L’information a fait le tour des réseaux en quelques heures. Le 22 octobre, le Bureau du Conseil de la FIFA a validé une décision inédite : les 32 sélections qualifiées pour la Coupe du monde féminine de football 2027 au Brésil percevront chacune 2,5 millions de dollars de fonds de préparation. Soit exactement la même somme que les 48 équipes engagées dans le Mondial masculin 2026. Pour la première fois, les conditions de préparation sont alignées. C’est réel, c’est documenté, c’est une avancée.
Mais lisons l’annonce jusqu’au bout. Ce que la FIFA a acté, ce sont les fonds de préparation, les sommes versées aux fédérations pour préparer la compétition dans de bonnes conditions. Ce que la FIFA n’a pas encore précisé, ce sont les primes de résultats du tournoi lui-même. Les modalités détaillées doivent encore être examinées lors du prochain Conseil, en décembre 2026. L’égalité totale, celle qui ferait qu’une équipe championne du monde féminine toucherait autant qu’une équipe championne du monde masculine, n’est pas encore actée.
Ce n’est pas une raison de bouder l’annonce. 2,5 millions de dollars pour préparer un Mondial, c’est colossal pour beaucoup de fédérations. C’est de l’argent concret, versé avant décembre, qui va changer des conditions d’entraînement, financer des stages, permettre de jouer des matchs de préparation dans de vraies conditions. Ce n’est pas symbolique. C’est structurant.
Mais le sport féminin mérite mieux que des annonces approximatives. Quand on lit « payées autant que les hommes », on croit que la partie est gagnée. Elle ne l’est pas encore. Et confondre une étape avec une arrivée, c’est exactement ce qui permet à certains de se féliciter trop tôt et de ne plus rien faire ensuite.
Rendez-vous en décembre. C’est là que la FIFA devra tenir sa promesse jusqu’au bout.