Éloïse Vanryssel était haute comme trois pommes lorsqu’elle mania l’épée pour la première fois. Elle avait 5 ans et sa mère, escrimeuse elle-même, lui partagea sa passion comme on partage un secret. Pas un choix mûrement réfléchi : plutôt une évidence transmise, comme on hérite d’un goût ou d’un geste. À Toulouse, où elle grandit, l’idée de concourir un jour aux Jeux Olympiques germe très tôt — un rêve d’enfant qu’elle nourrit sans jamais vraiment y croire tout à fait.
Le parcours sportif se construit en parallèle d’un autre, tout aussi exigeant. Licenciée depuis 2019 à l’Académie Beauvaisienne d’Escrime, elle mène de front le très haut niveau et des études d’ingénierie agroalimentaire à Sorbonne Université, qui aménage son cursus pour l’étaler sur cinq ans au lieu de trois. Entre les entraînements, elle continue d’écrire de la poésie, joue de la musique, et confie volontiers sa passion pour la moto et les voyages. Une vie qui déborde largement des pistes d’escrime.
L’été 2025 restera sans doute son moment le plus fort. Aux Championnats du monde de Tbilissi, elle s’incline en quart de finale, à une seule touche près, face à celle qui deviendra championne du monde quelques instants plus tard — une médaille historique qui lui échappe de justesse. Quelques jours plus tard, elle prend sa revanche avec ses coéquipières et devient championne du monde par équipes. « Cette médaille d’or, elle va être dans mon cœur », confiera-t-elle au Parisien.
À Tarente, le 21 août, c’est elle qui ouvrira la marche de la délégation française. Une lame héritée d’une mère, un rêve d’enfant, une médaille arrachée à une touche près : Éloïse Vanryssel porte peut-être un drapeau, mais elle porte surtout une histoire.