Marion Salace : « Sport féminin : profitons de cette crise pour essayer toutes les solutions possibles. Et pourquoi pas… »

Marion Salace
Et si, ce que l'on appelle la blockchain était une des pistes à suivre pour aider les sportives et mieux mettre en lumière le sport au féminin ?

Par Marion Salace, ex-présidente de la Fondation Alice Milliat*

Publié le 01 février 2021 à 12h20, mis à jour le 26 février 2025 à 17h59

« Le sport professionnel au féminin va mal. C’est dit ! Denis Masseglia, Président du CNOSF, a partagé sa grande inquiétude devant des sénateurs début novembre 2020. Sans aides de l’état, il n’est pas sûr que le sport au féminin continue d’exister. Ça aussi, c’est dit ! Existe-t-il une lueur d’espoir ?

Et pourquoi pas…

La blockchain*, cette technologie de stockage et de transmissions d’informations, transparente et sécurisée, qui existe depuis 2008, a séduit, année après année, plusieurs branches d’activité telles que la finance, l’assurance, la santé, … et continue de s’étendre très largement.

Le sport en fait partie. Cet outil assure une meilleure maîtrise (car sans intermédiaire) de la billetterie, de la gestion des fans, de la lutte anti-dopage (car les données sont infalsifiables), des partenariats, etc.

Certains acteurs du sport, avant COVID-19 commençaient à s’y intéresser de très près. Par exemple, les fédérations françaises de tennis et football étaient présentes lors de l’hackathon en avril 2019. La NBA et La Liga ont, quant à elles, fait leur entrée dans la blockchain en 2019.

Est-ce que la situation post COVID-19 va inciter l’ensemble du secteur à plonger dans la blockchain pour y trouver une planche de salut ?

Et pourquoi pas… utiliser la blockchain pour aider nos sportives professionnelles ?

Caroline Wozniacki, tenniswoman danoise, est la première athlète féminine à avoir franchi le pas. Elle s’est lancée (en partenariat avec la start-up GCOX) dans la blockchain en 2018. Les avantages de ce dispositif sont, semble-t-il, nombreux.

En effet, sur la base de leurs bons résultats, de leur bonne évolution dans leur carrière (car toutes ces données sont répertoriées sans possibilité de les manipuler), les sportives seront en lien avec leurs fans et aussi avec des interlocuteurs dont elles n’avaient pas accès auparavant.

Au regard de la transparence des informations communiquées, les joueuses qui manquent de médiatisation pourront ainsi être visibles auprès de sponsors, mécènes et personnes privées en dehors des sphères habituelles. Les levées de fond en direct seront une possibilité pour trouver d’autres sources de financement.

Cela s’annonce effectivement très prometteur. Profitons de cette crise pour essayer toutes les solutions possibles, dont celle-là.

Dans son plan d’aide annoncé le 18 novembre 2020, le gouvernement ne pourrait-il pas consacrer une enveloppe pour permettre à nos championnes d’intégrer la blockchain ? Celui-ci ne pourrait-il pas proposer un soutien à nos athlètes en les mettant en lien avec des start-up solides et sérieuses pour qu’elles puissent bénéficier d’un appui éclairé ? N’entre pas qui veut dans la blockchain, il faut des compétences précisent pour réussir.

Et puis une fois que le monde sportif professionnel féminin sera bien installé, il sera temps de mettre en place une blockchain pour le sport au féminin amateur.

Et pourquoi pas… »

 

*Marion Salace est l’ex-présidente de la Fondation Alice Milliat, première fondation européenne en faveur du sport féminin, et membre du board ÀBLOCK! 

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