Clara Mateo Une ingénieure qui kiffe le foot

Clara Matéo, à fond les ballons
Elle est la tête et les jambes. Diplômée de Polytech Paris-Saclay, jeune prodige sur les terrains de foot, la joueuse du Paris FC, Clara Mateo, s’est confortablement installée au sein de l’équipe de France et fait des étincelles dès qu'elle met le pied sur la pelouse. Portrait d’une attaquante qui a faim de titres et de buts.

Par Alexandre Hozé

Publié le 06 juillet 2022 à 16h30, mis à jour le 15 juillet 2025 à 15h57

Le mot clé pour définir l’arrivée de Clara Mateo dans le groupe bleu ? Efficacité. Et en à peine dix matchs, la joueuse chi va piano va sano s’est installée dans le groupe de l’équipe de France. Vite fait bien fait comme intégration ! Pour l’Euro 2025, elle est une pièce maîtresse. Le sélectionneur des tricolores, Laurent Bonadei, ne s’y est pas trompé : miss Mateo fera la pluie et le beau temps pendant la compet’.

Mais Clara Mateo est une habituée. Son arrivée dans le football professionnel a également été une affaire rondement menée.

Née le 28 novembre 1997 à Nantes, elle découvre le ballon rond dans la cour de récré. Et c’est le coup de foudre. À 7 ans, elle débarque dans son premier club de football, l’US Sainte-Luce-sur-Loire. Pas le plus connu des clubs, mais c’est ici qu’une future membre de l’équipe de France fait ses débuts. Que voulez-vous, c’était un amour de jeunesse. L’US Sainte-Luce-sur-Loire n’est pas encore au niveau pour conserver la crème de la crème du foot féminin. Car, très vite, cela ne fait aucun doute : Clara Mateo déchire tout ballon aux pieds. Sait-elle alors qu’elle fera partie de l’équipe de France, sait-elle qu’elle sera l’une des footballeuses françaises les plus demandées ? Pas encore. Mais ça va venir.

Car un potentiel de la sorte, ça a tendance à capter les regards. La Roche-sur-Yon parvient à la séduire. La saison 2014-2015 signe l’arrivée de l’attaquante dans le football des grandes. D’abord en deuxième division, puis en première, la saison suivante. Mais une fois de plus, le talent de la Nantaise est trop grand pour son club. Et le monde du foot français ne compte pas laisser passer une telle occasion : Clara Mateo atterrit donc à Juvisy, qui deviendra le Paris FC en 2017.

De 2016 à 2020, l’attaquante se forme, progresse et poursuit ses études à l’Ecole polytechnique universitaire. Car, oui, mademoiselle aime les défis, elle veut être la tête et les jambes. Et ça marche plutôt bien pour elle.

En sus de son métier de footballeuse pro (et de très bon niveau), Clara Mateo est également business developer sur le marché du sport (quelle surprise !) pour la boîte Arkema. Et l’équilibre est trouvé pour une sportive qui cherche aussi la stabilité professionnelle car la miss a la tête sur les épaules. Le foot, c’est bien, mais autant assurer ses arrières, ou plutôt son avenir. Sa double carrière ne fait que commencer, mais pour le football en tout cas, tout roule.

Sa saison 2020-2021 l’installe dans le lot des meilleures attaquantes du championnat français. Treize buts en une saison, c’est loin d’être à la portée de toutes. La vitesse balle aux pieds de Clara Mateo fait très mal aux défenses. Et, sacrée coïncidence, pendant cette même saison, Corinne Diacre décide de l’ajouter à sa liste. Le 27 novembre 2020, l’attaquante devient membre de l’équipe de France. Pour autant, la jeune prodige s’efforce de garder les pieds sur terre. « Je suis consciente que tout va très vite dans le foot, dans le bon sens comme dans le mauvais, confie-t-elle. Je sais que le chemin est long. Le plus dur est de rester performante sur la durée. »

©Paris FC

Mais peu d’inquiétudes subsistent sur ce point, surtout au vu de sa dernière saison. En 2021-2022, Clara Mateo fait trembler les filets à onze reprises. Et cerise sur la gâteau, elle fait partie de l’équipe de la saison de D1.

Le plein de confiance est réalisé pour la jeune buteuse, et elle ne compte pas s’arrêter là… Après un Euro 2022 en guise d’apprentissage de la scène internationale, Clara Mateo a confirmé qu’elle avait les épaules. Hervé Renard le sait : l’attaquante fait partie du voyage pour la Coupe du Monde 2023. Et si elle n’est finalement pas de l’aventure olympique de Paris 2024, personne n’est surpris de la retrouver avec le maillot bleu quelques mois plus tard. Laurent Bonadei compte sur son talent qu’il sait immense et encore en devenir. Et ça vaut le coup de l’exploiter… Nul doute que Clara Mateo aura à cœur de renforcer la confiance de son sélectionneur lors de cet Euro 2025. Et ça a plutôt bien commencé, son entrée en lice le prouve ! Attention aux étincelles…

Ouverture ©Paris FC

D'autres épisodes de "Football : ces sportives qui vont droit au but"

Vous aimerez aussi…

Mélissa Plaza : « Le slam est très thérapeutique. Quand je répare ces femmes en mettant les mots justes aux bons endroits, je me répare moi-même. »

Mélissa Plaza : « Je suis une camée du sport, comme toutes ces championnes pour qui je slame. »

Après les pelouses, l’ex-internationale de football s’offre une autre scène, celle du slam. Et avec talent. Pour ÀBLOCK!, Mélissa Plaza, docteure en psychologie du sport, va manier les mots pour frapper fort et aller droit au but. Tous les mois, cette poète-athlète des temps modernes, nous offrira des slams inédits sur des parcours de sportives inspirantes. Et ça commence ce 30 janvier !

Lire plus »
Le Q&A de Marie Oteiza

Le Q&A de la pentathlète Marie Oteiza

Elle a 30 ans et elle est une femme complète. Une athlète riche de cinq disciplines qu’elle pratique toutes avec le même bonheur. Ou presque. La championne de pentathlon Marie Oteiza répond à notre petit questionnaire de Proust à la sauce ÀBLOCK!

Lire plus »
Sandy Montanola : « L’idée est toujours la même : le sport masculin est l’étalon de mesure et le sport féminin vise à y ressembler »

Sandy Montanola : « L’idée est toujours la même : le sport masculin est l’étalon de mesure et le sport féminin vise à y ressembler. »

Elle travaille sur les inégalités femmes-hommes dans les médias. Maîtresse de conférences à l’université de Rennes 1, responsable de la formation en Journalisme de l’IUT de Lannion et co-responsable de la mission égalité-diversité de la CEJ (conférence des écoles en journalisme), Sandy Montanola dresse, avec nous, un panorama de l’évolution du traitement médiatique du sport féminin. Où tout reste à faire.

Lire plus »
Capucine : « Être entre filles nous permet d’oser nous lancer. »

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une pionnière de la planche, une fille de la glisse qui n’a peur de rien (Capucine avec ses copines les Shreddeuses sur notre photo), un récap’ de l’Euro de hand, une runneuse toujours ÀBLOCK! (même en diagonale) ou une Question qui tue spécial insomniaques… C’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!

Lire plus »
La question qui tue

Une brassière, ça serre trop, j’peux pas juste mettre un sous-tif ?

Oh, ça va, avouons-le, on a toutes rêvé de faire du sport à poil sous le t-shirt ! Tellement plus confort de pas avoir un truc qui compresse la poitrine et vous scie la peau du dos ! Oui, mais non. La question qui tue, du coup, c’est : « Une brassière, c’est obligé ? Si je mettais plutôt un bon vieux soutien-gorge ? » Euh…la réponse de notre coach Nathalie Servais. Ça vaut mieux.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner