
Sports automobiles recherchent femmes désespérément…
La puissante Fédération internationale de l’automobile a décidé d’appuyer sur la pédale en matière de féminisation d’un univers très (trop ?) masculin.
Publié le 02 février 2022 à 9h44, mis à jour le 07 janvier 2026 à 12h18
Quand tu as appris ta sélection pour les JO d’hiver de Pékin, tu as écrit un émouvant billet sur tes réseaux sociaux. C’était un rêve lointain pour toi d’accéder à la compétition olympique ?
Je savais depuis un an environ que ça pourrait le faire car je n’ai réalisé que des Top10 sur les coupes du monde l’an dernier – ma meilleure saison en coupe du monde. Mais il y a quatre ans, si on m’avait dit que je pouvais aller aux Jeux Olympiques, je n’y aurais pas cru… Je ne me suis donc pas battue pour rien.
J’ai le sentiment d’un accomplissement. Ça a boosté ma confiance en moi, ça veut dire : « Je suis dans le match ! ».
En effet, il y a quatre ans, gros coup dur : tu te fracture les vertèbres…
Tout a commencé par un problème aux genoux en novembre 2017. En début de saison, pour les qualifications des JO de Pyeongchang, j’ai pas mal galéré, j’avais des énormes douleurs, je n’avais pas été très bien soignée.
J’ai vu les Jeux s’éloigner, ce qui m’a rendu hyper triste. J’ai donc eu un regain d’énergie pour la suite des compétitions internationales : je me suis donnée à 100 % entre entraînements à fond et soins avec des spécialistes. Je suis revenue avec la médaille de bronze en Coupe du monde, c’était en mars 2018.
Mais j’ai chuté, un mois plus tard, lors de la dernière compétition de la saison. C’était le dernier run avant les vacances, la finale des Championnats de France. Dans un virage, je me suis retrouvée très serrée entre une copine et le filet. Je me suis accrochée dans le filet et mes pieds sont passés derrière ma tête…
Je ne me suis pas rendu compte tout de suite de la douleur et de la gravité de ma chute. J’ai fait huit heures de bus pour rentrer chez moi, j’ai conduit. Le lendemain, je n’arrivais plus trop à bouger et ma mère m’a emmenée aux urgences. Ils ont halluciné !
Au bout de quatre jours, j’ai appris que j’avais quatre fractures au niveau du dos. Ils m’ont mis un corset des pieds à la tête avec interdiction de l’enlever. Ça a duré plus de trois mois à dormir dans un fauteuil, à devoir être aidée et tenue à la tête pour prendre ma douche… Mais on oublie vite, finalement !
Un coup d’arrêt dans ton ascension, cet accident…
J’étais vraiment en train de me reconstruire après mes problèmes de genoux, j’avais développé une bonne base de confiance. Ce crash a été un coup dur, mais à aucun moment je me suis dit « Je vais arrêter ».
Pourtant, les médecins n’avaient que deux options : m’opérer et je ne pourrais plus jamais faire de snowboard. Ou tenter le corset et je ne pourrais plus faire de sport qu’en loisir.
En fait, je suis repartie de zéro. Physiquement, c’était dur : déjà que je ne suis pas méga épaisse, j’ai perdu dix kilos, donc il fallait retrouver toute la condition physique pour être au niveau. Et psychologiquement, boire au biberon ne donne pas vraiment la pêche !
Comment as-tu géré tout ça, mentalement ?
Je crois que ce mental à toute épreuve, c’est un peu inné. En tout cas, pour moi. Depuis le plus jeune âge, je n’abandonne rien. J’aime aller au bout des choses. Cette blessure a forgé mon mental, bien sûr, mais j’étais déjà solide.
Ça t’est venu comment cette passion du snowboard ? Tu débutes à l’âge de 8 ans…
Comme je viens de Haute-Savoie, j’étais sur des skis dès l’âge de 1 an et demi, je savais tout juste marcher. J’ai fait du ski pendant longtemps. C’est quand j’ai vu mon frère faire du snowboardcross que je me suis dit : « Ça a l’air trop cool, j’ai trop envie de faire ça ! ».
Ma mère m’a demandé de passer toutes mes flèches en ski et, après, je me suis lancée dans le snowboardcross vers l’âge de 7-8 ans.
Qu’est-ce que tu ressentais lorsque tu glissais sur ton snow ?
Au départ, je l’ai vraiment pris comme un loisir. Je rigolais avec les copains. J’avais mon frère à mes côtés, il n’y avait que des garçons dans le groupe d’ailleurs, ça m’a pas mal aidée pour m’améliorer !
Puis, j’ai débuté la compétition assez vite. C’était mon truc. Je suis très compétitive depuis toujours.
Tu es donc une casse-cou depuis toujours… Parce que rider aussi vite sur de la neige et des bosses demande un certain sang-froid, non ?
Oh oui, je suis ultra casse-cou. Je m’étais même fait virer du club de foot parce que j’allais trop au combat !
Tu n’as jamais peur ?
Quand je suis sur mon snow, je ne pense qu’à la piste, au module d’après et à l’intensité que je vais devoir mettre. Mais, bien sûr, il m’arrive encore maintenant d’avoir une sacrée pression selon les parcours ! Je crois que j’en ai besoin. C’est une adrénaline.
Tu préfères quoi dans ce sport ?
J’adore la vitesse !
À 14 ans, tu intègres l’équipe de France jeune de snowboardcross, ça s’est fait comment ?
J’étais en troisième et c’était la première fois qu’ouvrait à Chamonix une classe où on pouvait pratiquer du sport de haut niveau et, en même temps, passer le brevet. On avait école le matin et l’après-midi, et le reste du temps était consacré au sport.
Ça a clairement été un tremplin pour moi. C’est à partir de là que je me suis dit : « C’est trop cool, j’aime ça ». Et puis, j’avais fait une saison avec des super bons résultats. Après ça, je suis rentrée en seconde à la Fédération française de ski.
Ensuite, c’est la déferlante de médailles…
J’ai fait trois médailles aux mondiaux junior – deux médaille d’or et une médaille de bronze, j’ai gagné le général des coupes d’Europe ce qui m’a offert ma place en Coupe du monde et j’ai aussi été championne olympique jeune en 2016 aux JO de la jeunesse à Lillehammer.
C’est quoi ton truc à toi en snowboardcross ?
Je suis assez rapide sur la ligne de start. Mais, mon point faible, c’est la glisse. Je ne suis pas ultra lourde donc j’ai du mal à rester à plat et à emmagasiner beaucoup de vitesse.
Ça se passe comment un run dans une compétition de snowboardcross ?
On part à quatre. On a entre 20 et 50 mètres de ligne de start avec plein de petits mouvements de terrain. Ça monte, ça descend, il y a des sauts. Après, on a entre 1 min et 1,30 min de parcours avec virages, grosses montagnes de neige – « des rollers » -, des sauts et plein de modules différents. Avec tout ça, il faut être la plus rapide possible.
Moi, ce que je préfère, ce sont les petits modules, mais aussi quand c’est technique, c’est-à-dire avec de la neige très dure. Il faut bien appuyer !
Alors, tu t’entraînes comment pour être cette reine des neiges ?
On se prépare surtout à devoir tout encaisser sur toute la saison et se faire le moins mal possible quand on tombe pour éviter les blessures. L’entraînement est quotidien avec beaucoup de musculation, de sports différents – vélo, muscu, course à pied.
C’est important pour toi de faire du sport outdoor, au coeur de la nature ?
Ah oui, l’air pur c’est très important pour moi. Et puis, avec le haut niveau, j’ai la chance de glisser dans des endroits magnifiques : je suis allée en camp d’entraînement en Laponie. On en prend plein les yeux !
Qu’est-ce que ce sport et le haut niveau t’apportent dans ta vie perso ?
J’ai l’impression que le sport de haut niveau te remet tout le temps en question. J’ai plus pleuré que rigolé, je dois dire, mais les moments de bonheur sont décuplés dans le sport de haut niveau vu la difficulté.
Ce parcours m’aide à avoir de la rigueur pour ma vie d’après : je vois que j’aime faire les choses jusqu’au bout et que je trouve toujours des moyens pour arriver à faire ce que je veux.
C’est un sport suffisamment ouvert aux femmes selon toi ?
Moi, quand j’ai commencé, j’ai vraiment galéré à trouver du matériel adapté : il n’y avait pas de chaussures à ma taille, par exemple. Et je pense que ça a été un frein pendant des années pour les filles.
Dans mon club de snowboard, j’étais la plus jeune des filles. Elles sont arrivées ensuite. Avoir été confrontée aux garçons m’a aidée à me challenger et à avoir de l’ambition. Et si problèmes, j’avais mon grand frère dans l’équipe, personne ne pouvait m’embêter !
Comment sens-tu que tu vas performer sur un run ?
Je pense que c’est un mélange de force du mental et de passion. J’ai pu reprendre le snowboard après ma blessure grâce à ma ténacité pour revenir au top niveau – les médecins ne croyaient même pas cela possible !
J’ai aussi la chance d’être soutenue par ma famille, même si ma mère ne regarde plus trop les courses. J’ai un coach mental qui me suit depuis 2018 et qui m’a beaucoup aidée pendant la période de ma blessure.
Aujourd’hui, je relativise plus facilement et je profite à fond !
Des rêves sportifs, t’en a encore beaucoup ? Les JO ?
En ce moment, c’est la médaille olympique, oui, je vis pour ça. J’espère pouvoir m’y exprimer comme j’ai su le faire auparavant en compet’, je veux me donner à 100 %.
La suite ? Qui sait, mais je n’arrêterai le sport que le jour où je serai devenue vraiment nulle.
C’est quoi ton rêve d’après ?
Je n’abandonnerai pas le sport dans ma vie d’après, mais je ne voudrais pas travailler dans le sport. Je viens de terminer mon DUT en techniques de commercialisation adaptées au sport de haut niveau.
Je prends une année pour me consacrer à la préparation olympique et, après, j’aimerais reprendre d’autres études. J’ai toujours voulu être infirmière, mais ça va être difficile de combiner ça avec le haut niveau. Je m’oriente donc plutôt vers une licence de psychologie.
Mais, pour l’instant, je suis à fond dans le sport. Tant que ça marche, je continue !
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