Juliette GelinLa libéro qui électrise les parquets

Juliette Gelin, la libéro qui électrise les parquets
Pilier des Bleues, à seulement 23 ans, Juliette Gelin s’impose comme l’une des figures les plus inspirantes du volley féminin. Libéro au style instinctif et à la vision affûtée, elle veut devenir la meilleure au monde et on lui fait confiance. Portrait d’une joueuse qui fait du terrain sa scène et du sport un spectacle.

Par Titaïna Loiseul

Publié le 03 septembre 2025 à 7h22

« Je m’éclate, je suis vraiment contente de vivre ces émotions avec les filles du collectif qui sont super impliquées. Ensemble, on a une vraie force ! » Juliette Gelin n’est pas du genre à contenir ses émotions, dans la vie comme sur les parquets. Elle joue pour vibrer, pour faire vibrer. La jeune championne qui dit sans détour vouloir être « la meilleure libéro au monde » mêle aisément intensité et détermination. Le volley, elle kiffe et nous on la regarde jouer avec une joie enfantine.

Sur le Championnat du monde qui a lieu en Thaïlande jusqu’au 7 septembre et où l’équipe de France n’était pas allée depuis cinquante et un an, elle écrit avec ses co-équipières l’une des plus belles pages de l’histoire du volley. Juliette Gelin, du haut de ses 23 ans, affirme que les Bleues ne doivent nourrir aucun complexe : « On n’a pas encore fait assez de compétitions pour vraiment nous situer au niveau de notre évolution, on pourra le savoir dans quelques années encore. Mais c’est sûr qu’entre le début de l’été et maintenant, on a pris de la maturité, les matchs qu’on était censés gagner en mettant du rythme, on les a gagnés, c’est la preuve qu’on continue à progresser. »

©Juliette Gelin/Instagram

Lucide, positive, bien dans ses baskets, Juliette Gelin a de l’ambition et dit tout de go qu’elle ne lâchera rien. Son histoire commence à Montpellier, où elle pointe le bout de son nez un 2 novembre 2001. Le sport, elle le découvre par le tennis, mais c’est à 11 ans que le volley entre dans sa vie comme une évidence : « J’ai trouvé le sport qui me correspondait et qui me permettait d’être moi-même sur un terrain. » Très vite, elle se distingue, intègre les structures fédérales, et semble promise à une ascension fulgurante. Mais à 14 ans, une blessure au genou vient tout remettre en question. Une épreuve qui aurait pu la détourner de son rêve, mais qui, au contraire, la pousse à se réinventer. Elle devient libéro, ce poste de « super défenseur », discret mais crucial, celui qui exige de l’instinct, du courage et une lecture du jeu presque intuitive.

Juliette Gelin ne se contente pas de revenir, elle explose. Passée par le pôle France, puis l’IFVB, elle signe en 2020 avec Chamalières, où elle impose son style : une défense féline, une présence constante, une énergie communicative. Elle enchaîne avec le RC Cannes, puis Levallois Paris Saint-Cloud, où elle vit une saison de folie : championne de France, élue meilleure joueuse, meilleure jeune, meilleure libéro. Le volley français tient sa pépite.

©FFVolley

Mais Juliette Gelin voit plus loin. En 2024, elle traverse les Alpes pour rejoindre Vero Volley Milan, l’un des clubs les plus prestigieux d’Italie. Là-bas, elle découvre un autre rythme, une autre intensité, et prouve qu’elle peut briller sur les plus grandes scènes européennes. Finaliste du championnat italien, troisième en Ligue des champions : elle est partout, toujours là où on ne l’attend pas. En équipe de France, elle est un pilier. Depuis ses 17 ans, elle enchaîne les compétitions, les victoires, les émotions. Ligue européenne, Challenger Cup… Juliette joue avec le cœur, et ça se voit.

Mais ce qui la rend unique, c’est sa vision du sport : « Le samedi soir, les matchs, c’est le moment où on met son plus bel habit et on va dans l’arène. C’est du show, du spectacle », s’enthousiasme la championne sur France 3. Pour elle, le volley n’est pas qu’un sport, c’est une scène, un art, une manière de s’exprimer. Et c’est exactement ce que célèbre ÀBLOCK! : des athlètes qui ne se contentent pas de performer, mais qui inspirent, qui racontent, qui incarnent.

©Juliette Gelin/Instagram

©Juliette Gelin/Facebook

Vous aimerez aussi…

Martina Hingis

Martina Hingis, la « Swiss Miss » qui jouait au tennis comme on joue aux échecs

Plus jeune N°1 mondiale de l’histoire du tennis, la Suissesse Martina Hingis est une championne qui marqua aussi les esprits par sa défaite tragique à Roland-Garros en 1999. Elle a remporté 25 tournois du Grand Chelem (en simple et en double) au cours de sa carrière mais seule la terre battue parisienne lui aura fait défaut, et par deux fois ! Retour sur une surdouée du tennis au jeu rare et au caractère bien trempé.

Lire plus »
Simone Biles

Quand Simone Biles s’envole…

Son retour à la compet’ est un feu d’artifices. Deux ans après les Mondiaux et ses 5 médailles, Simone Biles a encore fait parler d’elle en réalisant un saut inédit dans un cadre officiel. C’était le week-end dernier lors de l’U.S Classic et elle a, elle-même, du mal à y croire !

Lire plus »
Charlotte Bonnet

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une hip hop girl alsacienne, une fille montée sur roulettes, mais aussi deux championnes de natation, l’une d’antan à l’attitude trop sulfureuse, l’autre d’aujourd’hui qui a su revenir plus forte après une période douloureuse (Charlotte Bonnet sur notre photo), ou encore une lanceuse de disque qui ne nous cache rien… C’est dimanche, c’est best-of. Profitez !

Lire plus »
Tour de France Femmes 2026 : elles n’étaient pas toutes attendues

Tour de France Femmes 2026 : elles n’étaient pas toutes attendues

Trois étapes, trois visages différents de la course. Lorena Wiebes a confirmé son statut à Lausanne puis à Genève. Mais dans le Jura, ce sont Sigrid Haugset et Océane Mahé qui ont pris toute la lumière, l’une en s’échappant seule vers le maillot jaune, l’autre en accrochant les pois dès le premier jour. Le Tour de France Femmes n’a pas fini de nous surprendre.

Lire plus »
Clémence Beretta

Clémence Beretta : « Dans l’athlétisme, j’ai compris que je pourrais m’exprimer, que je pourrais être forte. »

Elle n’avait pas pu être de l’aventure japonaise en 2021, qu’à cela ne tienne, Clémence Beretta sera du rendez-vous parisien en 2024. La marcheuse vosgienne qui a su se sortir d’un burn out pour mieux retrouver la route ambitionne de grimper sur le podium du 20km lors des Europe de Rome en juin et vise une place de finaliste aux JO. Rencontre avec une fille qui a en a sous la semelle.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner