au Tour de France à la voile.

C’était un format ouvert aux pros, aux amateurs et aux écoles. Ça durait un mois, c’était par étapes entre Dunkerque et Mandelieu. C’était assez génial parce que ça permettait de commencer en effet à faire du large en équipage et là, il y avait des femmes. Pour le reste, je n’avais pas vraiment de vision et les projets IMOCA me semblaient tellement loin de là où j’étais… J’ai pris la décision de me lancer en qualité d’ingénieure.

©Guillaume Gatefait

Et tu vas vivre le large par procuration à travers le parcours de Sam Davies…

J’ai d’abord travaillé pour un cabinet d’architecture navale à Vannes et puis, j’ai eu la chance de rencontrer Tanguy de Lamotte. Il montait le projet Initiatives-Cœur de Sam Davies, recherchait un ingénieur à mi-temps et n’avait absolument rien contre le fait d’embaucher des femmes. On a commencé à bosser ensemble et j’ai fini par me retrouver à plein temps chez lui. J’y suis restée huit ans, ce qui m’a permis de connaître le monde de la course au large et de gravir les échelons. Ça m’a aussi permis de faire ma première transat sur un IMOCA avec Thomas Pesquet, parrain du bateau. C’était en 2019, on partait de Salvador, au Brésil, pour revenir à Lorient avec Initiatives-Cœur. Ça a duré dix-huit jours et ça m’a permis de me rendre compte que j’aimais la mer, que j’aimais être au large et que je ne m’étais pas ennuyée un instant, contrairement à ce que j’avais craint. Après ça, la graine a commencé doucement à germer.

©Guillaume Gatefait

La bascule s’est faite quand ?

Les années ont passé, j’ai continué à bosser et, petit à petit, j’ai eu envie de reprendre la compétition parce que c’est ce qui m’anime depuis très longtemps. J’ai réfléchi à comment mener ma vie de famille, profiter de mes enfants, avoir une situation sociale qui me permette de ne pas être dans la galère parce que ce n’est pas pareil de se lancer à 18 ans et de manger des pâtes dans un van pour faire du bateau et de se lancer quand on a 40 ans, deux enfants, une maison… Et puis, à un moment, les planètes sont alignées et je me suis retrouvée à pouvoir faire la Mini Transat en 2021. Là, tu es sans escale, sans assistance, sans ordinateur, sans rien quoi, et ça a été vraiment incroyable. Je pense que c’est un de mes meilleurs souvenirs en voile parce que c’est ma première en solo, qu’on est dix-huit jours en mer, sans lien avec la terre. On part d’un endroit, on arrive à un autre endroit et pendant dix-huit jours, le temps s’arrête. C’est le seul moment où j’ai réussi à vraiment déconnecter de tout ce qui nous fait courir toute la journée.

©Guillaume Gatefait

Tu dis alors que tu veux que ta passion redevienne ton métier.

Fin 2021, après être arrivée en Guadeloupe pour la Mini Transat, il a fallu que je rentre en faisant le tour dans l’autre sens et c’est à ce moment-là que le projet Route du Rhum est né. J’ai prévenu Sam Davies que j’allais terminer mon travail de directrice technique sur le chantier de construction de son IMOCA, mais qu’après, je n’étais pas certaine de la suivre jusqu’au Vendée Globe. Et c’est ce qui s’est passé. J’ai emmené le bateau à la Route du Rhum à laquelle Sam a participé et, un mois avant le départ de la course, je lui ai dit que je n’irais pas plus loin, que je voulais vraiment renaviguer. Je savais qu’en restant dans l’équipe avec le poste qui était le mien, j’étais rangée dans la case technique et pas dans la case navigante alors que j’étais largement capable de naviguer sur ces bateaux-là aussi. J’avais 40 ans, c’était la fin de la crise de la quarantaine que j’avais commencée à 37 ans.

©Guillaume Gatefait

Tu redeviens marin à plein temps ?

Oui, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais, qu’après ce serait trop tard parce qu’il faut être en forme physiquement pour faire ça. Je me suis lancée en tant qu’équipière d’abord, avec l’idée de monter un projet Rhum. En dix ans, le système avait beaucoup changé avec des quotas dans toutes les courses au large, des sponsors comme La Boulangère Bio qui n’aident que le sport féminin… Beaucoup de portes se sont ouvertes et j’ai pu naviguer et progresser sur tous les bateaux monocoques pendant un an et demi. En parallèle, je montais un projet Class40 pour le Rhum. Et puis est arrivé UpWind by MerConcept. Ça a été une opportunité incroyable.

UpWind by MerConcept est un projet né pour encourager et soutenir la participation féminine en course au large.

Oui, c’est un projet né pour promouvoir la voile féminine dans le multicoque via un partenariat entre MerConcept et 11th Hour Racing, le partenaire fondateur, le tout dans une optique d’intégration et de diversité des publics. Ça remplissait toutes les cases de ma personnalité : j’ai toujours défendu la place de la femme, j’ai été la première ingénieure en IMOCA, puis la première directrice technique… J’ai défriché quelques voies et c’est un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps.

©Guillaume Gatefait

Tu précisais d’ailleurs à l’époque que ce qui te motivait, c’était la compétition, pas l’aventure. Une manière de rappeler que tu étais femme, marin et que ton ambition n’était pas de participer mais de performer.

Je me rends compte en effet que cette participation à la Route du Rhum représente pour beaucoup quelque chose d’assez exceptionnel, que je suis présentée comme un rôle modèle. Je trouve ça en soi très bien et j’en suis très fière, mais cela n’empêche que je suis là pour être une compétitrice et, même s’il s’avère que mes adversaires sont des hommes, je m’en fous, je n’ai pas envie d’être là pour faire de la figuration. Je travaille pour être au niveau des autres. Le projet est jeune et je suis jeune en multicoque aussi, donc c’est un apprentissage. Notre bateau n’est pas le meilleur bateau de la flotte donc, sur le papier, il est compliqué de dire qu’on va gagner, mais j’y vais pour faire le mieux que je peux, avec la machine qui est la mienne et les connaissances que j’ai acquises en trois ans.

©Guillaume Gatefait

Tu t’inscris dans le sillage de ces grandes navigatrices qui, comme Florence Arthaud et Ellen MacArthur, ont marqué l’histoire de cette course.

Je n’ai pas eu la chance de les connaître malheureusement, mais je pense que ces femmes étaient un peu dans la même optique, à savoir être fières d’être des femmes avec cette volonté de montrer que nous sommes capables de faire les choses. Ellen MacArthur a eu un parcours incroyable, en raison de son âge notamment. C’est mon idole. Il y a aussi d’autres femmes qui m’ont marquée et que j’ai appris à découvrir par la littérature, comme Tracy Edwards, qui a enfoncé des portes au cours des années 80… Toutes ces femmes sont des femmes incroyables et leur parcours est très, très inspirant. Si, à mon tour, je peux inspirer d’autres jeunes par ma passion, j’en suis ravie.

©Guillaume Gatefait

Est-ce que tu t’es déjà projetée dans l’après-Rhum pour continuer à écrire l’histoire des femmes dans la course au large ?

Je ne sais pas ce que sera la suite. Je vais essayer de continuer à accompagner le projet UpWind sur le multicoque. C’est un projet de transmission et après, on verra les opportunités qui se présenteront. J’espère qu’il y en aura ou je les créerai. Je n’ai jamais eu peur de l’avenir. Pour l’instant, je suis très concentrée sur la Route du Rhum parce que ça demande beaucoup d’énergie, mais on devrait arriver vers le 10 novembre. Le 20, je commencerai à me poser la question.

Ouverture ©Guillaume Gatefait

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