
Camille : « J’ai beaucoup couru pour perdre du poids. C’était une obsession malsaine. »
« J’ai toujours fait du sport. Ça fait partie de mon équilibre, je m’y sens à
Publié le 03 mars 2022 à 18h21, mis à jour le 13 janvier 2025 à 16h41
Alors que tu t’apprêtes à t’élancer pour les Jeux Paralympiques de Pékin, comment te sens–tu, as-tu la pression, toi qui es déjà une reine de la compétition avec huit titres paralympiques à ton actif… ?
Je me sens plutôt bien vis-à-vis de tous ces titres justement parce que je peux me dire « J’ai déjà réussi les Jeux ! J’ai déjà gagné les médailles tant attendues ! ». J’ai en quelque sorte déjà rempli mes objectifs donc je peux désormais prendre du plaisir sans me mettre la pression.
Bien sûr, lorsqu’on va aux Jeux Paralympiques, on a toujours envie de ramener du « métal »… mais cette fois-ci je ne me suis pas fixée d’objectifs, si ce n’est d’être satisfaite de mon ski, de ne pas faire d’erreurs bêtes sur les tracés et de donner le meilleur de moi-même.
Ma ligne de conduite ? Je veux me donner à 100 % pour ces Jeux de Pékin et les résultats arriveront s’ils doivent arriver. J’essaye de cultiver une attitude zen.
Dans les cinq disciplines du ski alpin (descente, super G, slalom géant, slalom et super combiné), y en a-t-il une que tu préfères ?
Pas vraiment et c’est ce que j’apprécie : je suis polyvalente et performante dans les cinq. Avec l’expérience, au-delà de juste penser « technique », je commence à vraiment prendre du plaisir en vitesse.
Ton parcours est fulgurant. En bonne savoyarde, tu es née à Chambéry, tu débutes le ski à l’âge de 5 ans…Une révélation ?
Ça a été très naturel, en fait, car les sports de glisse sont la prédilection dans la région où j’ai grandi. Le ski alpin a très vite été la bonne option pour moi car plus accessible avec mon handicap (une malformation de l’avant-bras gauche, une agénésie, Ndlr) que le ski nordique, que je pratiquais enfant.
Et puis, j’ai bien accroché avec les sensations que me procurait le ski alpin.
Tu ressens quoi en glisse ?
Je me sens libre ! Ce qui paraît un peu fou parce que je pourrais faire du ski sans piquets et être encore plus libre. Mais ce que je trouve extra dans le ski alpin, c’est qu’une fois qu’on passe le portillon, on est seul maître à bord, on est les seuls à décider des trajectoires qu’on va prendre !
Et il y a aussi cette sensation de danser sur la neige qui est hyper agréable, j’adore cette impression de fluidité.
Tu es née avec une malformation de l’avant-bras gauche, cela a-t-il été difficile pour toi à tes débuts et comment l’as-tu géré ?
Ça n’a pas été un souci pour moi car j’ai eu la chance, dès mes débuts, d’être entourée de gens pour qui ce n’était pas un problème. Je n’ai donc jamais ressenti de difficultés, mon entraîneur trouvait toujours des stratagèmes comme demander au starter de me pousser au départ car je ne parvenais pas à sortir aussi bien qu’un autre enfant avec les deux bâtons.
Ça a été plus compliqué en grandissant car les circuits de sélection chez les valides se corsent un peu. Je n’en ai pas souffert, j’ai plutôt bien compris la situation.
Ça a correspondu au moment où j’ai découvert un milieu fait pour moi : le handisport. J’ai pu continuer à m’épanouir dans le ski !
Comment as-tu connu ce milieu handisport ?
Grâce à des opportunités, des rencontres : mon prothésiste qui faisait partie de la Fédération du handisport et mon entrée en section sportive, au collège de Beaufortin en Savoie, la section ski où je profitais d’un emploi du temps aménagé.
Tu fais partie de la Commission des athlètes des JO et des Jeux Paralympiques de 2024, est-ce important pour toi de représenter le handisport ?
Je pense que les combats à mener pour le sport féminin sont sensiblement les mêmes dans le handisport et chez les valides. Même si j’ai la sensation que le handisport est plus paritaire.
J’ai l’impression qu’il y a un traitement identique dans l’équipe et en termes de traitement médiatique de nos performances entre athlètes masculins et athlètes féminines.
En tout cas, dans mon milieu du ski handisport, parce qu’on concoure en même temps, hommes et femmes.
©Germain Favre-Felix
Que voudrais-tu faire avancer sur le plan du handisport féminin ?
Concernant Paris 2024, le plus gros combat est de médiatiser et faire connaître le handisport. Au niveau du sport féminin, il y a déjà une belle volonté du comité d’organisation d’être les premiers Jeux paritaires en termes de participants. Ça semble logique mais c’est une avancée !
Et c’est une bonne chose de savoir que ça se met en place officiellement. Dans le handisport, un milieu qui se développe plus tardivement, on prend davantage en considération toutes ces données.
Sur ÀBLOCK! nous mettons en avant les femmes dans le sport pour faire bouger les lignes sur le sujet. Le handisport entre dans ce scope de sport inclusif. As-tu été confrontée à du sexisme dans le milieu du ski et à des remarques sur ton handicap ?
J’ai eu la chance d’entrer très tôt dans le circuit des compétitions et d’affirmer mon caractère. Ce qui est compliqué, c’est qu’on est toujours minoritaires, nous les femmes, dans les équipes.
Dans l’équipe de France de ski alpin, je suis la seule fille, le staff est très masculin donc je passe beaucoup de temps avec une équipe masculine…
C’est vrai qu’il faut avoir un bon caractère ! Pour passer son adolescence dans une équipe masculine, il faut du répondant ! J’ai la chance d’avoir un caractère qui me permet de m’imposer, mais ça reste parfois difficile.
Quoiqu’on dise, il y a quand même des sensibilités différentes et les façons de coacher un homme et une femme ne sont pas forcément les mêmes, c’est compliqué de faire comprendre ça à des hommes. J’ai dû m’adapter très souvent.
Après, ça dépend aussi des personnalités, bien sûr. Et par rapport à mon handicap, il est léger, je n’ai donc pas eu trop de souffrance à le vivre, je l’ai accepté.
La suite de ton parcours est impressionnant : tu participes à tes premiers championnats de France à l’âge de 11 ans puis à tes premiers Jeux Paralympiques à l’âge de 16 ans et en 2014, c’est l’or aux Jeux Paras après nombre de médailles en Championnats du monde. Tu avais donc le caractère d’une championne ?
J’étais la dernière d’une famille de quatre enfants, j’ai donc appris à jouer des coudes très jeune pour trouver ma place. Ça m’a forgée, tout comme mon entrée dans une équipe où j’étais la seule « enfant » (à 16 ans, en 2010, Marie est la benjamine de l’équipe de France, Ndlr). Chacun avait un rôle très protecteur, mais il a quand même fallu faire son trou face à tous ces adultes.
Après, il y avait d’autres filles, comme Solène Jambaqué (8 médailles aux Jeux Paralympiques entre 2006 et 2014, Ndlr) qui m’a bien soutenue. C’était important de ne pas être toute seule !
Je crois que je suis quelqu’un de plutôt bien affirmé dans ses choix, je pense que ça a aidé.
©Ypmedias
Tu as commencé très jeune de manière quasi innée, à quel moment le sport est devenu l’accomplissement d’un rêve pour toi ?
Dès que j’ai commencé le handisport et une discipline paralympique, mon rêve a été de décrocher une médaille d’or aux Jeux (elle en a désormais 8 à son actif, Ndlr).
Il y a eu aussi le Globe au général de la Coupe du Monde (9 au palmarès de la skieuse, Ndlr). Tous ces titres qui font saliver lorsque vous être sportive de cette discipline…
A-t-on alors encore des rêves de sport ?
Je crois que l’important, c’est justement d’arriver à me détacher un peu de tout ça et de retrouver la nature même de ma passion pour le ski.
Parfois, en ne se concentrant que sur les résultats, rater une médaille d’or, ça peut créer énormément de souffrance. J’ai envie de revenir à l’essentiel : aimer la compétition, tout simplement.
As-tu eu des moments difficiles dans cette glisse quasi parfaite, un virage qui t’a permis de repartir de plus belle ?
Ça a été le cas très récemment : j’ai eu une sorte de contrecoup après les Jeux Paralympiques de 2018, à Pyeongchang, en Corée. Ça faisait quelques années que j’étais sur le circuit, j’avais en quelque sorte rempli tous mes objectifs et je devais faire face à un gros changement dans les équipes – staff et athlètes.
J’ai eu une perte de repères quant à la définition de mes nouveaux objectifs : la question de la fin de carrière se posait et j’avais un tas de réponses à trouver, ce qui était très déstabilisant. Comment continuer à être performante et pourquoi ?
Ça a été deux saisons denses en réflexion et en déconstruction de tout ce que j’avais accompli. Mais c’était pour mieux me reconstruire. J’ai beaucoup appris sur moi-même.
Le mental est l’une des clés ?
C’était encore un sujet tabou dans le sport récemment mais, aujourd’hui, on se rend compte que le mental peut faire beaucoup de choses ou, justement, pas grand-chose.
C’est très important pour moi, j’ai tout essayé ou presque : travailler avec une sophrologue, une psychologue et une préparatrice mentale.
Actuellement, je suis plutôt dans une sorte de travail autour du développement personnel, pas proprement sportif, mais pour identifier qui je suis en-dehors de tout ça. Dans la même veine que ce retour à l’essentiel dont je parlais.
Quelle est donc la passion qui t’anime avec le ski alpin et le sport de haut niveau ?
Je sais que je vis tout ça pour les moments d’exception. Quand je regarde autour de moi, tous ces paysages, ces endroits merveilleux où j’ai la chance de concourir, je me dis que c’est de la folie !
Quelle victoire a été la plus marquante ?
Il y en a eu tellement… mais je repense à ma toute première course aux Jeux Paralympiques de Vancouver en 2010, je suis tombée dans une espèce de marmite, quelque chose d’extraordinaire, mais aussi la course qui m’a offert mon premier globe en slalom, les Jeux à Sotchi en 2014…
Et puis, très récemment, mes deux victoires aux Championnats du monde, en janvier. C’est dingue parce que j’ai déjà décroché ces deux titres plusieurs fois mais chaque nouvelle course a une saveur folle !
Tu es dans quel état d’esprit sur une piste de départ et à quelques heures des Jeux ?
Avant, j’étais très tendue sur le départ, à vouloir tout contrôler. Depuis, et c’est récent, j’essaye de cultiver le plaisir et la sérénité. J’ai même un petit sourire au coin de la bouche avant mes descentes. Je suis détendue et relâchée !
La préparation mentale m’a beaucoup aidée à atteindre cet état de zénitude : prendre conscience qu’on est une personne et pas une machine. Pour ces Jeux, je n’ai pas peur, je ne suis pas juste une machine à médaille d’or.
J’ai besoin de faire comprendre aux gens que, derrière tout ça, il y a un investissement énorme, des émotions, une personne, des sensations.
J’ai eu besoin de le comprendre moi-même avant de le transmettre. C’est bien, ça n’arrive pas trop tard dans ma carrière !
8 médailles d’or aux Jeux Paralympiques
22 médailles d’or aux Championnats du Monde
102 victoires en Coupe du Monde
9 gros globes au général de la Coupe du Monde
20 petits globes de discipline de la Coupe du Monde
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