Janja Garnbret La grimpeuse insolente

Janja Garnbret, la grimpeuse insolente
Le 21 juin à Innsbruck, elle a décroché sa 50e médaille d’or en Coupe du monde. Un chiffre qui résume mal ce qu’elle est : une enfant qui grimpait aux arbres et aux armoires dans un village slovène, devenue, à 27 ans, la grimpeuse la plus titrée de l’histoire. Portrait d’une anomalie au palmarès limite inconvenant !

Par Titaïna Loiseul

Publié le 29 juin 2026 à 18h50

Elle est née le 12 mars 1999 à Šmartno pri Slovenj Gradcu, un village de Carinthie slovène où les hivers sentent le pin. Ses parents n’ont aucune attache avec le monde de la grimpe — son père est ingénieur, sa mère enseignante. La jeune Janja, elle, monte aux arbres, escalade les armoires, s’accroche aux cadres de porte avant même de savoir ce qu’est un baudrier. Elle termine souvent dernière lors de ses premières compétitions. Elle s’en fiche, elle aime ça.

À 7 ans, premier mur. À 8 ans, première compétition. À 17 ans, premier or en Coupe du monde senior, à Chamonix, en juillet 2016. À la fin du lycée, Janja Garnbret compte déjà près de deux douzaines de récompenses de classe mondiale dans son armoire à trophées. La machine est lancée et personne ne sait encore jusqu’où elle ira.

©Jessica Glassberg/Red Bull Content Pool

La réponse : plus loin que prévu. Dix titres mondiaux, deux ors olympiques consécutifs — Tokyo 2021, Paris 2024 — et le record absolu de victoires en Coupe du monde toutes catégories confondues. Mais Janja Garnbret n’est pas seulement une collectionneuse de podiums. Elle est aussi une voix. Elle a alerté sur les troubles alimentaires dans l’escalade, appelé à protéger les jeunes grimpeurs de l’anorexie et la boulimie, une prise de parole qui a contraint la fédération internationale à durcir ses règlements.

©Jessica Glassberg/Red Bull Content Pool

Et puis il y a Bibliographie. Ce 9b+ à Céüse qu’elle a commencé à travailler à l’automne 2024, quelques semaines après Paris, avec dans la tête l’idée de se confronter à l’une des voies les plus dures du monde. Elle qui avoue ne pas être naturellement posée : « Je suis quelqu’un d’extrêmement impatient : je veux tout, tout de suite. Par le passé, si je ne parvenais pas à faire une voie en deux ou trois essais, j’abandonnais et je ne revenais jamais. Or cette voie demandait énormément d’engagement. » Le 6 juin 2026, après cinq séjours et d’innombrables chutes, elle y est retournée une dernière fois. Et elle a réussi.

Cinquante ors en Coupe du monde, dix titres mondiaux, deux Jeux Olympiques, un 9b+. Janja Garnbret n’a pas de plafond. Elle en fait des prises.

©Jessica Glassberg/Red Bull Content Pool

Ouverture ©Jessica Glassberg/Red Bull Content Pool

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