Adeline Trazic : « Avec de la rigueur et de l’entraînement, ce qu’on pensait inaccessible devient réalisable. »

Adeline Trazic : « Avec de la rigueur et de l'entraînement, ce qu'on pensait inaccessible devient réalisable. C'est valable dans le sport, mais pas seulement ! C'est une vraie philosophie de vie. »
J'ai trois enfants et le sport me permet de penser à moi tout en me lançant des défis qui sortent de l'ordinaire. Montrer qu'en étant maman, c'est possible de se dépasser, ça m'importe beaucoup.

Par Adeline Trazic*, championne de triathlon, 42 ans

Publié le 28 janvier 2025 à 16h04

Je vous le raconte dans mes précédentes chroniques, après mes deux mois off suite à ma blessure, je suis passée de quinze à vingt heures de sport par semaine à rien du tout. J’ai vu l’effet que ça avait sur mon corps, donc j’apprécie ces semaines de préparation physique intense. Le triathlon en fait partie : je fais du vélo, de la course à pied et de la natation. Mais lors de ces séances, l’objectif est avant tout de se faire plaisir, l’intensité n’est pas encore trop élevée.

Ce que j’aime aussi avec cette prépa muscu, c’est de retrouver un corps vraiment athlétique, et niveau résultat concret sur les tests qu’on a déjà pu faire, je n’ai pas perdu grand-chose. Je sens que j’ai une bonne base, et que le « réativation » de mon corps paye. J’ai l’impression, aujourd’hui, d’être prête pour me lancer dans de l’entraînement davantage spécifique à l’Ironman. J’ai hâte de commencer ce cycle et de rentrer dans le vif du sujet sur les trois disciplines. Je sais que ça sera difficile, mais je suis déterminée. 

©Adeline Trazic

Je suis vraiment contente de pouvoir partager mon expérience et mon quotidien tout au long de ces chroniques. J’ai vraiment l’impression d’être utile et de pouvoir montrer que les choses que je fais ne sont pas inaccessibles. Les réseaux sociaux biaisent la réalité sur ce point. En 2023, si on m’avait dit que je remporterais la course de Nice dans ma catégorie, et même ensuite les autres Ironman et half-Ironman auxquels j’ai participé, je n’y aurais pas cru. Mais en fin de compte, avec une préparation adaptée, quelqu’un qui t’écoute, te soutient et te permet de progresser, c’est possible. Ce genre de rêve devient atteignable.

J’ajouterais : même si tu es maman, c’est atteignable ! Il ne faut pas s’oublier. Moi, j’ai trois enfants, et le sport me permet de penser à moi tout en me lançant des défis qui sortent de l’ordinaire. Montrer qu’en étant maman, c’est possible de se dépasser, ça m’importe beaucoup. Surtout qu’en faisant du sport, j’encourage mes enfants à s’y mettre également. 

©Adeline Trazic

Le triathlon est arrivé dans ma vie suite à mon divorce. Avant, j’avais une vie bien rangée, l’important c’était mon boulot et les enfants. Je ne pensais pas vraiment à mon bien-être, j’étais une grosse fumeuse, je pratiquais très peu de sport… Je détestais même le vélo, alors qu’aujourd’hui j’en suis dingue ! Après mon divorce, j’ai voulu me prouver que j’étais capable de relever des défis. À ce moment, je ne savais pas nager le crawl, je n’avais jamais mis de chaussures de vélo, je courais très peu, j’avais un poids plus conséquent… Je n’avais pas du tout le profil d’une athlète ! 

C’est mon kiné qui m’a proposé d’essayer le triathlon dans son club. J’y suis allée, et je suis tombée raide dingue de ce sport. C’est même devenu une drogue ! Ça m’a endurci, y compris quand c’était dur au début, que j’étais en fin de peloton, j’étais fière de moi car je finissais. J’avais la niaque.

C‘est important de montrer ça à mes enfants : avec de la rigueur et de l’entraînement, ce qu’on pensait inaccessible devient réalisable. C’est valable dans le sport, mais pas seulement ! C’est une vraie philosophie de vie. 

©Adeline Trazic

*Adeline Trazic est professeure d’arts plastiques, elle partage ses entraînements et ses compétitions sur son compte Instagram ade_cycling_liv

Ouverture ©Adeline Trazic

Vous aimerez aussi…

Y a-t-il une vie après le sport ?

Elles ont été des championnes, elles ont gagné, ont tout donné. Puis vint le temps de raccrocher. Comment alors se reconstruire, envisager une autre sorte de victoire : le retour à une vie ordinaire ?

Lire plus »
Roland Garros 2023, 7 favorites sur terre battue/Jessica Pegula

Roland-Garros 2023, 7 favorites sur terre battue

It’s time ! Le plus célèbre des tournois sur terre battue s’ouvre dans la Ville Lumière. Cent-vingt-huit joueuses au premier tour, mais une seule remportera le trophée Suzanne Lenglen le samedi 10 juin. Qui semble tenir la pôle  position ? 7 favorites au banc d’essai !

Lire plus »
Kids

À la puberté, faut limiter le sport oui ou non ?

Le sport, quand on est parents d’un ado, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus ». Qu’il pratique une activité sportive, évidemment… mais pas trop quand même. « Pense aussi à l’école » ! Et puis, il paraît que le sport et la puberté ne font pas bon ménage. Il paraît…

Lire plus »
Emeline Delanis

Emeline Delanis : « L’athlé, c’était juste un loisir, je n’imaginais pas où ça allait me mener ! »

C’est l’athlétisme qui l’a choisie et non l’inverse. Emeline Delanis s’est mise à courir parce qu’elle était douée. Tout simplement. La jeune Francilienne, 24 ans, est rapidement montée en puissance… et en distance. Passée du 800 mètres au 10 000 mètres avec succès, double championne de France espoir 3000m steeple et 5000m en 2017, 3e aux Championnats de France élite l’an dernier, elle ne compte pas s’arrêter là et lorgne désormais du côté de la course sur route, mais aussi du marathon avec, dans un coin de sa tête, les Jeux Olympiques. Rencontre avec une fille endurante !

Lire plus »
Julia : « Faire le Tour de France un jour avant les hommes était l’occasion de vivre une aventure à la fois humaine et sportive. »

Julia : « Faire le Tour de France un jour avant les hommes était l’occasion de vivre une aventure à la fois humaine et sportive. »

Elle s’est engagée dans un marathon à vélo de vingt-et-un jours et plus de 3 300 kilomètres ! Julia Favresse fait partie des neuf cyclistes retenues par l’association « Donnons des elles au vélo J-1 » pour parcourir les étapes du Tour de France un jour avant le peloton hommes. Un défi sportif XXL pour la Beauvaisienne dont l’ambition, à terme, est de développer le sport féminin dans les Hauts-de-France.

Lire plus »
Mara Gómez, footballeuse d'un nouveau genre

Mara Gómez, footballeuse d’un nouveau genre

Elle a réalisé son rêve. Première joueuse transgenre à disputer un match du championnat de Première Division Féminine d’Argentine, Mara Gómez, 23 ans, prépare désormais le terrain pour les autres, celles et ceux qui veulent dégommer les barrières. Une belle histoire d’émancipation par le sport.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner