Mégane : « Je suis devenue tellement accro à la course que j’ai perdu de vue l’idée de maigrir. »Runneuse, 29 ans, chargée de clientèle dans une banque

Megangimp
Elle voulait ressembler aux filles parfaites des réseaux sociaux. Mais ce qu'elle a découvert en enfilant des baskets l'emporta bien au-delà. Témoignage d'une fille qui court aujourd'hui pour l'amour des foulées.

Propos recueillis par Claire Bonnot

Publié le 03 mars 2020 à 10h56, mis à jour le 01 octobre 2025 à 9h21

«  J’ai longtemps été complexée par mon corps, trop grosse, pas assez sculptée.

Le déclic pour le sport est venu de là : maigrir ! Je voulais perdre du poids, je voulais ressembler aux filles parfaites des réseaux sociaux. Je me suis inscrite dans une salle de muscu, mais c’est terrible pour la confiance en soi ! Tu te retrouves confrontée à des nanas qui vouent un culte à leur corps. Moi, mon rapport au corps était douloureux. Du coup, j’étais oppressée, ça ne me convenait pas.

Puis, j’ai découvert la course à pied. Je me souviens, c’était en janvier 2016, il faisait froid. J’ai tenu 20 minutes, c’était difficile, mais je l’ai fait quand-même car l’envie de mincir était plus forte que l’envie de s’écouter.

Je me suis posé la question  : « Est-ce que j’aime vraiment ce que je fais ? », et finalement, je savais que oui, que ça m’apportait quelque chose. Très vite, je me suis fixé un objectif : courir un semi-marathon. J’ai suivi un programme d’entraînement, il fallait me préparer. Au début, je courais le week-end mais quand on commence à s’intéresser au running, ça nécessite de la rigueur pour parvenir à apprivoiser l’effort.

Après le semi, j’ai eu en tête un objectif plus ambitieux, l’objectif ultime  : le marathon de Paris. Et je suis devenue tellement accro que j’ai perdu de vue l’idée de maigrir, j’avais du plaisir à enfiler mes baskets ! Aujourd’hui, je me demande même pourquoi je voulais perdre du poids ! D’autant que j’en ai même pris….

« Je suis devenue tellement accro à la course que j’ai perdu de vue l’idée de maigrir. »

Quand on s’entraîne beaucoup, c’est vrai, on finit par fondre, et c’était le cas en 2018 puisque j’ai enchaîné 4 séances par semaine pendant 3 mois pour me préparer au marathon de Paris. Mais lorsque tu ralentis la cadence, tu reprends des kilos.

J’en ai repris 15 après le marathon. Je fais 70 kilos, le même poids que celui que je faisais quand je me suis dit : « Il faut absolument que tu maigrisses ! » Depuis, j’ai appris à m’écouter, à prendre conscience de ce que mon corps est capable de faire, même s’il est en surpoids. Il n’est plus question de critères physiques mais d’amour de soi.

Tout est dans la tête finalement car je pense que je suis dans mon poids de forme. Si on arrive à s’accepter, on se voit déjà sur la ligne d’arrivée. On peut se projeter. L’archétype du coureur, fin, athlétique, qui va vite, tombe lorsqu’on s’y met, qu’on fait du sport avec ce qu’on a.

On me dit parfois  : grâce au sport, si tu te nourrissais mieux, tu mincirais. Ça me fait sourire. Je suis une sportive gourmande, et alors ?

Ouverture ©DR

Elles aussi sont inspirantes...

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le marathon de Paris ! »

Marion Navarro : « Après Miss France et Pékin Express, je suis prête pour le Marathon de Paris ! »

Elle s’est longtemps rêvée danseuse. Jusqu’à la blessure. Et puis il y a eu l’aventure Miss France, et une victoire à Pékin Express. Pour ses 23 ans, Marion Navarro avait envie d’une nouvelle aventure qui lui permettrait de repousser encore un peu plus ses limites. La Team Running Intersport lui en a apporté une sur un plateau : le Marathon de Paris qui s’élancera ce 12 avril et que la néo-runneuse envisage de boucler en 5 heures.

Lire plus »
Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j'ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Guila Clara Kessous : « En montant à la corde, j’ai osé faire ce qui me freinait depuis des années. »

Formée à Harvard et par le théâtre, elle a plusieurs cordes à son art. Guila Clara Kessous, entrepreneure diplomatique, s’engage depuis plus de quinze ans pour les droits des femmes. Et voilà que le sport entre dans la danse en un geste politico-artistique : grimper à la corde. Une ascension symbolique, une allégorie de la difficulté des femmes à s’élever dans la société. Prenons de la hauteur.

Lire plus »
Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Lison Bornot : « Je veux mettre en avant l’Ultimate. C’est lui qui m’anime. »

Avec sa sœur Éva, elle truste les premières places depuis 2015 en Ultimate. Membre essentiel de l’équipe de France, Lison Bornot est Championne d’Europe outdoor 2023 et championne du monde d’Ultimate sur sable 2023. La voici maintenant en piste pour les World Games, l’antichambre des JO, qui se déroulent en Chine, du 7 au 17 août 2025. Témoignage d’une fille pétillante devenue l’une des ambassadrices françaises d’un sport trop peu connu.

Lire plus »
Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

Diane Servettaz : « Avec le vélo, j’ai compris que même si ça flanche côté mental, t’en as encore sous la pédale. »

En à peine trois ans, cette passionnée de vélo a décroché un podium sur 500 kilomètres et bouclé sa première course d’ultra, la fameuse BikingMan, en tant que première féminine. Carburant aux défis, pédalant sans relâche, surmontant tous les obstacles grâce à un mental d’acier, la Savoyarde n’a pas fini d’enfiler les kilomètres dans ce sport de l’extrême. En piste !

Lire plus »

Vous aimerez aussi…

Isabelle : « La danse, c’est une pulsion de vie ! »

Isabelle : « La danse, c’est une pulsion de vie ! »

Avec la danse dans le sang et dans la peau, Isabelle Boileau ne pouvait que traverser sa vie en entrechats. C’est ce qu’elle a fait en pratiquant, très jeune, en semi-pro, avant d’opérer un petit saut de ballerine pour aller enseigner la danse. La danse comme une douce thérapie entre sport et création. En piste !

Lire plus »
Laurence Prudhomme-Poncet : « Le football pratiqué par les femmes reste marginal et peu visible. » Pierre Payssé

Laurence Prudhomme-Poncet : « Le football pratiqué par les femmes reste marginal et peu visible. »

Vous reprendrez bien un peu de foot ? Certes, l’Euro 2022 est bouclé, mais on reste ÀBLOCK! sur le sujet. Voilà plus d’un siècle que les femmes se sont invitées sur les terrains de football et, en cent ans, peu de choses ont changé. Ou presque. Malgré un coup de projecteur de plus en plus prononcé lors des grands rendez-vous internationaux, la réalité quotidienne des footballeuses reste complexe. Retour sur cette histoire mouvementée avec Laurence Prudhomme-Poncet, auteure de « Histoire du football féminin au XXe siècle ».

Lire plus »
Jeanne Richard

Jeanne Richard : « En biathlon, je peux partir très loin dans ma tête. »

Elle fonce avec la fougue de sa jeunesse et vise juste. Jeanne Richard est la biathlète française à suivre à la trace. Doublement médaillée aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2020, la haut-savoyarde vient de se placer en première place des Championnats du monde jeunes de biathlon. Fraîcheur, plaisir et récompenses, Jeanne Richard a trouvé son sport-épanouissement !

Lire plus »
Football

Une mère, une fille et des sports dits « de mecs »

Le Podcast signé Aïda Touihri ,« Tu seras une femme », qui explore la féminité sous l’angle de la transmission familiale, propose dans cet épisode à deux voix de revenir sur une histoire sportive générationnelle, celle d’une mère footballeuse et de sa fille rugbywoman. Et c’est à écouter (aussi) sur ÀBLOCK!

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner