Clémence Beretta Celle qui marche vite, très vite

Clémence Beretta, celle qui marche vite, très vite
Le 20km marche féminin s'élance à Munich pour ces Championnats Sportifs Européens 2022. Et parmi les qualifiées, une athlète qui n'est pas considérée comme professionnelle mais qui en veut, Clémence Beretta. La prodige de la marche française a des choses à prouver sur les terres allemandes.

Par Alexandre Hozé

Publié le 19 août 2022 à 21h37, mis à jour le 19 septembre 2024 à 11h44

La marche sportive. Discipline sous-estimée et bien trop souvent moquée. Marcher à un rythme effréné en gérant son effort à la pulsation près, on est assez loin d’une discipline de sportif du dimanche. Pour autant, les marcheurs et marcheuses de haut niveau ne sont pas tous considérés comme professionnels. Mais c’est loin de ralentir Clémence Beretta. Avec passion et acharnement, elle s’entraîne, faisant fi des obstacles. Il faut dire que la marche et elle, c’est une sacrée histoire !

Son père, président du club d’athlétisme de Remiremont, dans les Vosges, la plonge dans la marmite quand elle était petite. Et rapidement, la marche sportive retient son attention. Mais, difficile de s’accrocher pour la Vosgienne. 

Aucun problème niveau talent ou détermination. En revanche, pour s’essayer en compétition, c’est une autre histoire. Les disciplines reines de l’athlétisme ne se font pas au même rythme. Alors, Clémence Beretta comble comme elle peut ses week-ends. Du cross par-ci et par-là, mais dès que l’occasion se présente, elle marche (vite, très vite). 

Une fois le lycée derrière elle, les choses sérieuses commencent enfin. Au Centre de Ressources d’Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de Nancy, elle intègre le pôle France jeune de marche athlétique. Et, immédiatement, Eddy Rivat la prend sous son aile. 

En parallèles de ses études, Clémence Beretta progresse à vitesse grand V et enchaîne (enfin) les compétitions. Et fidèle à elle-même, la demoiselle ne fait pas la fine bouche côté distances. Trois, cinq dix, vingt kilomètres, peu importe ! Et les résultats suivent. La Vosgienne détient toujours quelques records en junior et en espoir. 

Mais, très vite, la cour des grands intéresse bien plus la jeune prodige. Fini le trois kilomètres, désormais, toute son énergie est focalisée sur les distances restantes (c’est déjà pas mal). Et le succès suit. 

Peu importe le nombre de kilomètres, elle devient championne de France. Et sur le dix bornes, Clémence Beretta va même aller chercher un record de France vieux de vingt ans. Rien ne résiste à la Vosgienne. 

Mais, en marche, la distance internationale reste le vingt kilomètres. Et à l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, l’Agence Nationale du Sport a mis la barre très haute pour accéder au statut d’athlète professionnel. Malheureusement, Clémence Beretta, multiple championne et recordwoman française, n’est pas encore rentrée dans ces critères. Son statut de semi-pro expire et tout se complique pour elle. Son entreprise n’aménage plus son emploi du temps et les stages et frais habituels ne sont plus pris en charge par la Fédération Française d’Athlétisme. 

Un coup dur pour celle qui ne respire que baskets aux pieds. Mais pas suffisant pour l’arrêter. Elle démissionne de son poste d’assistante marketing pour se mettre à son compte. Et en bonus, elle ouvre son atelier de fabrication de bougies végétales. 

La priorité de Clémence Beretta, ça reste la marche. À 23 ans, elle quitte Nancy et le CREPS pour retourner dans ses Vosges natales. Avec l’Athletic Vosges Entente Clubs (AVEC) et son nouvel entraîneur Gérard Lelièvre, elle organise son propre emploi du temps pour continuer de s’entraîner. 

Et une fois de plus, les efforts et sacrifices consentis par la jeune femme paient. Elle se qualifie pour les Championnats sportifs Europeens à Munich. Et qui va s’élancer ce samedi 20 août avec les meilleures marcheuses européennes ? Pas mal pour une « amatrice », non ? 

Avec cette compétition internationale, elle lance sa campagne pour d’un : être de nouveau une athlète professionnelle et de deux : se qualifier pour les JO de Paris. Et, attention les yeux, ça commence par un vingt kilomètres de folie dans les rues munichoises ! 

  • Clémence Beretta est arrivée 6e lors de ces Championnats Sportifs Européens 2022 à Munich, explosant son record et meilleur temps d’une marcheuse française dans une compétition internationale, en 1h 30 min 37 sec. Elle a réussi à se qualifier pour les JOP 2024 et est arrivée 15e en individuelle au 20km marche de ces Jeux.
Ouverture : Facebook

Vous aimerez aussi…

Le questionnaire sportif de… Lucie Tumoine

Le questionnaire sportif de… Lucie Tumoine

Championne du monde en équipe, vice-championne du monde en individuel. Le 19 novembre, aux Mondiaux de gymnastique à Bakou en Azerbaïdjan, Lucie Tumoine, reine du tumbling, s’offrait le Monde après l’Europe. À Sotchi, en avril dernier, elle raflait en effet la médaille d’or aux Championnats d’Europe avec ses co-équipières. À peine sortie de la piste, elle a répondu à notre petit questionnaire proustien sauce ÀBLOCK!

Lire plus »
Anaïs quemener

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Une ambassadrice ÀBLOCK! qui rejoint l’aventure de notre média (la championne de marathon Anaïs Quemener sur notre photo), une experte en histoire du vêtement sportif, un ex-rugbyman qui conjugue son sport au féminin ou encore l’histoire des femmes haltérophiles, c’est le meilleur d’ÀBLOCK! Enjoy !

Lire plus »
Léa Labrousse

Léa Labrousse : « En trampoline, voir un garçon aller plus haut que moi, ça me booste ! »

Pétillante, fraîche et aérienne, elle pourrait bien faire ses plus belles figures aux prochains JO de Tokyo. En attendant, Léa Labrousse, trampoliniste française, continue de prendre d’assaut la toile en compétitions internationales. Du haut de ses 23 ans, elle sait comme personne déchausser les baskets pour se propulser dans les airs avec une puissance et une précision dont elle seule a le secret. Rencontre avec une fille d’une autre dimension. En toute légèreté.

Lire plus »
Stephanie Case : l’ultra comme arme de liberté

Stephanie Case : l’ultra comme arme de liberté

Avocate en droits humains, ultra-traileuse hors norme et fondatrice de Free to Run, la canadienne Stephanie Case a transformé sa passion en combat. De son enfance studieuse au sommet des montagnes, son histoire est celle d’une femme qui court pour changer le monde.

Lire plus »
Adélaïde : « En parkour, pas besoin de faire des vrilles ou de grimper sur les toits pour s’amuser ! »

Adélaïde : « En parkour, pas besoin de faire des vrilles ou de grimper sur les toits pour s’amuser ! »

Elle a découvert ce sport acrobatique par hasard. Et n’a plus jamais cessé de pratiquer depuis. Adélaïde Gandrille, traceuse et présidente de l’association Pink Parkour, a trouvé dans le PK comme on appelle le parkour chez les initiés, un moyen de s’épanouir, physiquement et intellectuellement. Témoignage d’une fille qui sait comment franchir tous les obstacles.

Lire plus »
crossfit Laurene

Ces sportives qui revendiquent le « No Limit »

Boxe, CrossFit, ultra-trail ou encore rugby, aujourd’hui les femmes sont de plus en plus nombreuses à truster des sports habituellement chargés en testostérone. Se battre, s’abîmer, se dépasser… ces pratiquantes et championnes n’ont peur de rien. Surtout si ça fait « mâle ».

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner