
Ce sera finalement les JO de Tokyo…2021
Ainsi que l’avait laissé présager la dernière déclaration du CIO, les JO d’été qui devaient débuter en juillet prochain à Tokyo auront lieu dans un an.
Publié le 28 septembre 2023 à 9h29, mis à jour le 28 septembre 2023 à 9h32
« Passer sous la barre des 2h30 lors du Marathon de Berlin, c’était un défi. Le week-end dernier, après deux mois de préparation, j’ai réussi cette perf’, en signant un record de 2h29’’01. Et ne me demandez pas pourquoi, mais je n’étais pas non plus aux anges, je voulais faire mieux encore, j’imagine que c’est le lot des éternels insatisfaits !
Mais laissez-moi commencer par le début et vous raconter ce marathon dans les grandes lignes. Il avait lieu le dimanche 24 septembre et nous avons débarqué à Berlin dès le vendredi soir avec mon père et quelques copains de mon club La Meute. Dîner tous ensemble puis réveil le lendemain matin pour un petit-déj avant d’aller récupérer nos dossards. En vrai, que ce soit avant, pendant ou après la course, on ne s’est pas quittés d’une semelle de basket !
Un petit tour des stands installés dans la zone de départ – même si j’ai besoin de rien, j’ai mes chaussures, mon équipement de course, mes gels, mais je suis curieuse-, un déjeuner de pâtes puis un petit footing post-digestion de 20 mn avec 4 lignes droites, un peu de repos histoire de ne pas marcher toute la journée, quelques séquences de tournage avec l’équipe de Salomon, mon équipementier sponsor, puis un dîner avec encore une assiette de pates, mais complétée cette fois par un tiramisu. Côté nutrition, j’écoute mon corps, je ne mange pas une raclette la veille d’une course, mais je fais comme je le sens.
©Margaux Le Map/Salomon
Lors de nos repas ensemble, on parle pas mal de la course, ça nous rassure, on parle des chronos, de nos ambitions. On rit, ça charrie beaucoup, j’aime ces moments.
Je me suis endormie vers minuit. Avec mon rythme de travail -je suis aide-soignante de nuit- j’ai toujours du mal à dormir tôt, que ce soit avant une course ou n’importe quand. Je ne suis pas particulièrement stressée, je stresse plutôt les autres de ne pas l’être ! Le stress chez moi, c’est l’envie de bien faire : je n’ai pas envie de décevoir mon père, ni moi d’ailleurs.
Je me suis réveillée à 5h40. Départ à 8h15, juste le temps d’aller au petit-dej à 6h puis de se préparer : je me suis maquillée comme d’habitude, j’ai posé des paillettes sur mes yeux, les courses c’est jour de fête !
On est allés s’échauffer avant de rejoindre la ligne de départ à 9h. Je n’aime pas trop l’attente avant de s’élancer, on a le temps de se refroidir et moi j’aime m’échauffer et partir direct, mais on fait avec, on bouge un peu sur place. Après 20 mn d’attente, on est partis tous ensemble avec les copains du club.
J’ai toujours une petite appréhension, elle est là tapie au fond de moi jusqu’à l’arrivée, parce qu’il peut y avoir des pépins pendant la course, on bascule dans l’inconnu.
©Margaux Le Map/Salomon
On avait défini une stratégie : on respecte les allures prévues en amont et à partir du 35e km, ceux qui se sentent bien, qui en ont dans les jambes, peuvent y aller ! Mais pas avant, c’est trop tôt. Moi, à ce moment-là, je me sens un peu limite, je sais que j’irai au bout mais c’est dur. Je devais être régulière mais à 3,30min au kilomètre, je passe, au 10e km, avec 20 secondes d’avance. Je connais les allures par cœur et là, je sais que je vais trop vite. Donc, j’essaye de me recaler, mais au final, je ne ralentis pas car je me sens bien.
Ma vitesse moyenne est de 17 km/h. Au semi, on passe avec 30 secondes d’avance, je suis toujours trop rapide. J’essaye de limiter la casse puis je me recale pile-poil. Mais au 35e km, je suis un peu en difficulté, ça tient quand-même, je perds une minute en fin de course, ça passe.
©Margaux Le Map/Salomon
Au 38e km, c’est vraiment difficile, même en ayant ralenti l’allure. Jusqu’au 41eKm, c’est dur à la fois physiquement et mentalement. J’ai serré les dents lors des derniers mètres.
Avec le recul, ça m’apprend qu’on est partis trop vite. J’aurais pu être moins en difficultés si je m’étais forcée à rester dans les allures convenues. Mais on se laisse porter, on se dit on verra bien alors que non, on le paye à la fin.
À l’arrivée, je vois que je suis sous les 2h30. Je suis contente, mais comme je le disais, un peu déçue car la fin de course a été difficile et je fais un tout petit 2h29, j’aurais tellement aimé faire mieux, mais voilà je me suis cramée !
Je me dis alors que si je parviens à suivre le plan initial, ça laisse entrevoir de bons chronos pour la suite, aller chercher un 2h28 par exemple.
Je sais que je suis la première Française à passer la ligne, je suis fière, mais c’est le chrono qui compte. Je n’y allais pas pour ça, mais pour améliorer mon record. J’attends les copains ou bien je retrouve ceux qui sont déjà arrivés. On était tous ensemble jusqu’au 36e km. Ce que je veux, c’est les serrer dans mes bras et partager nos émotions. C’est un soulagement, on a réussi. Tout le monde a fait son record.
Après, c’est retour à l’hôtel, prendre une douche, s’offrir un dernier déjeuner à Berlin. Là, on refait le film de la course avant de filer à l’aéroport vers 18h. Une fois à Paris, je rentre chez moi, je retrouve mon chien, j’ai mal aux jambes, mais je ressors manger une pizza avec mon ami Mathieu. Enfin, il faut fermer la parenthèse de ce marathon car le lendemain soir, c’est boulot ! La vie normale reprend son cours.
Allez, on se retrouve ici dans quinze jours ? »
©Margaux Le Map/Salomon
* Anaïs Quemener est notre ambassadrice ÀBLOCK! Elle est aide-soignante et athlète, spécialiste des courses de fond. Atteinte d’un cancer du sein, elle trouvera dans le sport une thérapie, un outil de réparation. Le , elle devient championne de France de marathon en 2h40’36, après son titre de 2016. Le au marathon de Paris, elle bat son record en 2h32’12, première Française à passer la ligne d’arrivée. Elle s’entraîne aujourd’hui à sa qualification à l’épreuve de marathon des Jeux Olympiques en 2024 et/ou 2028.
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