Ellie Norman : La F1 repart en trombe avec une femme au volant

Ellie Norman
Première femme dirigeante au sein du monde de la Formule 1, Ellie Norman, Directrice Marketing et Communication, conduit le sport de vitesse vers une nouvelle génération : celle où l’inclusion et la diversité font redémarrer le moteur rouillé par les clichés !

Par Claire Bonnot

Publié le 30 juin 2020 à 9h30, mis à jour le 03 janvier 2024 à 15h46

« Croyez-le ou non, en tant que fillette de dix ans, je rêvais d’être une femme pilote de Formule 1. (…) J’ai toujours aimé les voitures et la vitesse – j’ai obtenu mon permis de course en 2007 – et je suis fascinée par les moteurs et la technologie des voitures. »

Coupe à la garçonne coiffée-décoiffée figurant une femme speedy et toujours en mouvement, la quadragénaire en connaît un rayon en automobile et en défis sportifs.

Ellie Norman a été au marketing et à la communication de Honda pendant sept ans avant de travailler chez Virgin Media pendant cinq ans où la publicité «  9,58 secondes » avec Usain Bolt a marqué les esprits.

« Be The Fastest », disait l’annonce. Un mantra qui résonne bien avec la personnalité et la mission que s’est forgée cette pro en communication : faire changer le monde de la F1 avec une femme aux commandes…

EllieNorman

Elle abat les barrières de genre à toute berzingue

«  Il y a une fausse perception que la F1 est un sport masculin, mais 44 % de nos fans sont en fait des femmes. Je pense qu’en tant qu’organisation et en tant que sport, nous avons la responsabilité de chercher des moyens d’accroître encore cette inclusion et cette diversité. »

Nommée en 2017, son rôle est d’accroître l’engagement avec les fans de Formule 1 dans le monde entier et de faire évoluer la fausse perception qui règne autour de ce sport vu comme essentiellement masculin pour un public à prédominance masculine.

Les barrières de genre  ? Ellie Norman ne connaît pas. Voilà pourquoi elle s’emploie à ne plus les véhiculer :

«  Depuis mon plus jeune âge, je n’ai jamais vu de tels obstacles. J’ai grandi dans une ferme avec mes sœurs – mon père était agriculteur – et nous n’étions pas vraiment exposées aux stéréotypes de genre. J’ai été projetée dans le grand bain, j’ai travaillé dehors avec des machines et modifié des véhicules comme des tracteurs. Je n’ai jamais rien regardé et pensé : « c’est plus un truc de garçon qu’un truc de fille ». »

Bye bye « Grid girls » ! 

Elle n’hésite pas  à faire prendre un grand virage à l’organisation internationale : supprimer les emblématiques « Grid girls », ces mannequins à la plastique parfaite indiquant l’emplacement des voitures car «  clairement en contradiction avec les normes sociétales modernes » comme l’a exprimé son organisation, Liberty Media, en 2018.

Pourtant, un tollé mondial s’en est suivi, notamment de la part des hôtesses en question affirmant  : «  Les féministes nous ont fait perdre notre job ».

Ellie Norman a la réponse parfaite  : il y a enfin de la place pour mettre en avant d’autres femmes aux rôles bien plus valorisants.

« Nous avons réalisé que si nous voulions développer notre base de fans féminines, c’était une décision que nous devions prendre. Ce simple geste nous a permis de mettre en lumière d’autres femmes hautement qualifiées dans le sport, comme les femmes dans l’équipe des stands, les diffuseurs, les spécialistes du marketing et les gestionnaires d’événements ».

Un tournant validé par la nouvelle génération et qui dessine une société plus moderne : «  C’était incroyablement intéressant de voir le soutien que nous avons reçu de nouveaux fans et du public de la génération Z, ainsi que de la part de jeunes hommes qui trouvaient ce concept légèrement archaïque. »

Ellie Norman

À elle-seule un symbole du changement

Si l’objectif global est d’inspirer les jeunes générations dans leur ensemble à envisager des carrières dans la F1 en ouvrant la conversation avec la génération Z, le public féminin reste évidemment un axe prioritaire.

En tant que première femme cadre d’un secteur dominé par les hommes, Ellie Norman est à elle-seule un symbole du changement qui s’opère dans le monde du sport automobile.

Autres exemples que cette leader aime à citer  ? Les succès des coureuses automobiles, Jamie Chadwick, première femme à remporter une course au championnat de Grande-Bretagne de Formule 3 et Tatiana Calderon, deuxième femme à concourir en Formule 2.

Sans oublier l’exemple de la coureuse retraitée Susie Wolff (notre photo ci-dessous), la première à avoir participé aux essais libres d’un Grand Prix et qui a fondé «  Dare to be different », une initiative pour «  donner l’envie et les moyens aux petites filles et aux femmes de travailler dans le monde du sport automobile. »

Mais il y a encore beaucoup à faire : dans le monde du sport automobile, si le règlement n’empêche pas les femmes de concourir, elles ne sont que cinq à avoir pris le départ d’un Grand Prix de Formule 1 depuis la création du Championnat du monde de Formule 1 en 1950.

Ellie Norman est sur le pont avec sa toute nouvelle orientation com’ et marketing : «  Il s’agit d’ouvrir des opportunités et de briser certains des obstacles et des idées préconçues qui existent pour encourager les filles à faire du karting et à progresser dans les rangs. »

Susie Wolff
Susie Wolff

Une recrue féminine d’envergure et bien dans son époque  ? «  Millie Bobby Brown de Stranger Things est venue nous rejoindre. Cela nous a permis de présenter le sport de manière beaucoup plus pertinente à sa base de fans. »

Avec Ellie Norman, le Top départ est lancé pour une Formule 1 new generation…

Vous aimerez aussi…

Solenne Piret : « En escalade, à aucun moment je ne ressens mon handicap. »

Solenne Piret : « En escalade, à aucun moment je ne ressens mon handicap. »

Spiderwoman qu’aucune ascension n’arrête, elle est née sans avant-bras droit mais gravit toutes les voies. Solenne Piret, 33 ans, membre de l’équipe de France d’escalade, s’est offert, par cinq fois, la plus belle des ascensions : le championnat du monde. Avec son film CAP OU PAS CAP, cette passionnée, audacieuse et engagée, ouvre une nouvelle brèche pour les paras et les femmes.

Lire plus »
Cloé Ollivier : « Décrocher la première médaille olympique au short-track, ça serait grandiose ! »

Cloé Ollivier : « Décrocher la première médaille olympique au short-track, ça serait grandiose ! »

Une tête bien faite dans un corps bien fait, Cloé Ollivier est la finisheuse idéale du relais de l’équipe de France féminine de short-track. Elle affiche à son palmarès, à tout juste 21 ans, une médaille d’or aux championnats de France junior et aux championnats d’Europe en relais. Après la trêve des fêtes, elle a déjà rechaussé les patins pour préparer la dernière ligne droite… les JO de Milan-Cortina 2026 !

Lire plus »

JO 1928 : Lina Radke, l’athlète trop « disgracieuse » pour courir

Elle s’appelait Karoline Radke-Batschauer dite Lina Radke. Pionnière de l’athlétisme, cette Allemande qui courait comme un lièvre fut la première médaillée d’or olympique au 800m, mais aussi la dernière jusqu’en…1960. Après sa victoire, l’épreuve fut tout bonnement supprimée. Miss Radke avait manqué de grâce en franchissant la ligne d’arrivée…

Lire plus »
Béatrice Barbusse : « Le combat dans le milieu sportif, il ne faut pas y aller seule car vous prenez très cher.»

Béatrice Barbusse : « Le combat dans le milieu sportif, il ne faut pas y aller seule car vous prenez très cher.»

Sociologue du sport, ex-handballeuse professionnelle, l’une des premières femmes en France à avoir été nommée présidente d’un club sportif pro masculin, Béatrice Barbusse est une militante acharnée de l’égalité des sexes dans le sport. Au micro d’ÀBLOCK!, elle revient sur son passé de joueuse, de présidente de club et sur les combats qui l’animent.

Lire plus »
Audrey Adiceom

Audrey Adiceom : « Au tir à l’arc, il ne faut jamais oublier de tirer avec le cœur.»

Le tir à l’arc pour elle, c’est avant tout une histoire de hasard. L’archère auvergnate, qui a découvert la discipline à l’école, s’est autorisée des ambitions internationales sur le tard. À 24 ans, Audrey Adiceom travaille d’arrache-pied pour assouvir ses envies de médailles et, notamment, de médailles olympiques. Même si, parfois, « ça lui broie le cœur ». Rencontre avec une athlète touchante qui a plusieurs cordes à son arc.

Lire plus »
Naomi Osaka

Qui sont les femmes du sport les plus influentes en 2020 ?

Pour élargir toujours plus l’horizon du sport via le sport au féminin, une initiative a retenu l’attention d’ÀBLOCK ! : un classement annuel des femmes les plus influentes dans le monde du sport, délivré par ISportconnect, un réseau privé d’entreprises sportives internationales. Qui, selon eux, sont les nouvelles leaders à suivre en 2020 ?

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner