Rechercher

Tessa Worley 5 infos sur la fusée des neiges française

Tessa Worley
Tessa Worley par-çi, Tessa Worley par-là… Alors que les Championnats du monde de ski alpin à Courchevel et Méribel battent leur plein, on parle de « Tess » encore et encore, l'une des favorites françaises de la compet'. Mais alors, comment s'est construite la si belle réputation de cette étoile bleue ? Une petite idée en 5 infos…

Par Alexandre Hozé

Publié le 09 février 2023 à 18h21

1. Poser de solides bases 

Son nom, tout le monde le connaît. Fan de ski ou pas, ses nombreux succès sont forcément parvenus à vos oreilles. Depuis 2007, Tessa Worley fait partie du gratin de la glisse internationale. Après, il faut bien avouer, elle a été préparée pour ça… 

Née un 4 octobre 1989, la petite Tessa débute sur les planches deux ans plus tard, autant dire haute comme trois pommes. Des débuts précoces donc, mais pas si surprenant tant ses parents ont la ride dans la peau. Que ce soit avec sa mère, monitrice de ski, sur les pistes françaises, ou avec son père en Nouvelle-Zélande, elle trace sur la peuf depuis toute petite. 

La pratique, c’est chouette, le talent, c’est encore mieux ! « Tess » remporte quelques championnats de France jeunes, histoire de dire. En 2007, elle intègre l’équipe de France militaire de ski, avant de participer à sa première étape de Coupe du Monde. À ce moment-là, la demoiselle n’a pas encore son bac… 

Pour les observateurs, ça ne fait aucun doute, la France tient une pépite. Très à l’aise techniquement, c’est en Slalom Géant que Tessa Worley domine le plus. Lors des mondiaux junior de 2008 (même année que l’obtention de son bac scientifique), elle grimpe sur la troisième marche du podium dans la discipline. Une breloque qui promet pour la suite ! 

On aurait pu s’imaginer qu’avant de faire partie du gratin du ski alpin féminin, la Française aurait eu besoin de quelques années d’adaptation. Rien de plus logique pour une jeune femme qui n’a pas encore 20 ans ! Mais en fait, Tessa Worley n’a apparemment pas de temps à perdre. 

Le 29 novembre 2008, elle remporte son premier Slalom Géant en Coupe du Monde sur la neige américaine d’Aspen, Etats-Unis. Sixième après la première manche, la jeune skieuse signe un second passage supersonique qui la propulse au sommet de la discipline. Avec ce succès, elle succède à Ingrid Jacquemond, alors dernière française à avoir gagné une étape de coupe du Monde (c’était en 2005). 

Une victoire qui en appellera d’autres… 

2. Tomber pour mieux se relever 

Des médailles aux championnats du monde, des résultats dignes des plus grandes en Coupe du Monde… Son talent est extra-ordinaire. Mais qu’en est-il du mental ? 

On le sait, au très haut-niveau, ce paramètre est l’un, si ce n’est LE plus important dans la panoplie d’une championne. Pour devancer la concurrence, dépasser ses limites, sortir du doute… 

Tessa Worley, comme bon nombre de ses adversaires, a dû faire face à plusieurs blessures. Mais en décembre 2013, après une lourde chute sur la pente de Courchevel, la Française a particulièrement souffert. Rupture du ligament croisé du genou droit et une lésion du ménisque, le coup est dur. Fin de saison obligatoire, et donc pas de Jeux Olympiques de Sotchi pour la skieuse tricolore. 

La rééducation est longue. Et une fois de retour sur les skis, il faut retrouver les sensations. Un chemin difficile pour Tessa Worley. Elle met deux saisons à revenir à son plus haut-niveau. Deux saisons de doutes et de frustrations. 

Mais le 26 novembre 2016, Tessa Worley retrouve la recette de la victoire lors d’une étape de Coupe du Monde. De quoi lancer une saison mémorable… 

3. Rappeler qui est la boss

L’année 2016-2017 est bleue blanc rouge pour le ski alpin féminin. Un feu d’artifices de succès dont Tessa Worley est la metteuse en scène. En Slalom Géant, impossible de suivre son rythme d’enfer. 

Sa régularité est à toute épreuve. Comme c’était le cas avant sa blessure, elle fait partie des skieuses qui peuvent remporter le petit globe de cristal du Slalom Géant. Et comme avant sa blessure, elle brille aux Championnats du monde de 2017. 

Sur les pistes suisses, elle va chercher deux médailles d’or. Une lors du Team Event (comme en 2011), et l’autre en individuel, lors du Slalom Géant (comme en 2013). Un doublé doré qui confirme sa forme du moment. 

En Coupe du Monde, elle remporte trois étapes cette saison-là. Et à la fin, pour la première fois de sa carrière, elle ramène le petit globe de cristal de la discipline à la maison. Cerise sur le gâteau, ces bons résultats en Super-G lui permettent de se hisser jusqu’à la sixième place du général de cette Coupe du Monde. 

Une saison monumentale, que Tessa Worley savoure d’autant plus après plusieurs années de galère. 

4. Avoir un palmarès qui donne le tournis 

Des beaux palmarès, on en a dans le sport français. Tony Parker, Didier Deschamps, Wendy Renard, Marie-José Pérec, Jeannie Longo… Quand on fait partie de cette catégorie d’athlètes tricolores, ça commence à être pas mal. 

Et définitivement, Tessa Worley a sa place parmi ces légendes du sport français. Alors certes, elle n’a pas de médaille olympique. À Vancouver en 2010, à Pyeongchang en 2018 ou à Pékin en 2022, la skieuse française n’est jamais parvenue à gratter ce métal si précieux. 

Premier bémol. Second bémol… ben en fait, il n’y en a pas ! En Slalom Géant, Tessa Worley collectionne les succès. Deux médailles d’or mondiales en 2013 et 2017 (plus le bronze en 2011) et deux petits globes de cristal en 2017 et 2022. En Coupe du Monde, elle a fini à trente-six reprises sur le podium, dont seize fois sur la plus haute marche. 

Et mis à part ces deux succès dans le classement du Slalom Géant, « Tess » a fini cinq fois sur le podium de la discipline. 

Deux autres médailles d’or mondiales en Team Event s’ajoutent à cette petite collection (en 2011 et 2017), ainsi qu’une breloque en bronze au parallèle lors des championnats du monde de 2021. N’oublions pas non plus neuf titres de championne de France (sept en Slalom Géant et deux en Super-G). 

Alors ? C’est pas mal, non? Et ce n’est peut-être pas fini… 

En 2022, c’est à la station de Courchevel-Méribel que Tessa Worley avait remporté son deuxième petit globe de cristal. De bon augure pour ces mondiaux 2023 ?

5. This is the end ? 

Tessa Worley l’a annoncé : les Jeux Olympiques de Beijing 2022 ont été ses derniers. Elle a longtemps hésité à la fin de la saison dernière avant de rechausser les skis pour 2022-2023. Toutes les bonnes choses ont une fin… mais celle de notre fusée tricolore n’est pas encore arrivée ! 

N’oublions pas qu’elle reste une des meilleures ! La saison dernière, elle a remporté son deuxième petit globe de cristal en Slalom Géant. Elle en a encore sous les skis notre « Tess » nationale ! 

À 33 ans, elle participe en ce moment à ses huitièmes championnats du monde sur « Le Roc de Fer » de Méribel. Ce mercredi 8 février, elle a fini à la neuvième place du Super-G, à seulement vingt-cinq centièmes du podium (et à cinquante-six centièmes de la première, l’Italienne Marta Bassino). Une déception, même si ce n’est pas sur cette discipline qu’elle est la plus attendue… 

On le sait, Tessa Worley est une spécialiste du Slalom Géant. Et c’est le jeudi 16 février que va se jouer une septième médaille mondiale pour la Française. 

Après ces Championnats du monde à domicile, la championne devrait raccrocher les planches. Notre « Tess » nationale a annoncé vouloir s’arrêter au terme de cette saison. Mais on ne va pas se mentir, si elle prolongeait le plaisir, on serait pas contre…  

Soutenez ÀBLOCK!

Aidez-nous à faire bouger les lignes !

ÀBLOCK! est un média indépendant qui, depuis plus d’1 an, met les femmes dans les starting-blocks. Pour pouvoir continuer à produire un journalisme de qualité, inédit et généreux, il a besoin de soutien financier.

Pour nous laisser le temps de grandir, votre aide est précieuse. Un don, même petit, c’est faire partie du game, comme on dit.

Soyons ÀBLOCK! ensemble ! 🙏

Abonnez-vous à la newsletter mensuelle

D’autres actus en brèves…

Kids

À la puberté, faut limiter le sport oui ou non ?

Le sport, quand on est parents d’un ado, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus ». Qu’il pratique une activité sportive, évidemment… mais pas trop quand même. « Pense aussi à l’école » ! Et puis, il paraît que le sport et la puberté ne font pas bon ménage. Il paraît…

Lire plus »
Il était une fois le baseball... féminin

Il était une fois le baseball… féminin

Il débarquera aux Jeux Olympiques 2028 de Los Angeles. Rien de très surprenant pour un sport made in America. Les femmes en ont d’abord été écartées, mais elles ont vite pris les battes en main ! Retour sur l’histoire des pionnières du baseball.

Lire plus »
Premier Round, un combat ÀBLOCK! Kids

Premier Round, un combat ÀBLOCK!

S’engager pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes des quartiers prioritaires, lutter contre la maltraitance envers les enfants sous toutes ses formes, ce sont les missions musclées de Premier Round, asso lancée par la boxeuse Rima Ayadi.

Lire plus »
Sandrine Alouf : « Mes photos de sportives, c’est une loupe sur une société ultra genrée. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une pionnière qui a le break dans le sang, une asso qui se bouge, des fonds pour donner une chance à mille petites filles, une photographe qui met à terre les préjugés et un nouveau mercredi spécial KIDS, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Bon rattrapage !

Lire plus »
Mélissa Plaza : « Le slam est très thérapeutique. Quand je répare ces femmes en mettant les mots justes aux bons endroits, je me répare moi-même. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une ex-footeuse qui rejoint la Team ÀBLOCK! pour slamer sur des championnes inspirantes (Mélissa Plaza sur notre photo), un nouvel éclairage juridique sur le sport, la présentation d’un mondial qui fait des vagues et une rubrique Kids qui nous donne des ailes, c’est le top de la semaine ! Enjoy !

Lire plus »
Justine Pedemonte : « Je fais de la moto, je suis une fille… au lycée, ça fait parler. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une histoire de raquettes et volants, une femme engagée qui donne de la voix pour réparer les corps, le retour des Kids (avec la pilote moto de 16 ans, Justine Pedemonte) et une double journée de grimpe en salle, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! pour la semaine. Bonne lecture !

Lire plus »
Kids

Pour commencer le sport, y a un âge… ou pas ?

Développer son équilibre, apprendre l’esprit d’équipe, se dépenser… Nombreux sont les enfants à pratiquer un sport en dehors de l’école. D’ailleurs, les clubs s’ouvrent de plus en plus aux tout-petits. Mais à partir de quel âge peut-on vraiment faire du sport ?

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Marie-Amélie Le Fur

Marie-Amélie Le Fur : « JO 2024 ? Une candidature valorisable au-delà du sport. »

Espoir de l’athlétisme français, victime d’un accident de scooter en 2004, Marie-Amélie Le Fur est devenue une figure du handisport français, huit fois médaillée aux jeux Paralympiques, dont trois titres olympiques. À 32 ans, ancienne co-présidente avec Teddy Riner du comité des athlètes pour la candidature de Paris à l’organisation des JO 2024, elle est aujourd’hui à la tête du Comité paralympique et sportif français (CPSF).

Lire plus »
Trophées FemixSports

Les Trophées Femix’Sports, 4e !

5 catégories pour 15 prix. L’asso Femix’Sports vient de lancer la quatrième édition de ses Trophées récompensant sportives, arbitres, bénévoles et fédés, autant de personnalités engagées dans le sport féminin. À vous de voter !

Lire plus »
Audrey Adiceom

Audrey Adiceom : « Au tir à l’arc, il ne faut jamais oublier de tirer avec le cœur.»

Le tir à l’arc pour elle, c’est avant tout une histoire de hasard. L’archère auvergnate, qui a découvert la discipline à l’école, s’est autorisée des ambitions internationales sur le tard. À 24 ans, Audrey Adiceom travaille d’arrache-pied pour assouvir ses envies de médailles et, notamment, de médailles olympiques. Même si, parfois, « ça lui broie le cœur ». Rencontre avec une athlète touchante qui a plusieurs cordes à son arc.

Lire plus »
Raymonde Cornou : « Lorsque j’ai commencé à courir, certains hommes me bousculaient, me criaient de retourner à ma cuisine. »

Raymonde Cornou : « Quand j’ai commencé à courir, certains hommes me bousculaient, me criaient de retourner à ma cuisine. »

Son histoire est pour le moins épique. Elle est la première Française à s’être alignée au départ du marathon de New York, l’une des pionnières des courses longues distances sur route en France. Raymonde Cornou a ouvert la voie à une époque où les femmes n’étaient pas autorisées à courir un marathon. Radiée à vie de la Fédération Française d’Athlétisme pour avoir bravé les interdits, rien ni personne n’a pu l’arrêter. Rencontre avec une athlète au caractère aussi acéré que les pointes de ses chaussures.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner