
Nina Kanto
Après un parcours junior dans le club de Noisy-le-Grand, Nina Kanto commence sa carrière professionnelle en
Publié le 13 septembre 2022 à 16h59, mis à jour le 14 septembre 2022 à 9h56
Assister en direct aux performances de grandes championnes, le must ! Serena Williams qui fait durer le plaisir pour son dernier US Open, Pauline Ferrand-Prévot qui va chercher un énième titre de championne du monde sur son VTT, les handballeuses en or et les basketteuses en bronze aux JO de Tokyo…
Le sport est pourvoyeur d’émotions fortes et un formidable outil social. Ah, la passion de son public ! Et les audiences ne mentent pas : vingt millions de téléspectateurs pour le Tour de France Femmes 2022 ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
À l’approche des Jeux Olympiques parisiens (dans moins de deux ans désormais), le sport français profite d’un regain d’intérêt de la part du grand public. Les médias concernés sont ÀBLOCK! pour répondre à une demande de plus en plus forte et les fédérations sportives et ligues professionnelles ont décidé, depuis peu, de contribuer à cette grande médiatisation sportive en lançant leurs propres chaînes de télé sur internet.
Une alternative, aussi, à la (trop) faible médiatisation de leurs sports. Et elles ont décidé d’y remédier par elles-mêmes.
Les voilà donc qui créent leurs plateformes indépendantes dites OTT (Over-the-top) afin de ne plus dépendre des grands diffuseurs. Des plateformes en libre accès ou sur abonnement.
Reste à faire connaître leurs offres. Selon une étude sur la diffusion de sports sur internet, menée par le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) et Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet) en mars 2020, les offres de contenus sportifs OTT ont bien du mal à trouver leur place sur le marché.
Si 85 % des internautes connaissent au moins l’une des quatre chaînes de sport (beIN Sports, Canal+, Eurosport et RMC Sport), 40 % seulement ont connaissance de leur présence sur une plateforme dédiée. La NBA TV & League Pass (basket) et l’Euroleague.TV (qui n’est plus disponible en France) sont les seules à franchir la barre des 10 % de notoriété.
Dès 2019, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) lance « Sport en France » dont le but initial est de donner de la visibilité à des sports peu représentés à la télévision en France (dont le sport féminin, donc !).
Pas uniquement sous la forme d’un site web, mais à l’identique de n’importe quelle chaîne audiovisuelle en accès gratuit. Et l’affaire est rondement organisée. Tous les sports en manque de diffuseur en profitent. L’ensemble des fédérations sportives françaises adhère au projet et certaines veulent aller plus loin.
D’abord sur les réseaux sociaux. Sur Youtube ou autres, la diffusion des top actions, de résumés ou d’interviews est devenue tendance, essentielle. Le next step ? Toutes ne l’ont pas encore fait : monter et développer sa propre chaîne pour diffuser, en direct ou en replay, leurs événements via tous les outils numériques.
Pour exemple, l’athlétisme n’a pas eu froid aux yeux. En juin 2021, la collaboration entre la Fédération Française d’Athlétisme et Sportall, « place de marché pour tous les détenteurs de droits sportifs voulant distribuer et monétiser leurs images » qui propose déjà du rugby, du handisport ou du futsal, donne naissance à Athlé TV. Il faut bien le dire, les compétitions à diffuser ne manquent pas, les contenus promettent d’être riches.
Championnats de France, meetings sur notre territoire et même la ligue des champions des athlètes, la Wanda Diamond League, des reportages, des interviews, des replay… Le programme est bien chargé pour ce « petit » media.
©Wikipedia
Comme UEFA.TV qui a été la première instance dirigeante du football à se lancer dans le streaming en mai 2019, la Fédération Française de Football a monté sa plateforme, FFFtv, qui profite aux équipes de Nationale, désormais visibles des passionnés. C’est aussi le cas de celle du basket avec LNBTV.
La fédé de hockey-sur glace a, elle, trouvé une alternative à sa faible médiatisation en diffusant toutes les rencontres via la plateforme Fanseat qui aide les détenteurs de droits, clubs et fédérations à monétiser leurs événements et à mobiliser leur communauté sportive. Fanseat propose également du foot (dont du foot féminin suédois), du basket, de la moto, de la natation ou encore du bras de fer, du cricket et du l’ultimate frisbee contre un abonnement de moins de dix euros par mois.
Le mois d’août 2022 a confirmé ce besoin de médiatisation des fédérations qui se prennent désormais en main. Le 6 août, la chaîne Vélo+ TV est lancée par la fédération de cyclisme. Au programme : diffusion de championnats de France toutes catégories (en ce moment, la Coupe de France BMX), portraits de champions et championnes, reportages dans les clubs ou au sein des équipes, tout pour découvrir en profondeur l’univers des deux roues.
©Marie Istil Photo
Quelques semaines plus tard, le 30 août, c’est au tour de Handball TV d’être révélée au public. Mais cette chaîne se démarque sur un point : la Fédération Française de Handball participe au projet, mais n’est pas seul cheffe à bord. La Ligue National de Handball et la Ligue Féminine de Handball apportent également leur pierre à l’édifice.
Pour les joueuses, notamment, c’est l’occasion de profiter du feu des projecteurs pour booster leur sport conjugué au féminin. Et vu le niveau du championnat français et les contenus proposés, l’abonnement (4€ par mois ou 35€ par an pour les non membres) est plutôt fair-play. Dès ce mois de septembre, ce ne sont pas moins de cinquante-et-un matchs qui seront diffusés sur Handball TV ! Un sacré coup de pouce pour un sport qui réussit déjà bien aux tricolores.
Bref, les chaînes s’enchaînent du côté des fédés. À qui le tour ?
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