Claire BannwarthL’inépuisable aventurière du trail

Claire Bannwarth : l’inépuisable aventurière du trail
Elle court comme d’autres respirent. Claire Bannwarth, 36 ans, surnommée le « Lapin DuDuracell », est l’ultra-traileuse française qui défie les lois de l’endurance. Entre records, solitude choisie et défis hors norme, cette ingénieure alsacienne incarne une philosophie : courir pour le plaisir, sans jamais s’arrêter.

Par Titaïna Loiseul

Publié le 04 décembre 2025 à 17h11, mis à jour le 09 janvier 2026 à 17h18

Originaire d’Alsace, Claire Bannwarth n’a pas toujours foulé les sentiers. Avant de devenir une figure incontournable de l’ultra-trail, elle maniait le fleuret en équipe de France junior. « J’ai toujours aimé les efforts longs, mais à l’époque c’était en escrime. Puis la vie active m’a éloignée des pistes… et rapprochée des chemins », confie-t-elle sur son compte Insta. Son premier marathon en 2016, puis l’UT4M l’année suivante, ont ouvert la voie à une passion dévorante pour les formats XXL : « L’UTMB ? Trop court pour moi !, lance-t-elle dans une interview au site Esprit Trail. Je préfère les courses où l’on ne compte plus les heures, où la nuit devient une compagne. ». Claire Bannwarth enchaîne les ultras et le D+, les exploits et les victoires, avec une régularité qui force le respect.

©Claire Bannwarth/Facebook

Victorieuse de la Spine Race en plein hiver britannique -imaginez : 430 km dans le froid et la neige-, première femme à remporter le Tahoe 200 miles au scratch, record français féminin de Backyard Ultra avec 61 boucles… Et, cerise sur le gâteau, une participation à la mythique Barkley en 2025 (160 kilomètres et 20 000 mètres de dénivelé en cinq boucles d’environ 34 kilomètres à réaliser en moins de 12 heures par boucle. Le tout devant être achevé en 60 heures maximum), où elle devient la première Française à s’élancer sur ce labyrinthe infernal : « Je cours pour le plaisir, pas pour la gloire. Chaque ultra est une aventure unique, une immersion totale », assure-t-elle.

Une course qu’elle aura davantage endurée que kiffée, mais elle s’en remettra : « Je me suis vraiment pris une claque dans la gueule. Même si je n’avais pas été blessée, je n’aurais pas fini une boucle dans les temps, explique-t-elle dans L’Alsace. Une fois la déception passée, j’ai pris énormément de plaisir. J’ai adoré la philosophie de la course. Au final, même si ça a été catastrophique, c’est une expérience incroyable et j’en garde un très bon souvenir. Ce n’est pas une course normale, c’est vraiment l’aventure. Elle nous sort de notre zone de confort. C’est la chose la plus dure que j’aie faite jusqu’à présent, sans aucun doute. »

©Claire Bannwarth/Facebook

Son secret ? Une endurance hors norme et une philosophie simple : beaucoup de volume, peu d’intensité. « Je fais 35 heures d’entraînement par semaine, mais à faible allure. J’aime courir lentement, longtemps. C’est ma zone de confort », explique celle qui travaille à temps plein comme ingénieure et n’hésite pas à confier : « Passer mes journées le cul vissé sur une chaise à remplir des tableaux Excel, ce n’est pas ce que je préfère mais cela permet de payer mes dossards. » Des dossards, ses gourmandises à elle : « Mentalement, je suis à chaque fois excitée à l’idée de découvrir de nouveaux paysages ou une nouvelle course. Sur une ligne de départ, j’ai toujours été motivée » confie-t-elle à L’Equipe.

Sans assistance, sans artifices, Claire Bannwarth revendique une autonomie totale : « Je me débrouille seule aux ravitos, et j’en suis fière. C’est aussi ça, l’esprit ultra ». Humilité et mental d’acier : voilà ce qui définit cette athlète hors norme qui n’est pas forcément accro à la perf’ : « Je ne le fais pas spécialement pour gagner, je sais que je peux enchaîner, je récupère très bien entre deux ultras et je ne me blesse pas. Et puis, j’adore faire ça. »

Son surnom, Lapin DuDuracell, dit tout : inépuisable, infatigable, elle avance, encore et toujours. Pour le plaisir, pour la liberté. Elle est ÀBLOCK!

©Claire Bannwarth/Facebook

Ouverture ©Claire Bannwarth/Facebook

D'autres épisodes de "Running, après quoi courent les filles ?"

Vous aimerez aussi…

Anne-Flore Marxer

Sport Féminin Toujours 2023, ces expertes qui nous éclairent

Elles en ont fait une vocation. Chercher, analyser, décrypter, combattre, ces spécialistes ont toutes le même objectif : faire bouger les lignes en matière de sport féminin. En cette semaine de Sport Féminin Toujours qui milite pour une plus grande visibilité des championnes, l’occasion était trop belle de les mettre elles aussi en valeur. Nous les avons rencontrées et elles ne pratiquent pas la langue de bois !

Lire plus »
Greta Andersen

Greta Andersen, la nageuse qui a failli se noyer aux JO

Elle a appris à nager sur le tard, ce qui ne l’a pas empêchée de marquer de son empreinte l’histoire de la natation mondiale. Greta Marie Andersen, bientôt 94 ans, a porté haut les couleurs du Danemark en bassins et en eau vive. Un parcours extraordinaire qui aurait pu connaître une issue dramatique lorsqu’elle manqua, de peu, se noyer lors des Jeux Olympiques de Londres, en 1948. Portrait d’une nageuse « à la coule ».

Lire plus »
Roger Bambuck

Roger Bambuck : « J’ai fait ce que j’ai pu pour le sport féminin, je sais qu’il reste beaucoup à faire…»

Il est considéré comme l’un des meilleurs sprinters français de l’histoire. Mais Roger Bambuck fut aussi secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de 1988 à 1991 et c’est sur cette période de sa carrière que nous avons souhaité revenir avec lui, plus précisément sur la place du sport féminin lorsqu’il était en fonction. Pour en comprendre l’évolution, les avancées ou non, il est précieux de regarder dans le rétro. Le sport féminin est un enjeu de société aujourd’hui, mais l’était-il à la fin des années 80 ?

Lire plus »
Hashimoto Seiko, l’olympisme et l’égalité à cœur et à cris

Hashimoto Seiko, l’olympisme et l’égalité à cœur et à cris

Couronnée du Trophée mondial « Femme et Sport » 2021 par le CIO, Hashimoto Seiko, présidente du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et septuple olympienne dans deux disciplines différentes, est plus que jamais une femme ÀBLOCK! Portrait d’une influente au royaume du sport mondial qui a l’olympisme et ses valeurs dans la peau.

Lire plus »
KIm Leji Il était une fois le tir sportif… féminin

Il était une fois le tir sportif… féminin

S’il existe un univers dans lequel certains hommes aiment se prétendre seuls maîtres à bord, c’est bien celui des armes. Pourtant, le tir sportif a, comme toutes les autres disciplines, son lot de championnes. Mais quelles sont ces femmes qui ont tiré les premières ?

Lire plus »
Cherie Pridham

Cherie Pridham, une sacrée nana en tête de peloton

Le monde du vélo fait un sprint historique ! Une femme prend pour la première fois la tête d’une équipe cycliste masculine du World Tour, le plus haut niveau du cyclisme sur route professionnel. La Britannique Cherie Pridham, ancienne coureuse cycliste, obtient ce poste graal à l’âge de 48 ans. Récit du parcours sans faute d’une pédaleuse qui ouvre la route aux suivantes…

Lire plus »
Myriam Nicole

Best-of 2021, la totale ÀBLOCK!

Avez-vous été ÀBLOCK! cette année ? Que s’est-il passé en 2021 dans nos colonnes ? Vous avez loupé quelque chose ? Attention, séance de rattrapage, voici donc le Best-of des Best-of de cette fin d’année. Enjoy !

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner