
Marie Robert : « La défaite, c’est le chagrin. Mais il faut la regarder en face. »
L’échec est douloureux, mais il est inhérent à la vie humaine. Il a quelque chose de suffisamment grave pour être grandiose…
Publié le 04 août 2026 à 12h09, mis à jour le 04 août 2026 à 13h28
Il y a des victoires qu’on calcule, et il y a celles qu’on ressent. Celle de Sigrid Haugset appartient à la seconde catégorie. Depuis le départ de ce Tour de France Femmes, le 1er août, on vibre et on transpire avec les coureuses. Encore davantage avec celles qui nous surprennent et nous touchent alors qu’on les connaissait à peine – voire pas du tout- quelques heures auparavant. Sigrid Haugset en fait partie : 27 ans, une première saison seulement au sein d’une équipe World Tour, et soudain, dans le Col de la Faucille, lors de la 3e étape, cette idée folle : partir seule, sans savoir si le peloton reviendra. Il ne reviendra pas.
Lotte Kopecky s’est lancée à sa poursuite, l’a même recollée à dix secondes à douze kilomètres de la ligne, avant de craquer à son tour. Sigrid Haugset a résisté jusqu’au bout, seule face au Jura, et repart de Poligny en jaune.
Sigrid Haugset en jaune… ©A.S.O Billy Ceusters
Avant elle, il y avait eu Lorena Wiebes, injouable. Deux victoires au sprint en deux jours, une autorité presque tranquille. Hier, la Néerlandaise a payé cash le profil accidenté de l’étape : lâchée dès les premiers kilomètres du Col de la Faucille, elle a terminé à près de dix-huit minutes, le maillot jaune s’envolant avec elle.
Et puis il y a Océane Mahé, maillot à pois dès la première étape, elle qui roule sous les couleurs d’une petite structure loin des budgets XXL. Une preuve de plus que ce Tour laisse une place à celles qu’on n’attend pas.
Océane Mahé, un maillot à pois dès les premiers kilomètres… ©A.S.O Gaetan Flamme
Derrière, les grandes favorites se sont neutralisées plus qu’elles ne se sont affrontées : Demi Vollering, Kim Le Court, Pauline Ferrand-Prévot, Elisa Longo Borghini, Kasia Niewiadoma-Phinney, Marlen Reusser franchissent la ligne ensemble, à 2’48 de la nouvelle maillot jaune. Rien n’est perdu pour elles, mais rien n’est acquis non plus.
Trois étapes, une leçon : dans ce Tour, la place se gagne, elle ne se réserve pas.
©A.S.O Gaetan Flamme
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