Angèle HugJamais sans sa pagaie !

Angèle Hug, jamais sans sa pagaie !
Elle vient de décrocher la médaille d'argent en kayak-cross. Là où personne ne l'attendait vraiment. Mais Angèle Hug a été plus forte que les pronostics et a su choper la vague qui l'a menée jusqu'au podium olympique ! Portrait d'une jeunette qui n'a pas peur de se jeter à l'eau.

Par Alexandre Hozé

Publié le 05 août 2024 à 14h17, mis à jour le 05 août 2024 à 17h30

Une fille qui vit au fil de l’eau, pagaie à la main… Angèle Hug, née le 30 juillet 2000 et originaire de l’Ardèche, s’est mise au canoë-kayak dès ses 6 ans. On peut le comprendre, sa région natale propose une foule de cours d’eau et de spots idéaux pour la pratique de cette discipline. Ajoutez-y l’équation des paysages incroyables, on oublie rapidement la fraîcheur de l’eau !

Suivant l’exemple de son grand frère, Angèle Hug se lance donc sur les rivières, à la recherche de bons moments, sans forcer son esprit compétitif. Mais quand on possède un tel talent, si vous n’allez pas à la compétition, c’est elle qui vient à vous !

Repérée lors de courses départementales et régionales, Angèle Hug intègre dans un premier temps une section canoë-kayak, avant de rejoindre le Pôle Espoir de Pau. Et si la demoiselle ne lâche pas sa licence de STAPS, elle s’est tout de même bien pris au jeu de la compét’…

©️ Angèle Hug/Facebook

Chez les jeunes, elle va chercher un titre de championne du monde des moins de 23 ans en équipe en 2021. Cette même année, elle échouera aux portes des JO de Tokyo. Un seul bateau féminin français pouvait être de la partie… Mais Angèle Hug ne se laisse pas abattre, loin de là ! Consciente de sa jeunesse et de tout ce qu’elle a encore à apprendre, elle repart à l’entraînement plus déterminée que jamais. Logiquement, les résultats ont rapidement suivi…

En 2022, lors de la Coupe de France, elle va chercher la première place en canoë slalom, avant de finir sur la troisième marche du podium en kayak. Lors des championnats d’Europe des moins de 23 ans la même année, elle décroche l’argent ! En 2023, elle finit pour la première fois de sa jeune carrière sur le podium d’une épreuve de Coupe du Monde, en slalom.

©️ Angèle Hug/Facebook

Angèle Hug joue sur deux tableaux, comme la plupart des céistes. Le canoë slalom et le kayak-cross. Là où la première discipline prend la forme d’un contre-la-montre, la seconde est une course durant laquelle trois céistes concourent dans la même descente. Les deux disciplines sont au programme des JO.

Mais les Jeux Olympiques de Paris 2024 approchant, rien ne laissait présager la présence sur les flots d’Angèle Hug. Le vivier français en slalom est en effet impressionnant, on pense notamment à Marjorie Delassus et Camille Prigent, et les places olympiques sont très chères.

À quelques semaines des Jeux, une dernière chance s’est présentée à Angèle Hug. Non pas en canoë slalom, mais en kayak-cross, lors de l’épreuve de la Coupe du Monde du 9 juin 2024, à Prague.

Soutenue par sa famille et sa région, la jeune céiste est allée chercher la qualification olympique, et avec la manière ! Pour la première fois, elle a ramené l’or d’une étape de Coupe du Monde à la maison !

Le travail a payé, et ça pourrait bien continuer dans cette dynamique… Angèle Hug s’est montrée très à son aise lors des premiers tours olympiques. En lice pour les quarts de finale, la médaille ne semble plus si loin pour la championne de 24 ans. Seule ombre au tableau, elle sera potentiellement sur la ligne de départ avec l’autre favorite française : Camille Prigent. Mais c’est aussi ça le sport. Et on peut même rêver de les avoir toutes les deux sur le podium.

Quoiqu’il en soit, si elle parvenait à décrocher une médaille, on connaît un petit village du nom de Ollières-sur-Eyrieux qui serait à la fête… Des descentes de l’Ardèche jusqu’à celle des JO, Angèle Hug est comme un poisson dans l’eau !

©️ Angèle Hug/Facebook

Ouverture : ©️ Angèle Hug / Facebook

Vous aimerez aussi…

Simon Lancelevé : « Chez les féminines, il y a un côté ‘on vient pour performer’ et c'est assumé. »

Simon Lancelevé : « Chez les féminines, il y a un côté ‘on vient pour performer’ et c’est assumé. »

Il est ethnographe et s’est lancé un défi, celui d’essayer de comprendre le fonctionnement et les motivations des participants et participantes de la Chatreuse Terminorum, cousine française de la Barkley, la course la plus difficile au monde. Rencontre avec Simon Lancelevé, chercheur spécialiste de l’endurance, qui vient de publier « La quête, dans les coulisses de la Chatreuse Terminorum. »

Lire plus »
Fifty Fifty Sail

Fifty Fifty Sail, une régate solidaire pour aider les femmes à larguer les amarres

Mettre les voiles pour prouver que la femme a toute sa place dans le sport. C’est tout l’enjeu de cette chouette initiative qui a surgi dans la longue vue d’ÀBLOCK!. Cette régate 100% mixte fait la course contre les clichés et s’engage contre les violences faites aux femmes. Car le sport est un formidable outil de reconstruction pour se réapproprier son cœur et son corps. Embarquement immédiat au sein d’un enthousiaste et généreux équipage…

Lire plus »
Julia Chanourdie

Julia Chanourdie : « Lorsque j’escalade, je suis une guerrière ! »

Gravissant la rude paroi du monde de l’escalade avec l’agilité prudente et conquérante d’une Spiderwoman, Julia Chanourdie, 24 ans, vient d’entrer dans l’histoire de son sport en devenant la première grimpeuse française et la troisième mondiale à réussir une voie cotée 9b. Un exploit réalisé de main de maître. Athlète au sommet de son art, elle représentera la France aux JO de Tokyo. Conversation ascensionnelle avec une fille au mental de roc.

Lire plus »
CrossFit

Le Best-of ÀBLOCK! de la semaine

Un nouveau podcast avec une bodybuildeuse on ne peut plus ÀBLOCK!, une star de la petite balle jaune, une pionnière qui ouvre le chemin à coups de sifflet, l’histoire de la ride au féminin, deux nouvelles chroniques signées d’une avocate et d’une journaliste crossfiteuse pour un autre regard sur le sport, c’est le meilleur de la semaine sur ÀBLOCK!. Bonne lecture !

Lire plus »
Pauline Ferrand-Prévot

VTT : le cyclisme féminin prend le bon virage

La crise sanitaire est passée par là. Mais si le calendrier de la discipline sportive à deux roues a été sérieusement bousculé, il y a eu plus de peur que de mal pour l’avenir du cyclisme féminin. Les filles tiennent fermement le guidon et ne sont pas prêtes à le lâcher. État des lieux d’un secteur qui roule.

Lire plus »

Recherche

Soyez ÀBLOCK!

Abonnez-vous à la newsletter

Mentions de Cookies WordPress par Real Cookie Banner