Il était une fois le canoë-kayak… féminin !

Il était une fois le canoë-kayak… féminin !
En mars, on pagaie ! Le week-end dernier, l’Open de France lançait la saison 2022 de nombreux ceïstes et kayakistes sur les plans d’eau. Parmi eux, des femmes aujourd’hui à l’aise sur les flots. Mais ne l’ont-elles pas toujours été ?

Par Clotilde Boudet

Publié le 24 mars 2022 à 14h30, mis à jour le 18 février 2024 à 12h22

Dès 1895, dans le tableau « Le saut du barrage » du peintre Ferdinand Gueldry, on remarque la présence d’une embarcation en bois – appelée à l’époque « baladeuse » – occupée à l’arrière par un homme et à l’avant par… une femme !

Preuve, puisqu’il en faut toujours une, que le kayak est pratiqué par des femmes depuis toujours, au moins dans le cadre des loisirs.

« Le saut du barrage » de Ferdinand Gueldry

Les clubs de tourisme justement, comme le Touring Club de France et le Canoë Club de France ont vu passer beaucoup d’équipes mixtes, constituées notamment de couples mariés ou prêts à l’être.

Très vite, ces dames s’émancipent de leur conjoint pour braver seules les rapides, mais le canoë-kayak féminin reste un sport auquel on ne donne pas toute la place qu’il mérite !

Aux Jeux de Londres, en 2012, les athlètes féminines n’avaient qu’une épreuve de slalom contre trois pour les athlètes masculins. Quant au sprint, deux tiers des douze catégories étaient masculines.

En expédition ou en compétition, les femmes canoëistes (ou céistes) ne cessent pourtant de repousser les limites. À l’image de la Française Nouria Newman qui, après avoir arrêté les compétitions officielles, est devenue en 2014 la première femme à descendre le Grand Canyon de la Stikine, au Canada.

Pas une mince affaire quand on sait que ces rapides, de classe V / V+, font partie des plus difficiles et des plus dangereux au Monde ! Mais rien n’arrête Nouria… Entre 2014 et 2017, elle a été sacrée trois fois championne du monde de kayak extrême.

Nouria Newman…©Dean Treml/Red Bull

On parle le plus souvent de « canoë-kayak », mais il faut noter que jusqu’à l’année dernière, le canoë était l’un des derniers bastions masculins aux JO et les femmes ne pouvait prétendre à un titre olympique qu’en kayak…

Mais pourquoi a-t-on longtemps poussé les femmes hors des canoë (où l’on est à genoux, armé·e d’une seule pagaie) sans leur interdire le kayak (où l’on est assis·e, avec deux pagaies) ? La « légende » voulait que la pratique intense du canoë déforme le bassin et finisse donc par nuire, sur le long terme, à une possible grossesse…

Du coup, puisque le canoë leur est interdit, c’est à bord de kayaks que les femmes se sont imposées dans ce sport. Dès 1938, elles sont admises aux premiers championnats du monde de course en ligne (en kayak monoplace), à Vaxholm en Suède.

En 1949, elles se font aussi une place lors des premiers championnats du monde d’eaux vives en slalom à Genève (en kayak toujours).

©CGC

Les femmes en ont sous la pagaie et le prouvent encore aujourd’hui. Grâce à l’investissement de canoëistes engagées comme Haley Daniels, les choses évoluent : des athlètes ont pu prétendre, l’été dernier à Tokyo, aux premières médailles olympiques de l’histoire du canoë féminin.

Ouverture ©Wikipedia

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