À seulement 24 ans, Charlotte Escudero est devenue une figure incontournable du rugby féminin français. Troisième ligne au Stade Toulousain et internationale tricolore, elle incarne une génération de joueuses qui allient puissance, intelligence de jeu et engagement total. Mais derrière les plaquages et les charges, il y a une histoire de passion enfantine. Née à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, la gamine découvre le rugby à l’école primaire, lors d’une initiation. Elle a 9 ans et a trouvé son sport de coeur. Elle s’inscrit au RC La Valette, joue d’abord avec les garçons, sans complexe -même si « les garçons, ça a pas toujours été facile », confiera-t-elle plus tard-, avant d’intégrer les catégories féminines. Très vite, son talent est repéré : elle est appelée en équipe de France jeunes dès 2017, puis entre au Pôle France en 2018.
À 18 ans, la jeune Escudero quitte le Sud pour Blagnac, club phare de l’Élite 1 féminine. Elle y dispute trois finales consécutives de championnat, toutes perdues, mais pour le moins des expériences formatrices : « Ces défaites m’ont forgée. Elles m’ont appris à ne jamais rien prendre pour acquis », dit-elle simplement. En 2022, elle est sélectionnée pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, où elle décroche une médaille de bronze avec les Bleues. Ça roule pour Charlotte Escudero qui poursuit son chemin avec un style de jeu bien à elle : tranchant, mobile, toujours au soutien. Elle est une joueuse de l’ombre qui brille par sa régularité. En 2024, elle cumule plus de 1100 minutes de jeu en Élite 1, devenant le fer de lance du pack toulousain. Charlotte Escudero est aussi de toutes les campagnes avec l’équipe de France : Tournoi des Six Nations, WXV, et là en 2025, sa deuxième Coupe du monde en Angleterre où elle dit « arriver avec de la fougue ».
De la fougue, mais aussi l’esprit de revanche. La mission : prouver aux Anglaises que la France ne compte pas pour du beurre après leur avoir concédé la victoire au Tournoi des VI Nations (les Françaises ont perdu d’un point lors du Crunch final et ont terminé à une deuxième place frustrante). Même tarif en ce qui concerne les Néo-Zélandaises, bourreaux des tricolores en demi-finale lors du dernier Mondial.
Mais Charlotte Escudero, 27 sélections au compteur, c’est aussi une voix. Une joueuse qui parle vrai, à l’instar de son équipière des stades internationaux, la Bordelaise Joanna Grisez qui, comme elle, aime partager son amour du rugby. Une joueuse inspirante, même si elle avoue ne pas encore se sentir l’âme d’une ″passeuse″ d’expérience : « C’est encore un peu compliqué pour moi de transmettre, je me sens encore un peu jeune. » Dans une interview pour Gilbert Rugby, elle partage ses piliers de performance : « Un bon sommeil, une préparation physique rigoureuse, et une alimentation équilibrée. C’est simple, mais c’est ce qui me permet d’être au top. »
Au top, ok. Pour autant, elle n’oublie jamais d’où elle vient. Son premier match en équipe de France, en septembre 2022 à Nice, reste gravé dans sa mémoire : « C’était à deux pas de chez moi. Mes parents étaient dans les tribunes. C’est mon plus beau souvenir de rugby. » Aujourd’hui, Charlotte Escudero est bien plus qu’une joueuse. Elle est la preuve vivante que le rugby est un sport de cœur autant que de corps. « Le Rugby, dit-elle, est un sport qui apporte de la joie avant tout. » Et ce rugby joyeux, elle en est l’incarnation. Comme le dit le cri de guerre des Tricolores : « Qui ose gagne ! ». Comme le dit Charlotte Escudero elle-même : « Notre motivation, notre fil conducteur tout au long des préparations et des compétitions, c’est de tenter des choses, de s’amuser sur le terrain. » Gagner, oser, s’amuser : les maîtres-mots (dans le désordre) de Charlotte Escudero.