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Publié le 29 novembre 2025 à 17h06, mis à jour le 03 décembre 2025 à 16h12
« Je suis tombée amoureuse du basket en regardant Kobe Bryant », dit Gbemisola Abudu. Née au Nigeria, élevée en Californie, sa passion d’ado pour le ballon orange n’a pas toujours été dans ses veines : la légende veut en effet que son frère l’ait quasiment forcée à regarder tous les matchs à la télé. Puis, contre toute attente, le jeu, la concentration, l’agilité des joueurs, l’ont épatée. Et le basket est devenu un moteur.
Après des études en marketing et un MBA à la Thunderbird School of Global Management, elle gravit les échelons dans le luxe et le divertissement, chez Louis Vuitton ou Disney, avant de créer BMGA Foundation, une ONG dédiée à la formation des talents féminins en Afrique. L’un de ses principaux programmes est le BMGA Fellows Program : « C’est une initiative à impact social conçue pour réduire l’écart de compétences lié au genre qui existe parmi les diplômés universitaires en Afrique », explique celle qui s’engage pour l’autonomisation des femmes africaines dans le milieu professionnel.
©Atlantic Council
Fin 2021, Gbemisola Abudu prend les rênes du bureau NBA Nigeria, troisième antenne africaine de la ligue. Et devient, à 36 ans, à la fois la plus jeune et la seule femme noire à diriger un bureau de la ligue. Sa mission ? Développer un écosystème durable autour du basket, des programmes pour les jeunes aux partenariats stratégiques. « Rejoindre NBA Afrique, c’est l’opportunité d’une vie et la culmination de toutes mes expériences », confiait-elle lors de sa nomination comme Vice-présidente NBA Afrique & Country Head Nigeria.
Sous son impulsion, la NBA ne se contente pas d’organiser des matchs : elle construit des terrains, forme des entraîneurs et intègre la culture locale, comme lors du All-Star Game 2023 où les artistes nigérians Burna Boy, Tems et Rema ont électrisé la scène mondiale.
Visionnaire, Gbemisola Abudu croit au pouvoir du sport pour transformer des vies. « On mesure l’impact quand on voit ces jeunes, formés par nos programmes, intégrer des universités et jouer à haut niveau », répète-t-elle dans ses conférences. Pour elle, le basket peut rivaliser avec le football en Afrique, à condition d’investir dans l’infrastructure et l’éducation : « Si nous voulons plus d’enfants sur les parquets, il nous faut plus de terrains », martèle-t-elle dans une interview à The Africa Report.
Entre Lagos, l’une des grandes villes du Nigeria, et les grandes scènes internationales, Gbemisola Abudu incarne une Afrique qui s’affirme, où le sport devient un langage universel et un outil d’émancipation. « Mon rôle combine mes trois passions : mon continent, le business et le basket », résume-t-elle. Une équation gagnante pour faire rebondir les rêves ?
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