Laëtitia Bernard : « Le saut d’obstacle m’a aidée à dépasser mes peurs. »Équitation, tandem, triathlon, 38 ans, journaliste
Championne de France en sauts d’obstacles handisport et journaliste à Radio France, Laëtitia Bernard est aveugle de naissance. Ce qui ne l’a jamais fait reculer et elle a su s’élancer pour trouver sa joie et sa liberté, autant sur le plan personnel que sportif. Un parcours incroyable qui rappelle que tout est possible lorsqu’on dépasse ses craintes. Une femme 100 % ÀBLOCK!
Propos recueillis par Claire Bonnot
Publié le 06 avril 2022 à 19h39, mis à jour le 26 août 2024 à 11h11
« Pour mes parents, professeurs d’EPS tous les deux, avoir une activité moteur était une évidence. Ils pratiquaient eux-mêmes l’athlétisme, le handball, la natation ou encore la planche à voile. Donc il était impossible pour moi de passer à côté du sport !
Ils ne m’ont jamais poussée à être une grande sportive, mais à pratiquer une activité physique. Cette démarche de recherche de performance est venue beaucoup plus tard pour moi, quand j’ai commencé à faire de l’équitation.
Au départ, c’était pour me dépenser physiquement, me faire plaisir et mieux connaître mon corps, étant aveugle de naissance. J’ai débuté par le judo de mes 5 à mes 12 ans, puis un peu de natation, de ski et de course à pied. L’équitation est venue à l’adolescence.
J’ai eu un coup de cœur pour les sensations que ce sport me provoquait. Et pour la technique que cela exige. Tout cela grâce à la rencontre avec une animatrice extraordinaire qui m’a transmis sa passion et qui a su comment m’amener à approcher toutes les techniques.
J’ai débuté par la marche, le trot puis j’ai appris à galoper et le saut d’obstacles est venu vite parce que ma monitrice en était spécialiste. Elle m’a appris petit à petit pour que je ressente les différents passages.
Étonnamment, je n’avais pas peur de faire du saut d’obstacles malgré mon handicap. Je pense que j’étais à un âge où on ne se pose pas encore trente-six questions et je faisais assez confiance à ma coach pour me lancer sur la piste.
Je crois même que c’est l’apprentissage de cette sensation de l’obstacle qui m’a aidée à dépasser mes autres peurs. Parce que j’avais peur de la vitesse, par exemple, ou lorsqu’il a fallu sauter en-dehors de la piste fermée et que le poney avait peur d’une branche, d’un oiseau… L’obstacle en lui-même n’est pas le plus important.
En revanche, si la peur me vient, mon cheval va faire des trucs bizarres. Il faut que je lui fasse sentir ma présence, ma concentration et ma confiance pour que tout se passe bien. Dans ce cadre, j’ai fait de la préparation mentale parce qu’il a suffi de mauvaises expériences pour que je buggue durant des parcours. Tout est une relation de confiance : des chevaux aux encadrants en passant par les enseignants.
Mon arrivée à la compétition est venue de ma coach qui avait vu une cavalière aveugle suivre un autre cavalier. Elle s’est dit qu’on pourrait essayer comme ça car il y avait un groupe de jeunes dans mon club qui allait aux Championnats de France Handisport. C’était plutôt en dressage, mais ils m’ont emmenée avec eux pour le saut d’obstacles.
Il faut savoir que j’ai commencé et que je continue en circuit « valides » tout simplement parce que je suis allée frapper au club à côté de chez moi. Je ne suis jamais allée dans une section Handisport.
Au moment où j’ai eu l’opportunité de partir en compétitions avec ce groupe handisport, il y a eu de plus en plus de circuit de compétitions ouverts aux athlètes handisports : le jumping de Bordeaux ou encore les différentes coupes du monde ont ouvert leurs pistes à des épreuves handisport.
J’ai donc débuté la compétition handisport en 1997 (Laetitia Bernard est quintuple championne de France handisport de sauts d’obstacles en 1997, 1998, 2000, 2002 et 2005, ainsi que championne de France de dressage poney en 1997 et 2000,Ndlr) et j’ai commencé à tourner chez les valides en 2005.
J’avais deux possibilités pour les compétitions : soit un cheval faisait le parcours devant moi et le cavalier me disait quoi faire, alors que je restais à deux-trois foulées de distance. Soit, le cavalier aveugle était seul et on posait des crieurs à côté de l’obstacle. J’aimais bien cette technique.
En général, le saut d’obstacle en handisport, c’est costaud, et ça demande une sacrée dose de concentration et donc, d’énergie ! Ce qui m’a toujours aidée, c’est d’avoir une connexion avec mon cheval. Celui avec qui j’ai fait la plupart de mes compétitions était une sorte de tapis volant ! Je lui disais « On y va, go ! » et il m’emmenait, c’était assez impressionnant.
Aujourd’hui, je ne fais plus de compétitions, ma dernière était en 2017 – c’était plutôt une démonstration -, notamment parce que je travaille tous les week-ends à la radio et avec mes horaires décalés, je n’ai plus assez de temps et d’énergie.
L’équitation m’a apportée plusieurs choses : le fait d’avancer dans une discipline et d’aller chercher des résultats m’a offert un énorme équilibre de vie, beaucoup de force intérieure, d’énergie et un épanouissement personnel.
Je me souviens qu’au moment où je faisais mes études, l’équitation était ma bouffée d’oxygène. Ça a été un moteur incroyable !
Sinon, sur le plan de la pratique sportive, essentiellement, ça fait un bien fou nerveusement, psychologiquement, ça permet de lâcher prise mentalement. Aujourd’hui, je ne peux toujours pas me passer de la pratique physique par exemple : je continue l’équitation – la compétition ne me manque pas tellement -, et je me suis mise au tandem et au triathlon.
Si je devais motiver des athlètes handisports à se lancer, je dirais simplement que le sport fait un bien fou et qu’il ne faut pas hésiter à tester différentes activités. Mais, surtout, je parlerais aux structures – hors des structures pour sportifs handis – car c’est à elle d’oser ouvrir leurs portes aux personnes en situation de handicap.
C’est à elles d’imaginer ce que l’on peut faire ensemble pour dépasser les présupposées impossibilités. J’ai moi-même eu cette chance-là, d’être allée tester un sport qui me faisait vibrer dans un club à côté de chez moi où la coach s’est demandée ce qu’on pouvait faire pour me faire vivre l’équitation et me faire partager les émotions du sport.
Comme le titre de mon livre le proclame, « Ma vie est un sport d’équipe »* et ça doit être de même pour chacun des sportifs handisports qui veulent se lancer. Il est important que les moniteurs et les clubs adaptent leur pédagogie et que les sportifs soient dans le partage et la bienveillance. Chacun peut faire un bout du chemin !
J’ai fait une formation de journaliste classique, mais c’est au moment de chercher un métier que je suis allée vers ma passion qui était donc le sport via l’équitation. J’avais envie d’être un vecteur d’information fiable et d’aller creuser les choses.
J’ai débuté à France Bleu et, petit à petit, j’ai eu des idées et des envies qui m’ont menées à présenter, en 2015, le Journal des Sports sur France Inter tous les week-ends puis à tenir la chronique sportive quotidienne de France Inter, Esprit Sport.
J’ai aussi eu envie d’approcher le parcours des grands sportifs sur un aspect plus sensoriel et j’ai lancé le podcast « Le Sens des Jeux » – une plongée dans les sports via une initiation sensorielle inédite, loin de la recherche de la performance mais au plus près de nos sens,Ndlr – avant les JO de Tokyo. J’ai pu rencontrer la judokate Clarisse Agbegnenou ou l’escrimeuse Cécilia Berder.
Je n’aurais jamais pensé vivre tout ce que j’ai vécu sur le terrain du sport et pour ce qui est des rencontres que j’ai pu faire. J’ai moi-même tellement d’obstacles à gérer au quotidien avec mon handicap que je n’ai jamais vu mon sport comme un obstacle à surmonter mais plutôt comme quelque chose de galvanisant. Comme un beau cadeau de pouvoir ressentir de si fortes sensations.
Quand je fais du saut d’obstacle, c’est vraiment la notion de mouvement en avant que je ressens, ce lâcher-prise obligatoire qui est comme un envol et quelque chose de très lumineux. Surtout dans la phase d’appel et pendant le décollage au-dessus de l’obstacle. C’est vraiment un mouvement de liberté ! »
« Ma vie est un sport d’équipe » (Radio France/ Stock, 2021)
Pour suivre les élans sportifs et journalistiques de Laëtitia Bernard, c’est sur son compte Instagram, @laetitia_bernard_journaliste
Elle vient de faire sensation en décrochant son premier titre de championne du monde de roller de vitesse après vingt-trois ans de disette pour les Françaises. La Mayennaise Marine Lefeuvre est montée, pour la première fois, sur des patins à roulettes lorsqu’elle avait 3 ans et n’a plus jamais voulu en descendre. Témoignage d’une roller girl qui fait son chemin.
Suite à une anorexie mentale, Maureen Marchaudon découvre la pratique du street workout, un sport encore jusque-là réservé aux gros bras masculins. Piquée de ces figures qui allient force, agilité et technique, elle devient vite insatiable jusqu’à décrocher le titre de vice-championne de France 2024 de street workout freestyle et à l’enseigner aux femmes qui veulent r(re)trouver la confiance en elles. Who run the world ? Girls !
Il y a peu, elle n’était jamais montée sur un bateau. Pas de quoi arrêter cette professionnelle de la com’ qui s’est engagée, dès le début, aux côtés de Benjamin Ferré, pour son premier Vendée Globe. Confidences d’une fille de l’ombre qui travaille à mettre en lumière un skipper d’exception.
Elle est ingénieure en agroalimentaire de formation, passionnée par le milieu de la voile, et c’est elle qui a la responsabilité de l’avitaillement dans l’équipe du skipper Benjamin Ferré qui prendra le départ du Vendée Globe le 10 novembre prochain. Confidences d’une fille habituée à vivre dix journées en une.
Elle a 17 ans, l’aventure chevillée au corps et des projets plein la tête. Lena Kurbiel, engagée cet été avec l’Australienne Liz Wardley dans la World’s Toughest Row Pacific, est devenue la plus jeune, filles et garçons confondus, à avoir traversé le Pacifique à la rame. Un défi monumental qui en appelle d’autres !
Ce mercredi 25 septembre, elle s’élance pour la première fois lors d’un championnat du monde. Laula Captien, 16 ans, est une des prodiges de la nage avec palmes française, elle se raconte pour la rentrée des Kids sur ÀBLOCK!.
Elle s’appelle Emma Gongora , nom de scène : Valkyria. Combattante professionnelle, cette Marseillaise d’adoption qui a tout plaqué pour vivre sa passion pour la boxe anglaise court depuis 2018 après un rêve, celui de devenir championne du monde. Confidences d’une warrior.
À 32 ans, la cycliste Alice Puech s’est élancée sur les routes du Tour de France Masculin avec le collectif « Donnons des Elles au vélo ». Celle qui est également capitaine du club Skoda « We Love Cycling » de sa région Nouvelle-Aquitaine est toujours impatiente de se mettre en selle !
Elle est Parisienne, ingénieure de formation et, en 2019, à 32 ans, sans jamais avoir navigué, elle se met au défi de prendre le départ de la Mini Transat 2023, une traversée de l’Atlantique en solitaire et sans assistance. Pari relevé pour l’audacieuse Alexandra Lucas qui a été choisie pour être l’une des porteuses de la flamme olympique.
Pleine de peps, cette fana de running est un vrai guépard. Dopée aux marathons et aux entraînements ultra matinaux, elle a découvert la course par hasard et n’en décroche plus. Go pour un shoot d’endorphines !
À 17 ans, elle a déjà fait face à de nombreux revers. Mais, à chaque fois, elle est revenue sur les courts, raquette fermement en main, bien décidée à gagner. Aujourd’hui, Oriane Raguin se sent prête pour entrer dans la cour des grandes.
Grande blonde explosive au sourire franc, l’athlète et coach sportif Anouk Garnier, double championne du monde de course à obstacles, est une adepte des parcours du combattant. Son nouveau défi : battre le record du monde de grimper de corde où, à la force de ses bras, elle se hissera jusqu’au deuxième étage de la Tour Eiffel.
Philippe Bana, entraîneur de handball puis Directeur technique national a tout vécu à la Fédération Française de Hand dont il assure la présidence depuis 2020. Après des JO exceptionnels, son but est désormais de profiter de cet élan sportif pour que les Kids puissent s’éclater sur les terrains… et les filles sont dans la place !
Elle est la spécialiste de l’histoire du vêtement sportif en France. Docteure en Sciences Sociales du Sport (STAPS), Sandrine Jamain-Samson, revient pour nous sur l’évolution de la tenue sportive des femmes et ses conséquences sur notre société. Éclairant.
Elle avait 11 ans lorsqu’une chute de cheval lui fracture le bassin. Dix-sept ans plus tard, Lisa Cez s’apprête à prendre part aux Jeux paralympiques de Paris 2024 en para dressage avec son compagnon de longue date, Stallone de Hus. Rencontre avec une cavalière qui n’a pas froid aux yeux.
Longtemps réfractaire à l’éducation physique, Senda Berenson s’est servie du sport pour renforcer sa constitution fragile. Devenue professeure de sport à Boston, elle s’est mise en tête d’y convertir ses élèves en les initiant à une discipline toute jeune, le basketball. Retour sur le parcours d’une pionnière qui a su saisir la balle au bond.
Si toutes nos athlètes tricolores n’ont pas remporté l’or, cinquante sont allées chercher le podium olympique et c’est beau ! Cinquante filles qui ont la performance au coeur et dont la plupart ne rêve que de faire mieux en 2028… Revue des troupes.
Elle a récemment pris part au Marathon pour Tous des JO de Paris, son soixantième « 42 » ! Barbara Humbert, 84 ans, qui a débuté la course par hasard en 1982 s’entraîne, depuis, à raison de 50km par semaine, s’offrant un espace de bien-être essentiel à sa vie. Un exemple pour les femmes qui « doutent ».
Sauter, elle aime ça, mais sauter loin, encore plus ! L’Américaine, Jacqueline Joyner-Kersee alias Jackie, égale le record du monde du saut en longueur de celle qui lui mène la vie dure sur la piste, l’Allemande Heike Drechsler. Ce 13 août 1987, elle rafle la médaille d’or aux Jeux Panaméricains. À vos appuis !
Une vététiste que rien n’arrête, une cinéaste qui n’a pas peur de filmer des catcheuses en terrain dangereux (notre photo), une snowboardeuse qui ne lâche rien et quelques petites infos à grignoter pour se cultiver avec la suite de notre lexique Coach Vocab’, demandez le programme sur ÀBLOCK!
Y a des filles qui adoooorent les courbatures, parce que, disent-elles, plus ça fait mal, plus ça muscle. Mouais. Y en a d’autres pour qui c’est l’enfer et que ça dégoûte du sport. Si si. Mais, en vrai, les courbatures, ça fait partie du jeu ou bien… ? Réponse de notre coach, Nathalie Servais, qui sait de quoi elle parle (depuis le temps) !
Avec déjà un titre de championne du monde de fleuret à son actif, la Russe Inna Deriglazova se rend en Allemagne, avec la ferme intention d’ajouter une breloque dorée à sa collection. Ce sera chose faite le 21 juillet 2017. Récit d’une victoire.
Le 17 juin prochain, les JO seront déjà un peu à Paris. L’Orange Night Run réunira tous les runneurs et runneuses motivés à se dépenser dans les rues de la capitale, et peut-être également à faire partie de la fête olympique…
Une boxeuse qui s’est relevée de tout, une alpiniste pionnière, une masseuse de gars balèzes, une gymnaste soumise à notre petit questionnaire de Proust à la sauce ÀBLOCK! (Célia Serber sur notre photo), un défi solidaire sportif pour voir la vie en rose, mais aussi notre nouvelle chaîne YouTube, demandez le programme !