C’était une belle promesse. En mai 2024, la FIFA annonçait en fanfare la première Coupe du monde féminine des clubs pour janvier 2026 : seize équipes, un format mondial, l’équivalent enfin du grand tournoi masculin. On allait voir ce qu’on allait voir. On a vu.
En mars 2025, l’instance a tranquillement reposé le dossier sur l’étagère. Report à 2028. Raison : pas de pays hôte, pas de sponsor, pas d’accord de diffusion. Rien n’avait été préparé. La grande compétition de football promise s’est donc métamorphosée en un petit tournoi de six clubs — la Coupe des Champions féminine — organisé à la va-vite : les diffuseurs confirmés deux semaines avant le coup d’envoi, les sponsors trouvés quelques jours avant les demi-finales, la ville hôte annoncée seulement en octobre 2025.
Pendant ce temps, le Mondial masculin des clubs, lui, s’est tenu aux États-Unis à l’été 2025 avec 32 équipes et des droits TV cédés à DAZN pour près d’un milliard d’euros. Business as usual.
Et maintenant ? Juin 2026. La Coupe du monde masculine bat son plein entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. La FIFA table sur 9 milliards de dollars de revenus pour la seule édition 2026. Les sponsors déboursent jusqu’à 150 millions de dollars chacun. Le foot féminin, lui, attend 2028 et encore, à condition que la FIFA ne trouve pas une nouvelle bonne raison de reporter.
La FIFA aime le foot féminin, elle l’a dit. Gianni Infantino l’a répété, la main sur le cœur, à chaque conférence de presse. Seulement voilà : entre les déclarations d’amour et les actes, il y a parfois un gouffre de deux ans… et quelques milliards de différence.
Alors oui, on attendra 2028. On attend depuis longtemps. On est habituées.