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Ça n'engage que moi...

« Sport à l’école, si on faisait enfin ce qu’il faut ? »

Patricia Costantini egal sport

Par Patricia Costantini*

Le pouvoir éducatif par l’exercice de la motricité n’est plus à démontrer. Développement des capacités corporelles, du goût de l’effort, de l’hygiène de vie, de l’estime de soi et des autres, du savoir coopérer, du respect de la règle, tels sont les effets régulièrement admis de l’éducation physique et sportive sur le développement de l’enfant.

Il serait temps que cette matière, dont l’instruction dans le primaire (comme le souligne la cour des comptes) n’est que partiellement effective (3 heures hebdomadaire au programme), devienne une vraie priorité à l’école. Voire, un objectif majeur du plan héritage des « Jeux olympiques de Paris 2024 », compétition qui doit faire de la France « une vraie nation sportive ».

La solution ? c’est « 30 minutes de sport par jour à l’école » viennent d’annoncer en cœur les ministres de l’Education Nationale et des Sports.

Un projet qui sera mené «  à titre expérimental à la rentrée de septembre 2020 ».

Mais pourquoi une énième expérimentation alors que de nombreux rapports démontrent déjà les effets positifs de l’activité physique sur les individus et que les indicateurs sur la sédentarité des plus jeunes sont au rouge  ?

Mais que nous dit ce projet ? 

Un projet qui impliquera « des enseignants volontaires ».

Mais qui seront ces volontaires ? assurément ceux qui maitrisent déjà cet enseignement et respectent le programme. Car Monsieur Blanquer, si comme vous l’avez affirmé récemment « il n’y a rien de compliqué à enseigner l’EPS » comment expliquez-vous cette réticence de la part des professeurs des écoles à le faire ? En laissant le libre choix aux seuls enseignants volontaires, cette mesure risque tout simplement de profiter aux enfants les mieux dotés et de ne pas atteindre la cible visée.

Un projet où «  différents outils pédagogiques seront mis à la disposition des enseignants ».

Mais ce ne sont pas les outils qui manquent  ! ballons, cordes, cerceaux, élastiques, mallettes pédagogiques existent. Ce qui fait défaut c’est la maitrise de leur utilisation par les enseignants qui, par conséquent, les laissent au placard.

Un projet où seraient relancés, durant les récréations «  les jeux d’antan : l’épervier, la marelle, la balle au prisonnier » suggère à son tour le Président du COJO de Paris 2024, Tony Estanguet.

Mais comment ressusciter ces activités et faire en sorte que le football cesse d’occuper les cours de récréation  ? si ce n’est en restructurant l’espace comme viennent de le faire certaines communes, ce qui demande une concertation entre de nombreux acteurs.

Un projet qui devrait permettre de tordre le coup aux stéréotypes sexués qui dès le plus jeune âge assignent des rôles et des interdits tant aux filles qu’aux garçons, comme le suggère la ministre des sport, Roxana Maracineanu.

Mais quel enseignant aujourd’hui maîtrise suffisamment ce sujet pour en faire un objectif de séance ?

Alors, 30 minutes de grignotages quotidiennes de sport à l’école, c’est bien. Mais ces annonces tentent trop souvent de nous faire croire que ces mesures vont enfin permettre aux jeunes générations de découvrir les joies et les bienfaits de l’activité physique.

Il faut surtout une réelle formation des professeurs des écoles à cette discipline pour qu’enfin tous les élèves pratiquent 30 minutes d’éducation physique et sportive par jour. Et ainsi prennent goût au sport.

*Patricia Costantini est la co-fondatrice du Collectif EGAL SPORT

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